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Test terrain Canon S100… à Paris ! Partie 2

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BILLET PREC.
BILLET SUIV.

Si vous pensez que le meilleur compact est celui qui « tient dans une poche de jeans », alors le Canon S100 est probablement le compact expert qu’il vous faut. Mais que vaut un si petit boîtier entre les mains d’un utilisateur de reflex, adepte des hautes résolutions et des objectifs professionnels ? Pour le vérifier, nous avons sillonné Montmartre avec le Canon S100.

 


… partie 2 sur 3 :


Menus pratiques et sobres

Pas grand-chose à signaler dans les menus, qui sont un peu plus complets et désormais disponibles en 28 langues. Ils restent parmi les meilleurs jamais croisés sur un compact, bien qu’une modernisation graphique, une plus grande résolution et quelques options de couleurs seraient souhaitables.

Une chose m’énerve un peu, il est nécessaire de remonter en haut de la colonne pour passer latéralement à l’onglet suivant. Un détail, mais c’est moins rapide que sur les reflex EOS. De toutes façons, vous n’aurez pas besoin d’accéder souvent aux menus, car l’essentiel se pilote d’une pression sur la touche SET, qui fait apparaître un menu rapide en surimpression sur les bords du cadre, sans masquer la visée.

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Prenez le temps de paramétrer l’onglet Mon Menu. Comme sur les reflex, il sert à regrouper vos menus les plus utiles. La première entrée du Menu Configuration permet de rendre le S100 totalement silencieux sans modifier le reste des réglages sonores (menus, déclenchement opérations diverses). Avantage appréciable de ce genre de compacts, qui permettent d’être 100% discret : James Bond en aurait rêvé.

 


Une simple pression sur le bouton Play sera suffisante pour visualiser les images sans déployer l’objectif et sans passer par le bouton On/Off, le reste de l’appareil se réveillera si vous appuyez ensuite sur Menu. Il sera possible à ceux qui travaillent en RAW + JPEG, d’effacer individuellement le RAW, ou le JPEG, ou les deux fichiers en même temps ! Pratique lorsqu’on commence à manquer de place sur la carte. Dire qu’on attend cela depuis des années sur de nombreux reflex… 

 


AF suffisamment efficace

Seuls les paramétrages avancés de l’autofocus Ai AF 9 points, restent assez peu explicites et nécessiteront un éventuel recours au mode d’emploi. Mais cela ne gênera pas la plupart des utilisateurs qui utiliseront systématiquement l’AF dans sa configuration par défaut.

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D’une façon générale l’autofocus est correctement réactif et efficace pour un compact. De toutes façons, ce genre d’APN disposant d’une profondeur de champs assez considérable, la nécessité d’un AF hyper performant passe au second plan. Le suivi AF en vidéo est très efficace, presque plus qu’en photo.

On dispose de trois modes de sélection des collimateurs : la Reconnaissance des visages, la sélection d’un collimateur décentré et le Suivi AF que j’apprécie beaucoup. Ce dernier mode permet de suivre un sujet en déplacement, après avoir mémorisé le point sur lui grâce à une pression à mi course sur le déclencheur. Mais il est assez frustrant qu’il empêche de passer rapidement en mode macro, ce qui oblige à un détour par le menu AF pour le désactiver…

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On peut aussi utiliser la mise au point manuelle… Accessoirement, signalons qu’il existe un braketing de mise au point manuelle qui encadre la photo par deux clichés dont la mise au point est décalée en avant et arrière (configurable sur faible, moyen ou fort). Mais je n’ai pas trouvé ça très concluant, de toutes façons peu de photographes ressentiront le besoin d’utiliser souvent la mise au point manuelle sur ce genre d’APN.

 

 


Zoom 24-120 mm rétractable

Après sa compacité et son ergonomie, l’un des meilleurs arguments du S100 est sans hésitation son zoom 24-120 mm f/2-5,9, disposant d’un mode macro efficace dès 3 cm (contre 5 cm pour le S95). Ce zoom 5x est totalement escamotable et démarre à 24 mm, voilà qui est assez rare pour être signalé…

En effet pour trouver un vrai grand angle, il fallait jusqu’à présent chercher du côté du Panasonic LX-5 (avec son 24-90 mm f/2-3,3), ou du Samsung EX1 (équipé d’un 24-72 mm f/1.8-2.4).

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Canon a abandonné le capteur CCD de 10 Mpix fourni par Sony, au profit d’un CMOS rétro éclairé (BSI) qui monte à 12 Mpix (4000 x 3000 pixels). Fabriqué par Canon, il garanti plus de réactivité et moins de bruit. D’autant que sa taille physique de 1/1,7 pouces est supérieure à celle de la plupart des compacts d’entrée de gamme. Du coup, la taille de ses photosites est de 1,86 μm (microns), ce qui reste raisonnable et garanti des performances correctes en haute sensibilité.

Priorité Ouverture – 1/20 sec – f/4 – 320 ISO – 45 mm.

 

Mais, ces deux modèles restaient handicapés par une amplitude de focale limitée et un encombrement supérieur au S100. Evidement tout dépendra de vos besoins, mais il me semble qu’un 24-120 mm f/2-5,9 s’avère plus utile au quotidien, qu’un 28-112 mm f/1,8-2,5 comme celui de l’Olympus XZ-1. Qui reste pourtant l’un des meilleurs objectifs disponible sur un compact, probablement à égalité avec le zoom à bague manuelle du Fuji X-10 (un 28-122 mm f/2-2,8). Malheureusement tous deux sont beaucoup plus encombrants (non rentrant) et ne descendent pas à 24 mm.

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Hors, disposer d’un vrai grand angle change la vie du photographe. Je me souviens qu’après avoir utilisé dix ans un 28-70 mm sur mes reflex, le passage à un 24-70 mm fut une révolution créative… Certes, on reprochera à celui du S100, une distorsion bien perceptible au 24 mm mais on lui pardonnera vu la taille du zoom. D’autant qu’au besoin, un logiciel comme Lightroom peut la corriger automatiquement dès l’importation (Lightroom 3.6 et 4 intègrent le profile du S100).

 

On pourra aussi la corriger manuellement. Totalement, partiellement, ou pas du tout (corriger la distorsion est souvent inutile). Quand aux portraits et paysages, l’avantage des 120 mm du S100 semble évident (le S95 s’arrêtait à 105).

Peu de gens sont conscients que de très beaux paysages peuvent être réalisés aux longues focales, elles permettent d’isoler les parties intéressantes d’une scène. On aurait d’ailleurs aimé aller encore plus loin, pourquoi pas jusqu’aux 200 mm du Nikon P7100 (fort dommage que celui-ci ne descende pas en deçà du 28 mm). Car un 200 mm permet de faire des photos différentes, il suffit d’apprendre à l’utiliser. 

 


Grande ouverture (au grand-angle)

Le S100 ne s’en sort pas trop mal en basse lumière, bien aidé par un stabilisateur amélioré équivalent paraît-il à un gain de 4,5 vitesses. Il met en œuvre automatiquement l’un des sept modes de stabilisation, adaptés à diverses situations… Il peut être désactivé, activé en permanence, ou seulement pendant la prise de vue. Pour un zoom aussi minuscule l’ouverture maximale est toujours excellente : étagée de f/2.0 au 24 mm, à f/5.9 au 120 mm…

Certains regretteront qu’elle soit en baisse à la plus longue focale par rapport au S95 et moins généreuse que celle des Olympus XZ-1 et Fuji X-10.

C’est vrai, mais n’oubliez pas que la plus longue focale est passée de 105 mm, à 120 mm. Il faut comparer les S95 et S100, à focales égales. Au 100 mm, le S95 ouvre à f/4.9, alors que le S100 n’ouvre qu’à f/5.6. Différence pas si énorme.

Côté grand angle, le 28 mm du S95 ouvre à f/2.0, alors que le 28 mm du S100 n’ouvre qu’à f/2.2. Ici encore, une différence qui n’a rien de dramatique. Surtout en regard de ce que l’on gagne en compacité et en polyvalence, grâce au 24 mm ouvrant à f/2.0.

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L’ouverture maximale du Canon S100, me semble donc suffisante, d’autant que le nouveau CMOS est plus performant à haute sensibilité. La maitrise du traitement des RAW et JPEG du nouveau processeur Digic 5, autorise d’utiliser quelques crans de sensibilité de plus qu’avec le S95… Et qu’avec pas mal d’autres compacts, davantage sujets au bruit numérique…

En conséquence, l’obsession des grandes ouvertures n’appartiendrait-elle pas quelque peu au passé ? On l’avait expliqué à propos des objectifs reflex, Canon ayant fait progressé notre pratique avec ses objectifs série L ouvrant à f/4. Plus accessibles financièrement et plus légers que les classiques f/2.8… Tout est affaire de compromis en photo : de nombreuses caractéristiques sont interdépendantes et ce qu’on lâche d’une main peut-être récupérer de l’autre. 

 


Nouveau capteur CMOS 12 Mpix

Canon a abandonné le capteur CCD de 10 Mpix fourni par Sony, au profit d’un CMOS rétro éclairé (BSI) qui monte à 12 Mpix (4000 x 3000 pixels). Fabriqué par Canon, il garanti plus de réactivité et moins de bruit. D’autant que sa taille physique de 1/1,7 pouces est supérieure à celle de la plupart des compacts d’entrée de gamme. Du coup, la taille de ses photosites est de 1,86 μm (microns), ce qui reste raisonnable et garanti des performances correctes en haute sensibilité.

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Ces quelques Mpix de plus ne changent pas grand chose par rapport à 10 Mpix, mais rassureront les habitués des reflex de 16 et 18 Mpix. Certains photographes auraient apprécié plus de pixels, mais 12 Mpix développés avec talent, valent mieux que 16 M pixels un peu brouillons. J’ai en effet noté qu’à 800 ISO, la plupart des compacts ne délivrent que de la « bouillie de pixels », ce n’est pas le cas du S100.

Le nouveau processeur DIGIC 5 permet une réactivité en hausse, rendant le travail en RAW + JPEG raisonnablement réactif. La vitesse en RAW est passée à 2,3 im/sec en JPEG sur le S100, alors qu’elle ne plafonnait qu’à 0,9 im/sec sur le S95. Quand au RAW tout seul, le S100 ne fait pas mieux que 0,8 im/sec, exactement comme en RAW + JPEG. C’est mieux, sans que ce soit encore assez…

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On notera un mode spécifique haute vitesse (High-Speed Burst HQ) produisant des JPEG à la cadence de 9,6 im/s sur une série de 8 vues. Mais ce mode reste limité du point de vue des réglages. Sur les compacts de cette taille, tout est affaire de compromis performances / prix / encombrement.

 


Sensibilité à la hausse

La sensibilité ISO monte théoriquement jusqu’à 6400 ISO. Mais par principe je ne m’aventure jamais au delà de 1600 ISO sur les compacts… On ne s’en plaindra pas car « qui peut le plus peut le moins ». Il est à noter que la sensibilité ISO se règle par tiers de valeurs : 80, 100, 125, 160, 200, 250, 320, 400, 500, 640, 800, ect… On bénéficiait de ce raffinement sur le G12 et les reflex EOS, mais pas sur le S90.

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La sensibilité ISO Auto est efficace et évite de monter trop rapidement « dans les tours ». Sa position maximale est limitée à 1600 ISO, ce qui est raisonnable. Pour ma part, je préfère la bloquer à 1000 ISO (on dispose ici encore des tiers de valeurs). Il existe un réglage subtile qui permet de spécifier à quelle fréquence l’appareil adaptera la sensibilité ISO Auto à la scène : lente, standard, rapide. Le but est d’éviter de brusques changements de sensibilité à chaque cadrage.

Je n’ai qu’un reproche à faire au pilotage de la sensibilité lorsqu’elle est attribuée à la bague d’objectif. Lorsque vous sélectionnez ISO auto en tournant au maximum la bague vers la droite, il suffit de passer un cran de trop pour vous retrouver par erreur à 6400 ISO… Il est ainsi possible de rater des images.

Rappelez-vous donc qu’avec la bague avant, le réglage de sensibilité « fait le tour ». Ce n’est bizarrement pas le cas pour d’autres réglages qu’on peut lui affecter. Une raison qui me fait préférer affecter à cette bague le pilotage du zoom par valeurs standards.

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Il n’existe pas de compléments optiques grand angle et télé comme sur le G12 ou le Nikon P7000. Mais c’est pardonnable sur un appareil aussi petit, bon marché et déjà équipé d’un 24 mm. La plus longue focale est en progrès par rapport aux S90 et S95.

Priorité Ouverture – 1/320 sec – f/5 – 80 ISO – 90 mm.

 

Ultime raffinement, la sensibilité minimale est de 80 ISO ce qui est intéressant en plein soleil lorsqu’on veut utiliser la plus grande ouverture… De modestes effet « bokeh » sont possibles avec le S100 en s’y prenant bien, d’autant que l’obturateur monte au 1/2000 sec (contre 1/1600 sec sur le S95) et que le filtre ND est toujours disponible. Il simule l’équivalent de trois diaph fermés au delà de f/8, qui est le maximum physique à toutes les focales…

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La sensibilité ISO Auto est efficace et évite de monter trop rapidement « dans les tours ». Sa position maximale est limitée à 1600 ISO, ce qui est raisonnable. Pour ma part, je préfère la bloquer à 1000 ISO (on dispose ici encore des tiers de valeurs). Il existe un réglage subtil, qui permet de spécifier à quelle fréquence l’appareil adaptera la sensibilité ISO Auto à la scène : lente, standard, rapide. Le but étant d’éviter de brusques changements de sensibilité.

Priorité Ouverture – 1/400 sec – f/4 – 80 ISO – 27 mm.

 

On passera sur le mode HDR peu convainquant, qui fusionne trois images prises à diverses expositions, à condition de ne pas bouger, ce mode étant dépourvu de tout alignement automatique… Ce n’est pas si grave, vu l’intérêt limité de ce genre de gadgets qui ne servent qu’à abimer de jolies photos…

Le mode nuit fonctionne un peu de la même façon mais s’avère plus convainquant avec un alignement automatique.

 


Excellente qualité d’image

La balance des blancs Auto (désormais multizone) ne se fait pas piéger facilement… Pour autant, je reste partisan de l’utilisation d’une Balance fixe préréglée (par exemple Lumière du jour en extérieur). Mais cela n’est une problématique que pour les utilisateurs qui continuent à préférer le JPEG, car la Balance des blancs n’est plus un souci en RAW et sera plus facilement ajustée en lot à postériori…

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J’ai pu comparer le S100 et le Fuji X-10, un des compacts les plus séduisants du moment que j’apprécie beaucoup lui aussi. J’ai noté que les RAW du S100 développés sans correction dans Lightroom, sont plus sensibles à l’aberration chromatique que ceux du X-10 (il est évidemment possible de la corriger facilement dans Lightroom, notamment dans la version 4). Toutefois en JPEG ces aberrations sont corrigées directement dans le S100. Concernant la dynamique, il semble que le Fuji X-10 encaisse un peu mieux les très hautes lumières que le S100.

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Par contre, le S100 reprend l’avantage pour le rendu des fins détails en RAW, qui sont beaucoup plus fins que ceux du X-10. Mais sans doutes s’agit-il d’une faiblesse de Lightroom sur les RAW du X-10 qui souffre d’un effet de grain en RAW perceptible dès 100 ISO (malgré son capteur plus large). Le S100 délivre quand à lui de très bonnes images pleines de fins détails jusqu’à 800 ISO. Et des images encore exploitables en A3 jusqu’à 1600 ISO.

Je préfère également le rendu Coloré du Canon S100, de préférence à celui du Fuji X-10. Un domaine d’excellence habituel de Canon…

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Visiblement, les RAW du Canon S100 sont mieux développés par Lightroom et ACR. Les deux logiciels simulent même les différents styles d’images comme pour les EOS. Dans le cas du S100, j’ai préféré l’étalonnage Camera Standard (simulant le rendu des JPEG en Picture Style Standard), de préférence au rendu Adobe Standard.

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On essayera également selon les cas, l’étalonnage Camera Faithfull au rendu fidèle, intéressant en lumière du jour… Globalement la qualité d’image du Canon S100 est donc en progrès sur les Canon G12 et S95, notamment pour la résolution de fins détails au delà de 800 ISO. 

… à suivre (part 3).

 


 

 


Lire aussi à propos de Canon :

  • Canon S90 et viseur externe, l’astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 


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3 commentaires

  1. Bonjour,
    j’hésite fortement entre sony HX20V et Canon S100, qui ont chacun des atouts très différents. Je n’arrive cependant pas à me rendre compte de la différence de qualité entre les images, n’en ayant pas sous les yeux.
    À 400 ISO, par exemple, le HX20V est-il très nettement inférieur au S100 en terme de définition et de couleurs ?
    Merci.

  2. Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce test « terrain » qui, entre autres, m’a aidé à me décider pour le S110 (un petit frère très proche du S100) juste avant Noël.
    Je suis encore en phase de rodage et j’avoue rencontrer un souci : soit j’ai la berlue, soit le réglage ISO « Auto » n’est pas accessible en mode Manuel (mais seulement en P/Av/Tv) !? C’est d’autant plus étonnant que j’estime que c’est en mode Manuel qu’il prend tout son sens et c’est d’ailleurs ainsi que je l’utilise le plus sur mon reflex Canon.
    J’ai loupé quelque chose ?
    En tout cas encore merci pour ce travail de test et de partage.

  3. Bah… vous savez sur un tout petit compact comme ça, le mode Manuel + ISO Auto, n’a pas énormément d’intérêt (pas comme sur un reflex)…
    Car de toutes façons, mieux vaut laisser filer les vitesse (lentes) et utiliser l’ouverture Maxi, presque maxi (en permanence)… Car on se méfie de la montée des ISO au dessus de 400 / 800 maximum
    Je l’utilise 90% du temps en Mode Av bloqué à f/2.8 (ou Mode P), en ne dépassant pas les 100 ou 200 ISO…

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