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45 jours en Asie avec le Canon EOS 60D (part 3)

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Voila quelques temps, Déclic Photo publiait mon test terrain complet du Canon EOS 60D… (à ne pas louper également, les tests terrains des Canon EOS 550D et Canon EOS 7D). Pour les plus passionnés, voici une version longue en 3 épisodes :

Et que les Nikonistes se rassurent ! Un test terrain du Nikon D7000 est programmé…

 


Aboutissement de dix années d’évolution, l’EOS 60D est le premier reflex à proposer un écran articulé d’une telle résolution, une innovation que nous étions impatient de mettre à l’épreuve du terrain… En pratique, ce type d’écran s’avère-t-il utile pour un photographe voyageur et face à ses prédécesseurs et concurrents, l’EOS 60D est-il suffisamment musclé ? Pour le vérifier, nous sommes parti quarante cinq jours en Asie « sac à dos », avec l’EOS 60D, trois optiques et un Macbook Air…

Texte et photo : Jean-François Vibert

 … partie 3 sur 3 :

Toutefois, ne boudons pas trop notre plaisir et soulignons certains progrès longtemps espérés. Par exemple la personnalisation de la sensibilité ISO auto (généralisée même sur les compacts G12 et S95). Ou encore la correction d’exposition et le bracketing, qui sont disponibles sur 5 IL désormais. Sans oublier quelques gadgets : la retouche embarqué, l’intervalomètre, la fonction tilt-shift… Preuve qu’il s’agit de gadgets : je n’ai même pas trouvé le temps de les essayer, tout occuper à exploiter les vrais progrès de l’appareil.

 


EOS 7D, 60D ou 600D : Lequel choisir ?

En 2010 Canon est redevenu leader du marché des reflex, après avoir cédé sa place à Nikon en 2008. Selon les chiffres CIPA, Canon se serait octroyé 32% des ventes, Nikon 29,4 % et Sony 13,1 %. Ce retour est le résultat d’une segmentation plus précise de la gamme. Les divers niveaux de prix et d’équipement, semblent mieux répondre aux attentes et aux budgets d’un grand nombre de photographes.

Ainsi jusqu’en 2010, le segment Expert était en effet occupé par le seul EOS 50D (et ses prédécesseurs). Mais depuis 2011, il est occupé par deux modèles aux philosophies très différentes. D’abord l’EOS 60D, facile à vivre et raisonnablement compact, spécifiquement conçu pour affronter le Nikon D90 (devenu D7000).

Ensuite l’EOS 7D plus ambitieux, s’approchant de l’EOS 5D Mk2 avec lequel il présente de fortes similarités. Caractérisé par son excellent viseur, c’est un clone réussi du Nikon D300.

Si l’EOS 60D n’entre pas directement en compétition avec un EOS 7D plus cher d’environ 450 €, il est concurrencé par l’EOS 600D, un petit nouveau exceptionnellement doué venu de l’entrée de gamme (EOS à trois chiffres). Légèrement moins cher (dès 750 € boîtier nu), l’EOS 600D est terriblement séduisant avec son capteur de 18 Mpix et son écran orientable : un cocktail de caractéristiques avancées. Alors, lequel choisir ?

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Un petit air de « In the mood for love » dans les couleurs de cette image, non ?

 


Ma préférence : les « petits plus » de l’EOS 60D

Il va sans dire que j’ai préféré voyager (sac à dos), avec l’EOS 60D qu’avec l’EOS 7D, que j’avais jugé inutilement lourd pour les images que je réalise en voyage… Alors dans ces conditions, pourquoi ne pas lui préférer le petit EOS 600D ? Histoire d’épargner encore un peu de poids dans mon (petit) sac à dos ?

La question se pose sérieusement. Car il ne manque pas grand-chose à l’EOS 600D pour se transformer en EOS 60D (nos creuserons cette question lors d’un prochain test terrain). A noter que l’EOS 60D ne coûte que 150 € de plus que l’EOS 600D : une différence de prix qui n’est pas un argument décisif.

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La déesse de la miséricorde Quan An, ainsi nommée au Vietnam, qui a donné son nom au premier appareil photo Canon (relire la petite histoire)…  (Kwannon au Japon, Kouan Yin en Chine et Chenrézi au Tibet)

Pourtant, l’EOS 60D conserve ma préférence grâce à son viseur confortable, à ses options de personnalisation (que je sais exploiter) et à d’innombrables « petits plus » discrets mais efficaces, à l’image du réglage ISO par tiers de valeurs… Ajoutez à cela que je m’accroche au pilotage du boîtier « à l’ancienne », via l’écran de contrôle monochrome (habitude acquise en 1993). Ce que je vous recommande, car c’est plus rapide et moins énergivore que l’écran arrière.

 


Dernier point décisif, l’EOS 60D partage les mêmes batteries LP-E6 et le même chargeur que les EOS 7D et 5D Mk2 (mon full frame, que je ne lâche jamais très longtemps)… Ce qui me permet de n’emporter qu’une seule batterie de réserve. Trois batteries au total, qui me permettent de tenir trois jours avec deux boîtiers (la dernière batterie pleine passant de l’un à l’autre, si nécessaire). Si je tiens à rester très léger, je peux même n’emporter qu’un seul chargeur (mais je prends souvent les deux par crainte d’en oublier un quelque part).

Au final, c’est l’argument de l’autonomie qui achève de me convaincre en faveur de l’EOS 60D, supposée tenir 1000 vues par charge, contre 400 vues seulement pour l’EOS 600D… Car en voyage lors de belles journées, je dépasse allègrement les 1000 photos / jour. La question est d’autant plus déterminante si vous utilisez systématiquement des optiques stabilisées, débouchez parfois des images au flash et tournez quelques séquences en Full HD. Après quarante cinq jours de test, l’EOS 60D m’a vraiment convaincu. C’est un appareil très polyvalent et bien équilibré, qui n’a pas usurpé sa place, pile au centre de la gamme EOS.

 


Annexe – Optiques accessibles : bons choix en EF-S

Si Canon et Nikon proposent un large choix d’optiques (plus large que leurs concurrents), il est certaines spécificités exclusives à Canon qu’il serait dommage de ne pas exploiter. Tout particulièrement si vous disposez d’un budget « intermédiaire ». On trouve au catalogue Canon plusieurs optiques de qualité à des tarifs « relativement » accessibles, alors que chez d’autres fabricants il n’existe pas grand chose entre l’entrée de gamme et le haut de gamme « inaccessible ».

Donc, si vous êtes passionnés et disposez d’un peu de temps pour vous documenter, je ne recommande pas forcément l’achat d’un EOS 60D en kit… Mieux vaut rechercher l’objectif qui vous correspond vraiment. Je pense à certains EF-S peu coûteux mais performants. Ou à certains EF f/4 que j’ai personnellement adopté…

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Pour les zooms trans standard, signalons le remarquable EF-S 15-85 mm f/3,5-5,6 IS USM, habituellement livré avec l’EOS 7D. J’apprécie son range focale débutant à l’équivalent d’un 24 mm, ce qui est rarissime (coefficient de x1,6 pour les EOS à capteurs APS-C). Un range réel de 24-135 mm est en effet idéal en voyage : vous disposez d’un grand angle confortable sans changer d’objectif…

Mais si pour vous le piqué et la qualité comptent plus que tout, alors l’EF-S 17-55 mm f/2.8 IS USM sera plus en mesure d’exploiter à fond la résolution du capteur de 18 Mpix. Vous le compléterez avec le zoom grand angle EF-S 10-22 mm f/3,5-4,5. Ou son équivalent Sigma qui a l’avantage d’une ouverture constante à f/3.5. Enfin, les amateurs de macro investiront dans un EF-S 60 mm f/2.8 très apprécié

Rappelons que les optiques EF-S (idéales pour les EOS 7D, 60D et 600D), sont incompatibles avec les reflex full frame ou APS-H (boîtier pro 1D, ou semi pro 5D). Tenez-en compte si vous rêvez de passer au full-frame.

 


Annexe - Optiques de rêve : des EF à ouverture f/4

Si l’EOS 60D n’est pour vous qu’une étape et si vous envisagez de passer au full frame un jour, choisissez dès le début des optiques EF. Du côté des longues focales, mon coup de cœur va à l’EF 70-200 mm f/4 L IS USM (accessible dès 1100 €). Il semble avoir été dessiné spécialement pour l’EOS 60D, sur lequel il se transforme en 112-320 mm (coef x1,6).

Moins cher et deux fois plus léger que son grand frère à f/2.8, ce zoom est unique par son budget raisonnable et ses qualités optiques. Monté sur l’EOS 60D, il forme un ensemble compact, léger et réactif, que j’ai beaucoup apprécié durant ce voyage.

A noter si votre budget est serré qu’une version non stabilisée existe, (préférable à un 70-200 mm f/2.8 plus lourd, de marque compatible). A vous de surveiller un peu la vitesse d’obturation, quitte à augmenter la sensibilité (pas de soucis avec cet excellent capteur). L’investissement dans un 70-200 mm, me semble indispensable, ne craignez pas de vous mouiller, car ce genre d’objectif se revend facilement. J’ai d’ailleurs l’habitude d’expliquer à mes étudiant que c’est avec des 70-200 mm, que j’ai réussi mes plus belles photos…

J’ai depuis longtemps un faible pour l’exceptionnel grand-angle EF 14 mm f/2.8 L, qui se transforme en 22 mm sur l’EOS 60D. Une optique coûteuse (2000 € prix de la rue), mais irremplaçable pour qui aime voir large.

Enfin, les amateurs de photos nocturne et de portrait, ne négligeront pas un petit EF 50 mm f1/8 ou f/1,4 (110 € et 350 €). Ils ne pèsent quasiment rien et pourront dépanner le jour ou vous affronterez des conditions difficiles, ou dangereuses (plongée avec sac étanche). Ils assureront de merveilleux flous d’arrière plan, indispensable notamment si vous n’êtes pas équipé d’un 70-200 mm.

 


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Une ouverture de f/4 est largement suffisante pour générer un magnifique flou d’arrière plan, à condition d’utiliser une longue focale (à partir de 100 mm). Voilà pourquoi j’estime ne plus avoir besoin de la version f/2.8 du 70-200 mm pour réaliser de superbes portraits. Données EXIF : 1/250 sec – f/5,6 – 100 ISO – 135 mm (c’est à dire 216 mm) – EF 70-200 mm f/4 L IS USM

 

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Bien que je sois « accro » au full frame, je n’ai jamais pu me passer d’un reflex à petit capteur de la série des EOS 50D, 60D… Ils sont très complémentaires grâce à leur coefficient x1,6, pour réaliser des portraits ou des scène lointaine. Données EXIF : 1/320 sec – f/4 – 160 ISO – 111 mm  – EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

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Les minorités des montagnes doivent aller chercher de plus en plus loin le fourrage pour les bêtes et le bois pour la construction et la cuisine. Ce qui entraine une déforestation qui menace l’avenir de ces populations extrêmement pauvres. Données EXIF : 1/160 sec – f/4 – 160 ISO – 70 mm  – EF 70-200 mm f/4 L IS USM.

 

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Sur le papier, le Canon EOS 60D semblait un peu coincé entre un EOS 600D plus léger et pas beaucoup moins performant… Et un EOS 7D plus cher, mais tellement plus ambitieux. Après ce test terrain, mon point de vue est clair : accessible dès 890 € boîtier nu (prix de la rue), ce Canon EOS 60D présente LE juste équilibre. Pile au centre de la gamme EOS.Données EXIF : 1/200 sec – f/4 – 320 ISO – 144 mm (c’est à dire 230 mm) – EF EF 70-200 mm f/4 L IS USM

 

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Il faudra bien qu’en jour Canon adopte une mise au point AF en vidéo, comme Nikon vient de le faire timidement sur le D7000. Ceci dit, ce ne sera pas une solution tant que le bruit du moteur AF s’entendra sur le film. Cet éventuel AF vidéo, devra probablement être accompagné d’objectifs spéciaux.Données EXIF : 1/250 sec – f/5,6 – 200 ISO – 70 mm (c’est à dire 112 mm) – EF 70-200 mm f/4 L IS USM

 

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En attendant l’arrivée d’un « tout en un » photo vidéo idéal, la génération de l’EOS 60D et du Nikon D7000 représentent une forme d’aboutissement pour ce qui est de réaliser des photos. Notamment lorsqu’ils sont servis par des optiques telles que ce 70-200 mm, qui se transforme en 112-320 mm.Données EXIF : 1/320 sec – f/8 – 100 ISO – 200 mm (c’est à dire 320 mm) – EF 70-200 mm f/4 L IS USM

 

 


Lire aussi à propos de Canon :

  • Canon S90 et viseur externe, l’astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 


 


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12 commentaires

  1. Est-ce que dans les fonctions il y a une option pour sélectionner un temps d’obturation minimum ?
    Est-ce qu’en mode Manuel, il est possible de corriger l’exposition (donc seul les ISO changent) ?
    Ce sont deux choses qui manquent sur mon 550D et je ne sais pas si cela existe sur d’autres modèles Canon…
    Salutations depuis l’Australie,
    R_

  2. Pour la première question, j’ai pas bien compris ce que tu veux dire…
    Sinon, en Manuel : oui il est absolument possible de corriger les ISO Manuellement (ainsi que tous les paramètres : Ouverture et vitesse)… Ce qui revient à une correction d’expo manuelle.
    Le 550D en était déjà capable.
    Je ne vois pas bien à quoi servirait une correction d’expo manuelle… en Manuel ? Puisque tous les paramètres peuvent etre changés manuellement !

  3. Merci pour cette série sur le 60D. Par ailleurs, très belles images… pour quelqu’un qui criait haro sur le bokeh il y a quelques temps, cela fait plaisir de te voir vanter le « magnifique flou d’arrière plan » des portraits pris avec le 70-200.

  4. Salut à tous ! Oui, le flou d’arrière plan (alias Bokeh), je pratique quand l’occasion se présente… Par contre je n’en fais pas une maladie !
    Je crois qu’il y a une fonction pour répondre à la question de Régis. C’est le « décalage de sécurité » qui existe depuis le début des années 80…
    Lorsqu’elle est activée, cette fonction décale vos choix en Priorité Ouverture et Priorité Vitesse, si l’appareil détecte un réglage inapproprié. Sinon, pourquoi ne pas utiliser le Mode P (Programme décalable), ça marche bien généralement…
    Je m’en sert souvent combiné à ISO Auto (limité entre 100 et 400 ISO)… ET je peux me concentrer sur autre chose (le sujet, le regard, le cadrage, la discussion et l’interaction avec le modèle)…

  5. Petite question, restée sans réponse sur la partie 2 de l’article :
    – Comment se comporte le couple 60D – 70-200 f4 non IS, avec un multiplicateur de focale ? (*1.4). Ce serait pour de la photo sportive en extérieure et animalière.

  6. Je suppose que ce doit être pas trop mal… c’était déjà pas mal avec le f/2.8.
    Je possède un multiplicateur x1,4 (pas le nouveau, celui d’avant)… Mais je ne l’ai pas emmené avec moi (car déjà avec le facteur x1,6, ça fait plsu de 300 mm… bien plus que ce dont j’ai besoin ! ) reste le problème de l’ouverture moyenne…
    Mais avec les corrections optiques de Lightroom, ça doit bien le faire.

  7. Merci encore et toujours JF pour ce partage de tes voyages.
    Je ne sais pas si je suis le seul, mais je serais preneur de conférences de ta part justement sur les sujet de la photo de voyage. Quitte à payer bien sur.
    Aguila le font mais pour placer leur voyages. Toi tu pourrais le faire aussi et pas seulement communiquer en réunion uniquement comme représentant d’Adobe pour LR.

  8. Merci pour ce test de terrain, beaucoup plus agréable à lire que les séries de chiffres des tests en labo.
    J’aimerais ajouter que pour faire son choix entre 600D, 60D et 7D, un ou deux critères me semblent particulièrement importants:
    – Le nouvel AF du 7D est particulièrement précis et rapide comparé à celui des 60 et 600. On peut dire qu’on en a pas besoin et qu’on faisait de très bonne photos avec celui en 9 points datant, si je ne me trompe pas, du 20D, reste que commercialiser aujourd’hui un APN doté d’un si vieux système ne passe pas loin du foutage de gueule.
    – Les commandes du 60D par rapport au 600D auquel il manque la fameuse roue codeuse, absence qui m’a fait revendre un 550D après 2 semaines d’utilisation.
    – La différence de poids entre le 7D et son petit frère, le 60D, n’est que de 65 grammes et l’encombrement des deux boitiers est assez semblable. Manque cependant au 7D l’écran orientable, bien pratique pour des prises de vues au raz du sol ou pour photographier plus discrètement.
    Ceci dit, quelqu’un peut-il me dire ce que vaut un 16-35/2.8 sur un 7D? Je cherche un zoom standard et j’hésite avec le 17-55/2.8. D’avance merci de vos conseils.

  9. Je crois que je me suis mal fait comprendre (pour mes deux questions)
    – Sélection d’une vitesse d’obturation minimale : en mode priorité à l’ouverture, l’appareil va automatiquement sélectionner un temps d’obturation de façon à éviter un flou de bouger. Par exemple avec un 50mm, à env 1/80s. Avec un UGA, cela peut descendre jusqu’à 1/20. Moi j’aimerais figer le mouvement et sélectionner une vitesse d’obturation min de 1/200s, quitte à monter automatiquement en ISO. Il me semble que Nikon le fait.
    – Deuxième question, en mode Manuel, je sélectionne par exemple 1/200s (pour éviter le flou de mouvement) f/4 (parce que c’est l’ouverture que je veux) et ISO auto qui s’ajuste à 200. Sauf que la scène est sous-exposée. Ou sur exposée. Et je ne peux pas changer les ISO autrement que suivant le logarithme 100 200 400iso… POURQUOI ne pourrais-je pas composer l’exposition par 1/3 de stop ce qui ajusterait les ISO plutôt que l’ouverture ou l’exposition? Il me semble que Nikon le fait aussi.
    Est-ce que je me suis montré plus clair ? Ou c’est trop compliqué ;)

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