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Test : un mois en Asie avec l’Olympus XZ-1 (part 2)

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Fin 2011, Déclic Photo publiait mon test terrain complet de l’Olympus XZ-1… (à ne pas louper également, les tests terrains des derniers reflex Nikon D7000, Canon EOS 550D, EOS 60D et EOS 7D et du Fuji X100). Pour les lecteurs les plus passionnés, voici la version longue en 3 épisodes :

 

… partie 2 sur 4 :  


Pilotage assez discutable

Commençons par une bonne note pour la molette des Modes, bien placée et qui ne tourne pas toute seule, au moindre frottement accidentel. Un défaut si répandu habituellement, que ça mérite d’être souligné…

Mais d’un point de vue général, je fus rapidement déçu de constater que beaucoup trop de commandes doivent être pilotées via un « menu rapide », accessible du pouce. On est loin de l’efficacité du Canon S95, ou du Canon G12 qui possède tous les boutons d’accès directs, que l’on apprécie sur un reflex.

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Il manque surtout deux boutons directes, pour la balance des blancs et pour la sensibilité… Même si l’on n’est pas tenté de l’augmenter souvent. Ajoutez à cela qu’il n’existe aucun paramétrage pour limiter sa valeur maximale en ISO Auto. Mais on notera qu’en sensibilité ISO Auto, le XZ-1 reste souvent à 100 ISO grâce à sa grande ouverture. Notez aussi que la sensibilité se règle par tiers de valeurs.

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Par faible luminosité, j’ai beaucoup apprécie le viseur VF2. Il permet d’appuyer fermement l’appareil contre l’arcade sourcilière afin de bien stabiliser le boîtier. Ce qui permet de déclencher à des vitesses très lentes lorsque cela est nécessaire.

Priorité Ouverture – 1/125 sec – f/2.5 – 100 ISO – 112 mm.

 

Le Menu « rapide » du XZ-1 a l’énervante habitude de retomber systématiquement sur les mêmes entrées, on préférerait retomber sur le dernier réglage modifié. En cliquant sur le pad arrière, vous accédez soit aux options de flash, qui me servent rarement… Soit à la cadence moteur, que je laisse toujours sur rafale. On est parfois obligé de faire 6 à 8 clic pour changer la vitesse ISO. 

 

Il existe une position C (Custom) de la molette des Modes, qui permet de mémoriser un Mode préréglé, comme sur les reflex. Mais je l’utilise finalement peu, car je ne me rappel jamais des réglages que j’ai mémorisé d’un jour à l’autre… Je regrette aussi que la taille de la molette arrière soit si minuscule.

 

Bague d’objectif géniale

Le XZ-1 ne possède pas de touche de fonction configurable, telle que cela devient courant sur les compacts experts. Je lui aurais attribué la sensibilité ISO, ce qui aurait amélioré un peu les choses… Tout ça me semble assez peu finalisé. Les compacts ont le don de m’énerver avec leurs comportements approximatifs.

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Par contre Olympus se rattrape de belle manière avec la grosse bague de réglage crantée qui cercle l’objectif et qui participe au charme fou que le XZ-1 sait finalement exercer… Une idée géniale, venue tout droit des Canon S90 et S95, dont je ne m’explique pas l’absence sur le G12. D’autant que Canon avait eu la très bonne idée, de laisser à l’utilisateur le choix du réglage attribué à cette bague. Pas de ça sur le XZ-1, le réglage dépendra seulement du Mode de Prise de vue activé… C’est plus simple, mais c’est également efficace.

Pano_volcan

Le XZ-1 enregistre la focale réelle de l’objectif dans les données EXIF (6-24 mm, équivalent 28-112 mm). Il faut multiplier la focale réelle par 4,66 pour connaître son équivalent en 24-36 mm… Ce paysage réalisé au 6 mm (donc au 28) aurait mérité un 24 mm. Voilà le seul (petit) reproche qu’on puisse faire à l’exceptionnel objectif du XZ-1, qui reste son meilleur atout.

Priorité Ouverture – 1/1250 sec – f/4 – 100 ISO – 50 mm.

 

La bague pilote donc logiquement la sensibilité en Mode P. Elle pilote la vitesse en Mode S. Et l’Ouverture en Mode A. A noter que la bague contrôlera également d’autres sélections et opérations dans toutes sortes de circonstances… C’est instinctif et très pratique sur le terrain, facilitant la prise en main du boîtier par la main gauche… La bague de réglage fera merveille, si vous ajoutez un pare soleil sur la partie fixe du fut de l’objectif (lire plus loin). Même si les experts auraient éventuellement apprécié de paramétrer tout ça plus finement…

 

Une seul regret : lorsque l’on travaille en Mode M, on pilote logiquement l’ouverture par la bague d’objectif de la main gauche. Mais l’on ne peut piloter simplement et directement la vitesse par la molette arrière… Il faut préalablement appuyer sur la touche de correction d’expo, puis tourner la molette arrière. C’est d’autant plus idiot, qu’il suffisait d’observer le S90 qui fait ça très bien depuis trois ans.

 

Bouchon d’objectif pas pratique

C’est sur les plages de Bali, que j’ai rapidement regretté l’objectif rentrant des G12 et S95, protégé automatiquement par un opercule dès la mise en veille. Faute d’opercule automatique, l’objectif du XZ-1 aurait mérité un vrai bouchon avec un loquet de verrouillage… On n’y pense pas, mais voilà un détail pénible sur le terrain, dès que vous photographiez de façon intensive. D’autant que bouchon du XZ-1 ne tient pas en place et tombe à la moindre occasion ! Vous ne pourrez donc pas ranger l’appareil dans un sac de plage en vrac, avec des objets salissants ou coupants… A moins de lui trouver un bouchon plus sérieux !

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Si comme moi, vous portez l’appareil à l’épaule et sans bouchon (histoire d’être réactif lorsqu’une situation intéressante se présente), vous aurez vite fait de heurter ou de tacher sa lentille frontale… Notamment lorsque votre coude est plein de transpiration ! Et n’imaginez pas replacer le bouchon après chaque photo, car il faudrait éteindre l’appareil pour cela, ce qui est bien long. Le bouchon ne se fixe, que si l’objectif est rentré… 

PP

Certes, un pare-soleil de 4 cm ne sera efficace qu’au grand angle. Mais son intérêt principal est la protection de l’objectif et la prise en main. Si comme le mien il possède un filetage à l’avant, il sera possible d’y visser un filtre, ou même un autre pare-soleil encore plus long afin d’améliorer encore le contraste de vos images.

 

J’ai essayé d’attacher le fatidique bouchon à l’appareil, grâce au petit fil livré dans la boîte, façon touriste. L’allumage déploie l’objectif, qui éjecte le bouchon… C’est amusant cinq minutes, mais ce machin qui pendouille devient rapidement insupportable ! J’ai même essayé un gadget acheté 8€, faisant office de bouchon automatique à trois volets qui se vissait (difficilement) sur l’objectif.

Il faut souligner que le pas de visse de 46,5 mm du XZ-1 n’est pas standard, bravo aux ingénieurs pour cette innovation ! Mais j’ai abandonné cet accessoire, de peur d’abimer l’objectif qui avait du mal à sortir. Et l’ensemble était plutôt laid.

Bref, cette histoire de bouchon devenait énervante, je ne voyais pas comment rester efficace, sans risques pour l’objectif. Pourtant LA SOLUTION existe ! Il s’agit d’un pare-soleil tout simplement… Et je ne comprends pas qu’Olympus ne fournisse pas cet accessoire vital avec le XZ-1. D’autant que le pas de visse existe.

 

Avec un pare-soleil c’est mieux

Dans les petites rues de Hong Kong, j’ai finalement déniché un superbe pare-soleil en métal, idéalement adapté à mon XZ-1, auquel il donne un look d’enfer. Cette chasse au pare-soleil fut d’ailleurs amusante et j’ai adoré discuter avec les vieux Chinois qui tiennent ces minuscules boutiques de Tsimshatsui (TST), cavernes d’Ali Baba encombrées d’antiquités argentiques !

J’ignore sa marque et à quel objectif il était destiné. Je l’ai vissé doucement après y avoir enroulé un peu de téflon (rayon plomberie), car son diamètre est de 46 mm alors que le pas de visse de l’appareil est de 46,5 mm. Merci à Olympus pour cette valeur… Surprise, le bouchon qui ne tenait pas, se fixe désormais solidement sur le pare-soleil. On pourra fourrer l’ensemble dans un sac en vrac. Comme quoi.

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Une fois le bouchon rangé dans une poche (pour le reste de la journée), les quatre centimètres du pare-soleil protègent la lentille contre toutes agressions : chocs, gouttes, frottements contre mon coude…  On pourra donc laisser l’appareil éteint, ou allumé pour plus de réactivité. Car même déployé, l’objectif est protégé…

Observez d’ailleurs les photographes à l’aise avec leur reflex ; ils rangent leur bouchon d’objectif  et s’en remettent au pare-soleil pour la protection de leur lentille. Avec éventuellement un filtre de protection bien propre si l’objectif est coûteux (que l’on prendra soin d’ôter à contre-jour). Pendant ce temps, les débutants ratent leurs instantanés à cause du bouchon d’objectif qu’ils n’ont jamais le temps d’enlever.

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Vérifiez évidemment que votre pare-soleil ne génère pas d’ombres parasites dans les coins de l’image… L’avant du mien étant fileté, je peux même y visser un filtre polarisant de 52 mm, ou un filtre de protection. En plus de régler mon problème de bouchon et d’améliorer le contraste des images, un autre intérêt de ce pare-soleil est d’améliorer la prise en main du XZ-1, jusqu’à la rendre idéale…

Elle se fait maintenant par la main gauche principalement, qui accède facilement à la bague de réglage. Ce qui libère la main droite pour piloter d’autres fonctions du bout des doigts. Sur le bateau entre deux plongées, j’ai peux saisir sans craintes l’appareil avec les mains mouillées. Le pare-soleil offre une large surface qui ne craint pas l’eau, il suffit d’essuyer l’index de la main droite pour déclencher.

 

Un viseur ça change tout

J’ai très longtemps détesté les APN compacts à cause de leur visée obligatoire par l’écran, bras tendus. Tout simplement car sous un soleil tropical, on ne voit ABSOLUMENT rien à l’écran. Ce que j’ai une fois de plus vérifié avec l’écran du XZ-1… Alors l’idée d’un viseur capable de s’en sortir un peu mieux, était séduisante. 

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Tous les photographes devraient posséder un petit compact du gabarit du XZ-1, pour photographier discrètement et sans bruit… Un autre avantage est de passer pour un touriste et de moins éveiller l’attention qu’avec un encombrant réflex.

Priorité ouverture – 1/400 sec – f/2.5 – 100 ISO – 28 mm.

Lors d’un premier essai en ville, j’avais été séduit par l’affichage 100% du VF-2. C’est d’ailleurs dans le magasin ou je l’ai acheté, que je me suis fait piéger. Malgré son encombrement un peu excessif, le VF-2 fait « son effet » en intérieur.

Mais avant même la qualité de la visée, l’intérêt d’un viseur d’œil, est à mon avis, de retrouver cette position traditionnelle de prise de vue qui garantie la stabilité de l’appareil… Lorsque le viseur (électronique ou pas) est solidement calé sur votre arcade sourcilière, le boîtier forme avec vos deux bras une sorte de trépied.

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Combiné à un dispositif anti vibration (celui du XZ-1 marche très bien), un viseur d’œil permet de descendre au 15em, voir au 10em de sec. Ce qui veut dire, un ou deux crans de sensibilité de gagnés ! Autant de problèmes de bruit numérique en moins… Alors qu’à main levée, peu de gens réussissent à faire des photos nettes sous le 1/30em, même avec un stabilisateur.

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Le VF-2 m’a donc permis de réaliser des images nettes par faible luminosité dans les petites ruelles de Hong Kong, bien aidé par la grande ouverture de l’objectif Zuiko avec lequel il forme un couple cohérent… D’autant qu’il peut s’orienter vers le haut, ce qui donne la sensation de travailler plus discrètement.

Mais il ne s’agit que d’une sensation et je ne crois pas que l’on soit réellement plus discret… Concentré dans le viseur, on fait juste abstraction du regard des gens. Et par sa nature artificielle, le viseur électronique crée une distance supplémentaire entre vous et ce que vous photographiez.

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Sur l’arrière du viseur, un bouton permet d’alterner entre visée écran et viseur, mais c’est peu réactif et l’on perd du temps à attendre que ça réagisse… Un système de détection de proximité serait indispensable, sans oublier un bouton pour forcer son extinction et économiser les batteries. On devrait aussi pouvoir interdire l’affichage de l’image dans le viseur après chaque prise de vue, qui interrompt systématiquement le cadrage.

 

Olympus VF-2 il y a pire…

C’est par une brulante journée d’août sur l’ile de Cheng Chau près de Hong Kong, que j’ai rapidement touché aux limites du VF-2. Certes, il rempli son office, dans le sens où il permet de cadrer précisément, ridiculisant l’écran du XZ-1 (nous y reviendrons). Mais vraiment le plaisir n’y est pas !

On peut même parler de calvaire, tant il faut cligner des yeux et fermer les paupières à demi, pour protéger l’œil de la lumière ambiante. Car le VF-2 est beaucoup plus sombre, que l’ambiance d’une journée ensoleillée, vous obligeant parfois a utiliser la main gauche comme pare-soleil… 

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Il suffit d’avoir une seule fois réaliser des images sur une plage en plein midi, pour réaliser que le viseur VF-2 est beaucoup plus sombre que le pire viseur optique existant, y compris le petit viseur du Canon G12… Pour autant, il reste plus efficace que ce dernier, grâce à son grossissement à sa plus grande précision.

 

Beaucoup plus sombre aussi, que le pire viseur optique du pire reflex essayé à ce jour : un vrai trou noir ! Il m’a d’ailleurs été impossible de cadrer avec mes lunettes de soleil, ce que je fais assez couramment avec un reflex… Il faudrait donc l’utiliser avec l’œilleton caoutchouc proposé par Olympus (EP-9). Et si c’était possible, régler sa luminosité, de faible, à intense…

Bien que je doute qu’un jour, un viseur électronique puisse être aussi intensément lumineux qu’un champ de neige, ou qu’une plage de sable blanc. Ne serait-ce que pour des raisons de sécurité et aussi parceque le viseur électronique devra générer lui-même, la lumière nécessaire pour rivaliser avec la lumière du jour. Alors que le viseur optique se contente d’utiliser la lumière ambiante…

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Je me méfie d’ailleurs de la fatigue oculaire que pourrait occasionner son utilisation répétitive. Car à chaque fois qu’on y plonge l’œil, la pupille doit s’ouvrir pour s’acclimater et se refermer lorsque l’on arrête de viser. On est ébloui quelques secondes à chaque fois. Enfin, on n’oubliera pas d’ajuster le réglage dioptrique afin d’y voir net. Pensez à le vérifier de temps en temps, car il arrive qu’il bouge un peu.

Au début, l’image du viseur m’a parfois induit en erreur, jusqu’à me dissuader de déclencher. Et ce n’est qu’en surveillant la scène de l’œil gauche, que j’appréhendais son intérêt réel, ses couleurs, sa luminosité et ses contrastes… Le viseur oblige à faire abstraction des détails, car certaines scènes peuvent se résumer à une silhouette. Paradoxalement, ce n’est pas déplaisant lorsque vous aimez composer vos images à partir de formes géométriques. Mais il faut bien faire la différence avec ce qui sera réellement photographié. On est bien plus éloigné de l’image finalement capturée, que ce qu’affiche un viseur optique même bas de gamme… 


… à suivre ici :


 

 

 

 

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