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Test du Canon G12, de Hong Kong aux Philippines (Part 3)

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Durant de longues années les Canon G furent les seuls compacts à tenter de séduire les photographes experts, en leur proposant contrôles manuels, zooms raisonnables, réactivité correcte et format RAW… Alors que la concurrence se réveille en 2012 (et que canon propose un grand frère au G12 avec le G1 X), nous avons voulu savoir si le G12 faisait toujours figure de référence et s’il était suffisamment convaincant pour un utilisateur de reflex…

 

… partie 2 sur 3 :  


Options avancées, encore un effort

Les photographes professionnels sont de grands enfants : plus les appareils progressent plus nous devenons exigeants et je regrette évidement l’absence de quelques options courantes sur les reflex… Par exemple, pourquoi ne pas adopter sur le G12, un sélecteur de format similaire à celui des EOS permettant de choisir et de combiner rapidement les différentes tailles et compressions de JPEG et de RAW ? Inversement, il faudrait doter tous les reflex EOS de la capacité qu’ont les G12 et S95, à supprimer séparément les RAW ou les JPEG. Ce qui faciliterait la vie de ceux qui travaillent encore en RAW + JPEG.

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On regrette sur les G12 et S95, la disponibilité du format RAW uniquement en Modes Experts (P, Av, Tv, M), comme c’était le cas sur les EOS avant l’EOS 500D… Dommage, car ce type de compacts experts séduit éventuellement des photographes débutants, par ailleurs susceptibles d’être à l’aise avec Lightroom ou n’importe quel logiciel de traitement RAW…

Bien entendu, s’il fallait regretter une chose pour le G12, c’est l’absence d’un zoom démarrant à 24 mm en position grand angle. Le G12 n’est équipé que d’un très classique 28-140 mm f/2,8-5,6. Certains de ses concurrents proposent un 24 mm, comme le Panasonic LX5 équipé d’un 24-90 mmm f/2,0-3,3. Mais il le paye par une focale maximale un peu courte, notamment en portrait. Ah, si seulement le G12 disposait du zoom à grande ouverture de l’Olympus XZ-1 (un étonnant 28-112 ouvrant à f/1,8-2,5), il toucherait alors à la perfection.

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Je n’ai pu tester le complément optique grand angle WC-DC58B (140 € environ), qui se fixe à l’avant du zoom. Attention, n’oubliez pas la bague LA-DC58H (environ 30 €), indispensable… J’ai en tous cas apprécié celui du Nikon P7000 (testé parallèlement), quitte à appliquer une importante correction de distorsion dans Lightroom.

Un investissement intéressant si vous envisagez le G12 comme équipement principal. Il existe également un complément téléobjectif (multiplicateur x1,4) TC-DC58D, dont l’intérêt me semble moins évident. Vous pouvez encore utiliser des filtres (polarisants par exemple), grâce à la bague FA-DC58B (environ 60 €). Il existe même une télécommande spécifique, RS-60E3.

 

Incontournable, le juste équilibre

Restons toutefois conscient au moment de faire son choix, que le G12 propose bien plus d’options que ses concurrents. Par exemple la possibilité de régler la sensibilité par tiers : 80 ISO, 100, 125, etc… Jusqu’à 2000, 2500 et 3200 ISO… Un atout de plus face à la concurrence (le Nikon P7000 passe de 100 à 200, 400 ISO, etc…). Il est également possible de limiter la sensibilité ISO maximale, par tiers de valeurs.

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Après ce test terrain longue durée, le Canon G12 confirme rester le complément idéal d’un reflex pour le photographe expert ou professionnel… Dans ce cadre là, on pourrait éventuellement hésiter avec le Canon S95 (le plus petit de tous les compacts experts), ou l’Olympus XZ-1 (qui possède le meilleur zoom)…

Ensuite, du point de vue d’un photographe amateur recherchant un juste équilibre entre performances et compacité, le Canon G12 s’affirme comme un excellent appareil principal car il est très polyvalent. Très peu de compacts sont actuellement en mesure de l’inquiéter dans ce rôle… A l’exception peut-être de l’Olympus XZ-1 possédant une plus grande ouverture, mais dépourvu d’écran orientable ce qui est bien dommage.

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Enfin, si l’on cherche un appareil principal plus performant que compact… On pourra hésiter entre le G12 et un modèle hybride à objectif interchangeable. Ceux-ci tentent de réunir les qualités des deux mondes : la légèreté des compacts et la qualité d’image des reflex… Mais à mon avis, ils réunissent surtout leurs inconvénients : l’absence de viseur optique et un encombrement qui s’approche de celui des petits reflex… Notamment si vous avez besoin d’un zoom… Voilà pourquoi grâce à son objectif rentrant, à sa qualité d’image et à son écran orientable, le Canon G12 reste le compromis indétrônable entre polyvalence, performances et compacité.

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Les plongeurs ne manqueront pas le caisson WP-DC34, pour 260 € environ (pourquoi trouver des noms simples, lorsqu’on peut faire compliqué). Compatible avec les G11 et G12, il plonge à 40 m et ne m’a posé aucun problème. Il est compact (rentre dans un petit sac à dos), son utilisation est simple et son manuel imprimé lisible. Un lest spécifique est même proposé par Canon (WW-DC1)… Une bonne affaire : par curiosité faites le compte de ce qu’il en coute d’emmener un reflex sous l’eau… Dommage qu’il n’accepte pas le complément optique grand angle WC-DC58B. A noter que le G12 et son complément optique rentrent probablement dans un modèle de sac Ewa Marine. Reste à trouver le bon.

 

Plus de photo, moins de blabla…

Le design général des Canon G n’a pas beaucoup changé depuis la refonte de la série survenue avec le G7 en 2006, premier à inaugurer cette formule intelligemment décliné ensuite… Difficile de trouver beaucoup de défauts à cet héritier d’une lignée que l’on a tant aimé et qui a toujours évolué dans le bon sens… D’ailleurs, récemment j’ai été amené à utiliser toute une journée, un vieux G9 de 2007. Et bien, à l’exception de l’absence pénalisante du format RAW, il était déjà assez convainquant ce petit G9.

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Depuis le G1 de 3 Mpix sorti en l’an 2000, les Canon G ont étés les premiers en tout, ou presque… Premiers compacts à proposer du RAW (dès l’arrivée du G10 en 2008). Premiers à envisager l’ergonomie d’un compact à la façon d’un reflex avec de gros boutons de contrôle. Premiers, à revenir à cet intéressant écran orientable (qui équipait déjà les G5 ou G6 mais qui fut abandonné entre le G7 et le G10)… Et les Canon G seront même les derniers à sacrifier leur petit viseur optique ; qui bien qu’un peu misérable s’avère parfois utile.

A mon sens, le G12 propose la meilleure ergonomie jamais vue sur un compact. Il excelle en Mode Auto, mais  laisse les experts libres de travailler confortablement dans les Modes avancés ainsi qu’en Manuel… Il ne vous oblige pas à explorer systématiquement ses menus à l’écran, ni à lire son Mode d’emploi… Ce qui tombe bien, car celui-ci n’est fourni que sur CD. Je vous laisse imaginer à quel point c’est pratique en pleine jungle, ou en week-end à la campagne. Quand à imprimer soi-même ses 300 pages, ce n’est pas très éco responsable…

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S’il n’est pas le boîtier le plus audacieux où le plus innovant de 2011, avec notamment un mode vidéo un peu timide (HD 720p à 24 im/sec sans possibilité de zoomer en cours de séquence), le G12 reste l’appareil efficace et sérieux de ceux qui font vraiment des photos (plutôt que de ceux qui « en causent » sur Internet)… Sobre, robuste, bien fini, résolument « non bling-bling », il est disponible en toutes circonstances et sait se faire oublier dans une grande poche… Son zoom rentrant en fait notamment l’appareil idéal des montagnards, qui n’auront plus à ouvrir leur sac à chaque arrêt photo.

 


Dilemme, compact, hybride, ou reflex ?

 

Les photographes désirant voyager léger sont désormais face à un dilemme. Car depuis deux ans les performances des compacts experts s’envolent, de nouveaux appareils hybrides débarquent plein de promesses, alors que les « petits reflex » s’allègent et se modernisent (Nikon D5100, EOS 600D)…

Face aux appareils hybrides équipés de zoom, les compacts sont beaucoup moins encombrants grâce à leur objectif rentrant. Certes, quelques focales fixes « pancake » (équivalentes à 28 mm) permettent de réduire l’encombrement des hybrides. Cependant même dans cette configuration spécifique, un hybride ne se fait pas oublier dans une poche d’anorak et rentre difficilement dans un sac déjà bien rempli…

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Et pour ce qui me concerne, je refuse de brider ma créativité en me contraignant à une focale unique, (un exercice pédagogique sans doutes conseillé aux étudiants car il oblige à se déplacer pour cadrer, mais je ne suis plus étudiant)… Comment réaliser un beau portrait au 28 mm ? Comment isoler un détail du paysage ? Les focales fixes pancake ne me semblent donc convaincantes, ni en terme de compacité, ni en terme de polyvalence…

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L’exigence de réactivité, la précision du cadrage, la volonté de rentrer dans l’action, tout cela impose l’emploi de focales allant de 24 à 200 mm, donc de zooms… Actuellement les hybrides ne disposent pas de gammes optiques convaincantes : peu de bons zooms, notamment de zoom grand angle. Pas de vrais grand angles (24, 20 et 16 mm, en équivalent 24×36), ni de longues focales. Ce qui relativise l’intérêt d’un système d’objectifs interchangeables. Et même si c’était le cas, ils deviendraient alors presque aussi encombrants que des reflex. Quitte à être encombré, n’est-il pas plus judicieux de profiter des avantages de vrais reflex ?

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Beaucoup de photographes sont obnubilés par les fiches techniques, les tailles de capteurs, les hautes sensibilités. Sans oublier les gammes d’objectifs qu’ils pourraient acquérir… Mais qu’ils n’achètent pas souvent ! Alors que le meilleur appareil, c’est celui qui est disponible au bon moment, avec l’objectif adapté au sujet et à la situation. Généralement un zoom offrant le juste équilibre entre range focale et ouverture.

Partant de là, seuls deux types d’appareils ont su me convaincre jusqu’alors : les reflex par leurs performances et leurs gammes optiques illimitées. Et les compacts experts, très discrets grâce à leurs zooms rentrants… Quand aux hybrides, mon impression est qu’ils cumulent plutôt les inconvénients, des uns et des autres.

 


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Sur un petit capteur, au delà de 400 ISO le bruit peut éventuellement poser problème lors d’impressions en grand format (au delà de A2), ou lors de recadrages importants. Et si on le corrige exagérément, l’image devient artificielle (aspect plastique)… De plus, la résolution modeste de 12 megapixels, rend la structure de ce bruit plus visible proportionnellement à la diagonale de l’image. En effet, plus la résolution augmente, plus « taille du bruit » diminue proportionnellement (jusqu’à disparaître), ce qui n’est pas contradictoire avec le fait qu’un capteur de plus haute résolution, génère théoriquement plus de bruit… Bref, c’est un équilibre délicat ! Je dirais, que le capteur du G12 et du S95 présente un équilibre idéal, entre maîtrise du bruit et résolution… 

Données EXIF : 1/200 sec – f/2.8 – 400 ISO – 28 mm. 

 


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Le G12 dans son caisson étanche, à moins d’un mètre de l’œil de ce jeune requin baleine de 6 mètres, précédé d’un poisson pilote. L’avantage par rapport à un reflex utilisé dans un caisson est évidemment que le poids et l’encombrement sont bien plus raisonnables. Sans oublier l’investissement financier, relativement modeste. Toutes les commandes du G12 restent parfaitement accessibles et l’écran très lisible sous l’eau. Il ne manque selon moi qu’un complément optique grand angle et une prise TTL servant à déclencher un flash sous-marin professionnel. On optera éventuellement pour un éclairage LED vidéo à la place…

Données EXIF : 1/320 sec – f/2.8 – 80 ISO – 28 mm.

 

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Lire aussi à propos de Canon :

  • Canon S90 et viseur externe, l’astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 

 


 

 

 

  

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4 commentaires

  1. Merci pour ce test de terrain très complet. Je suis d’autant plus intéressée que je suis moi même propriétaire d’un G12 que je considère comme le complément idéal à mon Canon 5D. Comme je pratique régulièrement la montagne, il est assez fréquent pour moi de ne prendre que le G12 pour des questions de poids. Par contre je ne me suis pas encore résolue à partir en voyage uniquement avec un compact…
    Une seule petite remarque : le G9 est tout à fait capable de faire du RAW! J’en ai eu un depuis 2008 et jusqu’à l’année dernière. Et si je ne l’avais pas malencontreusement laissé tombé dans la neige, je pense qu’il serait toujours en service! ;o)

  2. Avantage du G9 (qui gère bien le RAW en effet) sur le G12 : la réactivité, bien meilleure.
    Inconvénient du G9 sur le G12 : pas de grand angle et sensibilité exploitable jusqu’à 200 ISO. Au-delà c’est… très très bruité !

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