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Test terrain, Nikon D800 au Kenya (partie 2)

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Alors, ces 36 millions de pixels, ça vaut le coup ? A quoi peuvent-il bien servir et ne pèsent-ils pas trop lourds ? Pour tenter de répondre à ces questions, il nous fallait trouver un terrain de jeux « à la hauteur ». Il fallait au minimum explorer l’immense réserve Kényane du Massai Mara, pour mettre à l’épreuve un boîtier aussi ambitieux que le Nikon D800.

Texte et photo : Jean-François Vibert

 

 


… partie 2 sur 4 :

Un AF toujours époustouflant

Comme d’habitude, ce nouvel AF Nikon est impressionnant. Encore un peu plus que d’habitude… Les 51 collimateurs (dont 15 croisés) ne sont pas une surprise, pourtant Nikon parvient à me bluffer à chaque génération. On note la reconnaissance des visages qui s’ajoute à l’AF par détection de phase.

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Vous le constaterez en affichant les collimateurs pendant la visualisation des images (Menu Visualisation). De petits carrés blancs font leur apparition sur les visages, en plus des habituels points rouges, précieux pour vérifier l’endroit ou l’AF à accroché le sujet. On regrette d’ailleurs qu’Adobe ne permette toujours pas la peine d’afficher ces collimateurs actifs dans Lightroom, à la façon de Capture NX.

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En reportage tout venant (paysages, grand angle), je préfère l’AF-S (comme Single, ou AF Ponctuel avec Mémorisation du point) et j’ai l’habitude de me reposer sur la sélection Auto des collimateurs avec priorité au sujet le plus proche. C’est ma solution standard qui permet de travailler très vite sans prise de tête, en me consacrant à d’autres priorités. En parlant à mon modèle par exemple…

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J’ai constaté aussi que c’est aussi une solution très efficace pour photographier au 70-200 mm depuis la portière du 4×4 lancé à pleine vitesse sur un chemin défoncé ! Haute sensibilité (1000 ISO), haute vitesse (1/1200 sec)… et tous les collimateurs actifs et les résultats sont bluffants ! Y compris pour des véhicules venant dans l’autre sens à travers la fenêtre… Jamais je n’avais réussi autant d’images « à l’aveugle » : depuis une voiture en marche.

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Les 36 Mpix s’avèrent bien utiles de redresser l’horizon… Il m’est arrive aussi en AF-S, de sélectionner un groupe de collimateurs plus réduit, ou un collimateur unique pour certaines situations : portraits, composition sophistiquées, ou lorsque la précision sur un sujet étroit était impérative…

En AF-C (Continu avec suivi du sujet), j’ai adopté très souvent le suivi AF 3D, notamment pour les animaux au déplacement imprévisibles… Au moment de la sélection de l’AF 3D, les collimateurs sont assez nombreux pour dessiner les lettres 3D dans le viseur, amusant ! D’une pression du pouce sur le trèfle arrière, on peut décentrer préalablement le collimateur actif principal : celui par lequel l’AF « s’accrochera » au sujet et ne le lâchera plus, sautant ensuite latéralement d’un collimateur à l’autre… Pour les animaux statique (un lion assis par exemple), je pointe ce collimateur sur l’œil et n’hésite pas à recomposer l’image, un peu comme s’il s’agissait de l’AF-S, sauf qu’il s’agit bien d’un AF-C avec suivi dynamique.

 

Mais une ergonomie d’AF perfectible

Lorsque le multiplicateur x1,7 est monté sur le 200-400 mm f/4, le suivi 3D devient indisponible et l’on se rend compte à quel point il nous manque… Dans ce cas, on revient à la sélection manuelle d’un collimateur par le trèfle arrière. A ce moment, j’ai trouvé dommage qu’il faille obligatoirement « réveiller » le sélecteur avant de l’utiliser. N’oubliez pas une petite pression à mi course sur le déclencheur, sans quoi le trèfle reste inopérant. J’ai raté quelques images ainsi, c’est le seul reproche sérieux que je fasse à l’AF du D800.

Un petit changement ergonomique déstabilisera éventuellement les habitués des D300 et D700 au début… Comme sur le D7000 c’est désormais un unique bouton situé à main gauche qui permet de sélectionner le type d’AF (Continu ou Ponctuel), grâce la molette arrière. Et le type de sélection des collimateurs (Auto, 3D, 51, 21, ou 9) grâce à la molette avant.

Ce système allège l’arrière du boîtier, mais ce bouton me semble trop petit et peu accessible, ce qui marche sur un D7000 me plait un peu moins ici… Dommage aussi lorsque l’on soutient un télé de la main gauche (le 200-400 mm), qu’il soit impossible de modifier le réglage AF de cette main, puisqu’elle est forcément éloignée de 10 ou 20 cm du bouton AF… L’opération reste toutefois acceptable avec un 70-200 mm, mais moins pratique qu’avant.

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Insistons sur un petit plus utile du D800 : son flash embarqué, qui me manque cruellement sur l’EOS 5D, car je n’emporte pas de flash en voyage. Pas la place ! Il est suffisant pour déboucher un portrait en extérieur (avec une correction de -1/3), mais attention avec les pare-soleils notamment avec celui du 14-24 mm. Le flash du D800, sait même piloter des flashs externes, ce qui évitera l’achat d’un transmetteur.

Priorité vitesse – 1/60 sec – f/8 – 200 ISO – 14 mm (14-24 mm f/2.8).

 

A noter que dorénavant, Nikon se retrouve avec un problème longtemps reproché à Canon : à savoir un seul bouton pour deux fonctions selon qu’on actionne la molette avant ou arrière. Evidement les premiers jours, on ne se rappel jamais quelle molette activer… Astuce pour faciliter le paramétrage de l’AF sur les D800 et D7000 : je vous recommande une personnalisation que vous ne trouverez certainement pas par hasard !

Choisissez « On » dans le Menu Réglages perso > Commandes (f) > Commande lâchée + Molette (f10). Ainsi, vous ne serez plus obligé de maintenir le bouton AF enfoncé de la main gauche, pendant que vous tournerez les molettes de la main droite !

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Au final, j’aurais tout de même préféré que tous les réglages AF soient accessibles de la main droite, car il reste pénible de changer de réglages AF en gardant l’œil dans le viseur. Il faudra souvent jeter un œil sur l’écran supérieur. Je n’ai pas trouvé comment attribuer la sélection du type d’AF à la touche personnalisable Fn (je lui ai finalement attribué le type de recadrage). Pas plus qu’à la première entré du Menu personnalisé (la touche Fn peut appeler ce menu).

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Pour terminer avec l’AF, j’ai aimé l’astucieuse touche de mémorisation du point disponible sur l’incroyable 200-400 mm (6000 €). Une distance de mise au point peut être rappelé et bloqué grâce à l’un des quatre boutons situés sur l’avant de l’objectif. Génial ! Cela ferait merveille sur un futur 70-200 mm…

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Sensibilité et Mesure

Il aura fallut attendre des années pour ça, mais on peut enfin activer et désactiver directement la sensibilité ISO Auto, sans passer par les menus ! C’était une plaie sur le D7000… Il suffit d’appuyer sur le bouton ISO (toujours maladroitement situé sur le trèfle de sélection de l’épaule gauche) et de tourner la molette avant… La même touche, servira avec la molette arrière à régler la sensibilité fixe. Et hop ! Voilà un second bouton à double fonction, comme chez Canon (qui avait eu le tord de les regrouper au même endroit)…

J’ai parfois travaillé à 1600 ou à 2000 ISO, qui produisent d’excellentes images à condition de corriger un peu le bruit en RAW dans Lightroom. J’ai eu plus rarement recours aux 3200 ISO, une fois notamment pour photographier un Léopard fugitif dans les sous-bois. Et le résultat fut étonnamment bon là encore… Un peu grâce à Lightroom 4, dont les nombreuses options permettent une grande souplesse dans le contrôle du bruit (à noter que je n’ai pas testé avec Capture NX, que je n’utilise plus du tout car je le trouve trop lent).

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La question de l’exposition n’est plus un débat depuis longtemps me semble-t-il. D’ailleurs, cela fait des années que je n’utilise plus que la mesure multizone. Elle se fait dorénavant sur 91.000 pixels : à quoi bon en ajouter toujours plus ? Dès que j’ai des velléités créatives, je passe en Mode M ou je pratique de violentes correction d’expo (possibles ici sur + ou – 5 diaph, c’est parfait).

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Traditionnellement chez Nikon l’exposition est régulière et fiable, bien que callée un peu claire depuis quelques années… C’est un choix délibéré, que ceux qui travaillent en JPEG pourront éventuellement contrecarrer avec une correction permanente d’expo de -1/3… Ce qui sera inutile avec le D800, dont l’exposition moyenne est heureusement moins claire que sur le D7000.

A noter que si vous travaillez en RAW, une légère surexposition n’est pas un problème car l’impressionnante dynamique du D800 (peut-être la plus élevée sur un reflex actuel), permet de gérer facilement les zones sur exposées. Les nouveaux curseurs de Lightroom 4 font d’ailleurs merveille avec les NEF du D800.

 

Une résolution intimidante ?

Passons à la question de sa résolution exceptionnelle de 36 Mpix qui est le meilleur atout du Nikon D800. Et paradoxalement le gros reproche que d’autres lui feront… Je dois avouer qu’en dix ans, c’est la première fois que j’ai éprouvé une vague inquiétude en découvrant qu’un fichier RAW pesait entre 29 Mo et 74 Mo selon les configurations (12 ou 14 bit, avec ou sans compression).

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Mais après 10 jours de terrain j’ai été totalement rassuré, ayant réussi à limiter le poids de mes NEF à 30 Mo en moyenne, en optant pour le RAW 12 bit compression sans perte. Soit une inflation très mesurée, par rapport à un Canon EOS 5D Mk2, dont les fichiers RAW pèsent en moyenne 25 Mo ! Dans tous les cas, évitez le format NEF non compressé, qui pèse jusqu’à 75 Mo en 14 bits…

Au final, j’ai réalisé sans problèmes 12.200 images en 10 jours, occupant 390 Go en tout. Et surtout, j’ai pu m’en donner à cœur joie en recadrant certaines images bien plus que d’habitude : un sacré avantage avec les animaux… Du moins, celles qui étaient bien nettes à la base, ais cela dépend plus du photographe que de l’appareil.

J’ai aussi veillé à ne pas avoir la gâchette trop lourde et j’en suis (presque) revenu à des habitudes « argentiques ». Comme à l’époque ou il fallait « gérer » ses déclenchements afin de tenir trois semaines en voyage, avec seulement 50 films… Pas une mauvaise chose d’un point de vue philosophique.

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Pour la suite du post traitement, restez conscient que ces 36 Mpix ne seront pas sans conséquences. Par exemple sur la rapidité de l’affichage dans Lightroom 4 (cette version s’avérant plus gourmande que la précédente)… Pour plus de rapidité, préparerez à l’avance les aperçus en taille standard, ou même 100%.

Et anticipez les temps consacrés aux nécessaires sauvegardes (en double) et transfères entre disques, qui seront plus lents. Ce qui nous fait regretter amèrement, l’absence de tailles RAW inférieures, à la façon des sRAW de l’EOS 5D Mk3 (10,5 et 5,5 Mpix), que l’on trouve chez Canon depuis 2005.

Je me suis donc efforcé d’être plus rationnel que d’habitude dans la gestion de mes RAW avec le D800. Il me semble d’ailleurs qu’en reportage, il n’est plus de salut en dehors d’un logiciel intégré comme Lightroom et d’une machine récente (moins de deux ans). Au delà de quelques centaines d’images par jour, un flux de travail basé sur 2 logiciels séparés (catalogueur et développeur) est impossible.

… à suivre ! Par ici : (partie 3) 

 


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18 commentaires

  1. Philippe GPosté le

    A ce moment, j’ai trouvé dommage qu’il faille obligatoirement « réveiller » le sélecteur avant de l’utiliser. N’oubliez pas une petite pression à mi course sur le déclencheur, sans quoi le trèfle reste inopérant.
    tout a fait Jean francois et c’était déjà pareil sur le D700, dans le même genre, la molette avant de sélection de l’ouverture est également inopérante dans ce cas …

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  3. Il aura fallut attendre des années pour ça, mais on peut enfin activer et désactiver directement la sensibilité ISO Auto, sans passer par les menus ! C’était une plaie sur le D7000… Il suffit d’appuyer sur le bouton ISO (toujours maladroitement situé sur le trèfle de sélection de l’épaule gauche) et de tourner la molette avant… La même touche, servira avec la molette arrière à régler la sensibilité fixe. Et hop ! Voilà un second bouton à double fonction, comme chez Canon (qui avait eu le tord de les regrouper au même endroit)…

  4. Salut Jean François!
    Je suis depuis plusieurs années ton blog que j’adore autant pour les tests que les coups de gueules… ;-)
    Envisageant un safari dans peu de temps, je m’interesse à un parc d’optique optimale mais aussi et surtout comment emporter tout ça!!!
    Avec quel sac as-tu transporté ton matériel lors de cette expédition au Kenya?
    Merci et surtout bonne continuation.

  5. Frédéric IzquierdoPosté le

    Je pense que c’est plutôt 5D mark III vs D600. Mon avis que ce dernier va l’emporter, la sortie du 70-200 F4 de Nikon a fait pencher la balance ou pas ??

  6. « Il suffit d’appuyer sur le bouton ISO (toujours maladroitement situé sur le trèfle de sélection de l’épaule gauche) et de tourner la molette avant… La même touche, servira avec la molette arrière à régler la sensibilité fixe. Et hop ! Voilà un second bouton à double fonction, comme chez Canon (qui avait eu le tord de les regrouper au même endroit)… »
    Chez Nikon cela fait un moment que pour certaines touches la molette avant et la mollette arriéré ouvre des possibilités différentes (touche Braketing, WB, Qual, Flash, … et maintenant AF et ISO
    Mais on agit toujours sur des paramétrés nommés par la touche, par exemple pour la touche flash l’une des molette sert à géré le type de synchro flash et l’autre permet de réglé la compensation flash.
    Canon de son coté avait associé des fonctions totalement différentes au même bouton comme par exemple ISO et compensation Flash sur le 7d.

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