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Test Terrain du Sony DSC-RX100 (partie 2)

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Le Sony DSC-RX100 propose les modes PASM et sait produire du format RAW. Il reste suffisamment compact pour se glisser dans une poche de pantalon, mais est exceptionnellement équipé d’un grand capteur (géant) de 20 Mpix, le seul en taille 1 pouce. En plus il est beau et bien construit… Autant de bonnes raisons de passer 15 jours en Savoie avec le petit Sony RX100, pour vérifier s’il ne serait pas « le » compact de l’année 2012… Tout simplement !

Texte et photo : Jean-François Vibert

 


… partie 2 sur 4 :

S’il y a une chose que je déteste, c’est la lenteur traditionnelle des compacts à s’allumer et à déclencher, ce qui les rend impropre à une utilisation intensive.

Bonne surprise, le Sony Cyber-Shot DSC-RX100 est sans doutes l’un des plus réactifs pour faire le point (notamment dans la pénombre), déclencher et enchainer les rafales. Même s’il est moins impressionnant à la mise en marche, deux secondes sont nécessaires pour déployer son imposant zoom. On lui pardonne.

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Remarquablement réactif

En JPEG on dispose de rafales jusqu’à 7 im/sec. Et jusqu’à 4 im/sec en format RAW, ce qui est très honorable pour un compact avec une résolution aussi élevée. La course du déclencheur étant courte et sensible, il est difficile de ne prendre qu’une image à la fois en Rafale haute vitesse. Il manque peut-être une position Rafale moyenne, avec une vitesse intermédiaire entre Prise de vue continue et Rafale haute vitesse (sans suivi AF)…

L’autofocus fait bien son travail en Mode ponctuel (AF-S) ou Suivi (AF-C), mode dans lequel il est actif en permanence ce qui doit forcément impacter la batterie. En AF-C, il est surprenant de constater un mouvement permanent d’avant en arrière si vous conservez l’index appuyé à mi course sur le déclencheur. Je me suis convaincu de renoncer à cette habitude d’utilisateur de reflex… Et qu’il fallait simplement d’appuyer à fond lorsque la photo est là.

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En AF ponctuel (AF-S), deux pressions successives sur la touche centrale de la molette arrière, activent le verrouillage et le suivi d’un élément de la scène que vous pouvez pointer (une sorte de suivi 3D)… On peut donc se passer de l’AF-C. Quand à la mise au point manuelle, elle m’a semblé inutilisable à cause de la course exagérément démultipliée de la bague d’objectif.

De toutes façons, elle ne présente guère intérêt en l’absence de viseur optique. Et je n’ai pas accroché au mode « Peaking », supposé aider à la mise au point en surlignant en couleur les zones de contraste les plus nettes.

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Il m’est par contre arrivé de rater bêtement des images sur le vif, faute de trouver immédiatement le déclencheur sous l’index, ou le pouce. Sans doutes pour des raisons esthétiques, celui-ci est trop discret, à peine « affleurant » sur le dessus du boîtier. Il n’est pas évident de le trouver à l’aveugle, gênant lorsqu’on a l’habitude de tenir son boîtier dans tous les sens, par exemple à bout de bras afin de décentrer le cadrage pour déclencher avec le pouce.

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Quel bonheur que ce mode panoramique… D’autant qu’en l’absence de 24 mm, on est tenté de l’utiliser assez souvent (ça compense un peu)… Mais je rêve d’une version avancée donnant plus de contrôle à l’utilisateur expert, notamment la correction manuelle d’exposition pour photographier en plein contre jour. Ici, balayage fut réalisé en cadrage paysage…

Priorité Ouverture – 1/500 sec – f/8 – 125 ISO – 28 mm. Télécharger ici le fichier en taille originale 5536 x 2169 pixels) : télécharger ce fichier

 



Capteur CMOS 20 Mpix au ratio 3/2

Avant même de parler du piqué et des performances, il faut souligner une qualité inédite pour un compact de cette taille : le ratio 3/2 de son capteur, identique aux films 24 x 36… Cela change tout pour un habitué des reflex comme moi, qui a toujours détesté le ratio 4/3 des compacts. Anachroniques à l’heure de la TVHD 16/9, ces proportions étroites descendent tout droit de l’informatique des années 70 et de la télé des années 50…

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Télécharger le pano original (5536 x 2160 pixels) : Télécharger ce fichier

 

L’autre caractéristique étonnante de ce capteur, ce sont évidemment ses dimensions « physiques » inédites… Ce CMOS de 1 pouce (13,2 x 8,8 mm) présente une surface trois fois supérieure à celle des concurrents. Ce qui garanti d’excellentes performances en terme de sensibilité, comme de résolution… Sony a réussi à y placer 20 Mpix, alors que les concurrents doivent se limiter à 12 Mpix, ce qui est mince lorsqu’on utilise un D800 de 36 Mpix parallèlement !

Avec un capteur plus grand encore (presque APS-C), seul le Canon G1X fait mieux en haute sensibilité. Mais sur 12 Mpix seulement et au prix d’un encombrement vraiment excessif… Ajoutez-y un objectif non rentrant dépourvu de volet (ce qui en l’absence de pare-soleil oblige à ôter et remettre sans cesse le bouchon) et ce G1 X ne m’a finalement pas séduit.

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Face aux 12 Mpix du Canon S100, le bénéfice des 20 Mpix du RX100 est évident en terme de détails et de textures. La qualité des JPEG du RX100 est exceptionnelle et inédite sur un compact… Le potentiel de correction des RAW en post traitement m’a semblé plus élevé que celui d’autres compacts, dans Lightroom on a presque l’impression d’ajuster les RAW d’un reflex. Si j’ai trouvé des choses à redire sur l’ergonomie, je n’ai pas grand chose à reprocher aux images.

 

Pour chipoter, je râlerais juste sur les styles d’images en JPEG, que je trouve moins subtiles que la colorimétrie Canon. Il n’est pas garanti de retrouver des ciels bleus parfaits (mais c’est mieux qu’avec l’Olympus XZ-1). Je les trouve les ciels trop cyan dans les valeurs claires et trop violets dans les tons sombres. Le problème subsiste en RAW (avec Lightroom 4.2). S’il est facile de corriger facilement image par image, je n’ai pas encore réussi à créer un paramètre prédéfini,qui marche parfaitement pour toutes sortes d’images.

Quelques fleurs rouges ont posé problème à Lightroom en RAW, qui n’a su égaler le développement des JPEG produit par l’appareil (pas d’espoir que la 4.2 définitive fasse mieux). Autrement dit, l’enregistrement RAW + JPEG peut être conseillé aux coloristes exigeants.

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On passera sur les modes exotiques et HDR, conformes à ce qu’on en espérait (les amateurs du genre seront comblés). Comme je shoot en RAW, je n’ai pas testé les modes augmentant la dynamique. Ils ne m’attirent pas, car ce qui me plait en photo c’est justement le contraste assumé. De vrais noirs et de vrais blancs.

 



Pas de viseur, mais quel écran !

Dès ma première sortie au soleil, j’ai activé la luminosité maximale en position « Temps ensoleillé », que je n’ai plus quitté. Constitué de 1.230.000 points RVBW, donnant une résolution réelle de 640 x 480, l’écran du RX100 est très lisible, contrasté et lumineux, grâce à des pixels blancs apportant un surcroit de luminosité (technologie récente baptisée WhiteMagic par Sony).

Je peux même l’utiliser avec portant mes Ray-Ban polarisées. Jamais sur un compact je n’avais utilisé un écran si efficace, bien qu’il soit malheureusement très sensible aux traces de doigts. L’écran OLED d’un Olympus OM-D croisé par hasard, fait pâle figure positionnée à côté.

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Nocturne : on peut utiliser couramment 800 ISO avec le RX100, les résultats sont très correctes autant en JPEG qu’en RAW traité par Lightroom. De quoi réaliser en toute décontraction des images que l’on n’osait même pas tenter avec un compact, il y a seulement cinq ans. Et de tous les compacts actuels, il est bien le meilleur à ce jeux là.  

Priorité Ouverture – 1/30 sec – f/3,2 – 800 ISO – 40 mm.

 

Le seul risque de s’habituer à un écran aussi flatteur, c’est que les images paraissent soudain bien ternes, rapatriées sur un écran d’ordinateur calibré… Cet écran aurait éventuellement gagné à basculer vers le haut et le bas. Si, et seulement si, cela avait été réalisable en n’ajoutant que 4 à 5 mm d’épaisseur.

Un peu dommage aussi qu’il reste en ratio 4/3, alors que le capteur est 3/2. Ce qui implique 2 étroites bandes noires lors de la revue des photos (il faut avoir goûté aux EOS pour apprécier un écran au ratio 3/2). Pendant la visée, la bande noire en bas de l’image est mise à profit pour afficher vitesse, ouverture, sensibilité et correction manuelle d’expo… Et rien de plus, ce qui est parfait !

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Du coup, je n’ai absolument pas regretté l’absence de viseur électronique, ou optique ! Depuis mon expérience d’un mois à Bali avec le viseur (VF-2) de l’Olympus XZ-1, je fuis ces « erzats » peu convaincants… Et je continuerais tant qu’une révolution (le mot est faible), n’aura pas radicalement boosté leur luminosité et leur précision. Ce qui tarde, avouez…

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L’écran du RX100 est si efficace qu’il était inutile d’augmenter une facture (déjà salée) avec un viseur électronique, ou une connectique pour viseur externe. On se passe bien d’une telle verrue, qui aurait été à coup sûr encombrante, coûteuse et techniquement décevante. Ce fut donc une bonne décision, afin que le RX100 reste ultra compact… Par contre, j’aurais bien aimé une griffe porte flash pour y glisser à l’occasion, mon excellent petit viseur optique Ricoh de 28 mm.

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A l’exception de ce dernier, je me passe généralement de tout viseur optique sur les compacts. Notamment lorsqu’ils sont aussi petits que ceux des Canon G12 ou G1 X, que Canon aurait du supprimer depuis qu’ils savent faire de bons écrans orientables. Nikon a d’ailleurs supprimé celui du P7700, qui retrouve une silhouette plus agréable que ses prédécesseurs.

Les traditionnalistes apprécient le viseur optique relativement agréable du Fuji X100, mais j’avoue que ce dernier a perdu de son attrait depuis l’écran du RX100 (je ne regrette en fait du Fuji X100 que sa géniale bague de zoom manuelle, encombrante mais tellement plus rapide qu’un zoom motorisé).

 

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17 commentaires

  1. Merci JF pour ces test terrain passionnants que en disent bejaucoup plus sur un appareil que tous les test DxO et test sur mire !
    D’ailleurs, vue la qualité atteinte en 2012 par tous les compacts (meme les petits capteurs comme le S110 ou le G15, ) je crois bien que ces test DxO ne présentent plus aucun intérêt !

  2. Un peu mon neveu !
    Je parle de la bague multifonction, autour de l’objectif… A laquelle on peut attribuer le zoom, et d’autres fonctions (ouverture, vitesse, etc…)
    Il ne s’agit pas d’une bague mécanique évidement…

  3. Oui le X10 a une bague mécanique mais pour l’avoir eu quelques mois, il est loin, tres loin derrière le RX100 qui semble t’il écrase tout simplement la concurrence. J’attends de l’apprivoiser mais les premières impressions de mon côté sont vraiment excellentes

  4. Mwoiai bof… j’ai assez longuement testé le Fuji X10 (après le X100). Mon test terrain paraitre dans le prochain Déclic Photo…
    Le Fuji X10 est un appareil assez attachant, avec son viseur qui n’est pas trop mal et surtout sa bague de zoom mécanique, qui est ce que j’ai préféré !
    Le problème, c’est que finalement on utilise pas tant que ça le viseur. certes il est bien… Mais pas assez bien pour l’utiliser tout le temps.
    L’autre problème est que ce Fuji est trop gros pour un compacte.
    Et son ergonomie est moins efficace que celle du Sony RX100 (le meilleur d’un point de vue ergonomique restant sans discussion le Canon G15… Ou même le S100)
    L’image du Sony est largement meilleur…
    Pour l’instant, le développement des RAW du X10 par Lightroom ne sont pas super (les JPEG sont tres bien). Il parait que Fuji a longtemps refusé de livrer certains secrets de leurs fichiers RAW.
    Mais une amélioration des échanges Fuji – Adobe pourrait déboucher vers un nouveau moteur d’ici quelques mois…

  5. Etonné (à moins que ca ne soit dans les parties à venir..) qu’il n’y ait aucun com’ sur deux points défectueux (et de taille, au vu du prix du caillou !) et dont un commerçant parisien m’a alerté et déconseillé fortement l’achat (oui, ça existe encore, des vrais commerçants !) avant au minimum une maj logicielle ..
    Je parle de la balance des blancs qui s’avérerait assez lamentable, et de l’autofocus !

  6. Pourquoi l’autofocus n’est pas bon ?
    La balance des blanc en RAW c’est pas bien grave, (de la à en déconseiller l’achat…)
    Par contre ce qui me chagrine le plus c’est la recharge de batterie par le boitier, c’est ça ? Ce qui veut dire que le boitier est inutilisable pendant la recharge d’une batterie, ça c’est bien nul en voyage :(

  7. A ben là, je ne vois pas du tout de quoi parle Bill !
    L’AF m’a donné 100% satisfaction… Plutôt rapide même.
    La balance des blanc ? Aucun souci non plus. En Auto ou pas…
    Bon de toutes façon en RAW un (éventuel) problème de balance des blancs on s’en fout non ?
    Mais peux-tu nous en dire plus ? Car là je ne vois pas…

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