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Test du Canon G12, de Hong Kong aux Philippines (Part 2)

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Durant de longues années les Canon G furent les seuls compacts à tenter de séduire les photographes experts, en leur proposant contrôles manuels, zooms raisonnables, réactivité correcte et format RAW… Alors que la concurrence se réveille en 2012 (et que canon propose un grand frère au G12 avec le G1 X), nous avons voulu savoir si le G12 faisait toujours figure de référence et s’il était suffisamment convaincant pour un utilisateur de reflex…

 

… partie 2 sur 3 :  


Réactivité, qui dit mieux ?

Le manque de réactivité et la lenteur en rafale sont les premiers désagréments qui frustrent les utilisateurs de reflex, lorsqu’ils s’emparent d’un compact même un modèle expert… Avec une cadence de 1,1 im/sec en RAW (selon les circonstances) le G12 n’est pas un foudre de guère. Certains concurrents font mieux.

Mais d’autres pire… Le Nikon P7000 reste par exemple inopérant de 5 à 6 secondes après chaque image RAW ! Cela ne gênera peut-être pas les nombreux utilisateurs de JPEG. Mais les photographes experts (clients typiques d’un tel compact), s’abstiendront par contre…

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Toujours au chapitre de la vitesse : zoomer avec un curseur, est loin d’être aussi rapide ni aussi précis que tourner une bague d’objectif. Je peste à chaque fois contre l’imprécision du curseur de zoom. Celui du G12 est bien placé près du déclencheur. Mais je le trouve, soit trop rapide lorsque je veux cadrer précisément… Soit trop lent lorsqu’il faut déclencher en urgence ! Ici le Fuji X-10 donne une leçon à tous les compacts, grâce à sa bague de zoom manuelle…

Sur ce point encore, les compacts (même les meilleurs) ne seront jamais des reflex. Et nombre de photographes nés avec le numérique, n’auront pas eu la chance de comprendre les avantages du reflex, faute d’avoir appris s’en servir. La photo au reflex, c’est un peu comme pour la musique classique, ça s’apprend…

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Pourquoi le G12 ne piloterait-il pas le zoom à l’aide d’une bague rotative autour de l’objectif, comme le génial S95 ? Celle-ci peut être manipulée de la main gauche, la droite étant déjà occupée avec les molettes et le déclencheur. Une fois configurée, la bague du S95 permet de zoomer par paliers, passant par des étapes connues : 28 mm, 35 mm, 50 mm, 70 mm, 90 mm…

J’adore, c’est rapide et l’on sait toujours ou l’on en est. On pourrait même imaginer un système variant la vitesse et la précision du zooming, selon qu’on la tourne légèrement ou fortement. D’un côté ou de l’autre : zoom avant ou zoom arrière.

 

Petit capteur, un mal pour un bien

Le plus vital pour un compact, est d’être équipé d’un zoom rentrant lui permettant de se glisser dans une poche, ou dans un sac déjà bien rempli (veste, vivres, eau, guide de voyage)… Un zoom doté d’une amplitude suffisante pour exprimer votre créativité et varier les points de vues.

C’est le cas des meilleurs compacts du moment, notamment des Canon G12 et S95… Qui voient fleurir les concurrents, démonstration évidente de l’intérêt et de la justesse du concept de « Compact expert ». Un type d’APN promis à un brillant avenir, car les utilisateurs souhaitent de plus en plus « photographier léger », sans sacrifier la qualité d’image…

Evidement, notre Canon G12 ne dispose que d’un « petit » capteur de 10 Mpix. Alors que pour un peu plus cher, de nouveaux APN « Hybrides » autorisent de plus hautes sensibilités grâce à leurs capteurs plus larges au format 4/3, ou même APS-C… Pour autant, ma préférence reste sans hésiter aux compacts adoptant un gabarit égale ou inférieur à celui du G12.

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Car du point de vue de l’amateur de reportage la première qualité d’un APN compact doit rester sa compacité. Avant la qualité d’image au delà de 1600 ISO.

J’ai d’ailleurs remarqué que 99% de mes photos sont réalisées en dessous de 1000 ISO, un pourcentage vérifié dans l’explorateur de Lightroom sur 260.000 fichiers. Inutile donc, de sacrifier la compacité sur l’hôtel des hautes sensibilités, auxquels certains vouent un culte un peu naïf… En oubliant que le meilleur appareil, c’est celui qu’on a toujours avec sois ! Car les situations intéressantes surviennent toujours lorsque l’on n’a pas son reflex sous la main…

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La qualité d’image à laquelle est parvenue le G12 est impressionnante et largement suffisantes à mes besoins, se limitant généralement à doubles pages et des tirages A3. Bien aidé par la qualité de son zoom, il excelle jusqu’à 800 ISO, ce qui lui permet de travailler dans quasiment toutes les situations…

Ceci d’autant plus facilement que l’on travail en RAW et que l’on connait ses classiques (manuel, priorité vitesse, ouverture). Sur ce point, les photographes qui maitrisent la technique seront toujours avantagés, quelque soient les progrès technologiques ou le type de boîtier… Rassurons tout de même les débutants restés au JPEG : la maîtrise du bruit dans ce format et les résultats obtenus en Mode Auto sont excellents également.

 

Menus : un peu classiques

Je persiste à trouver les menus du G12 trop classiques… Et l’on reste forcément frustré si l’on est habitué aux menus des EOS, sans doutes ce qui se fait de mieux en la matière. Sans être mauvais, les menus du G12 sont moins esthétiques et moins logiques… Mais au moins sont-ils très lisibles grâce à leur typo généreuse (y compris en plein soleil), tout en échappant aux couleurs fluo que je détestais sur le G10.

Ils sont structurés en seulement trois onglets (colonnes), alors qu’il y avait de la place pour en loger quatre ou cinq… Ce qui aurait permit de créer des listes moins longues. Par ailleurs, je ne suis pas fan de l’accès aux paramétrages d’image via la touche SET, que l’on à tendance à oublier en route. Tout devrait être accessible par une seule interface unifiée, exactement comme sur les reflex EOS…

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Aussi je rêve sans y croire, qu’un jour les descendants du G12 adoptent les colonnes thématiques des EOS, ce qui faciliterait l’utilisation conjointe de ces appareils…

Les menus des EOS permettent de visualiser l’intégralité de la colonne sélectionnée, alors que le G12 vous oblige à faire défiler toute la colonne pour découvrir les entrées du bas… Une perte de temps que l’on minimise en passant « par le haut » ! Dépasser la dernière entrée du bas, fait en effet remonter en haut de la liste.

J’ai donc fini par mémoriser les entrées importantes situées en bas, par exemple « Formater la carte ».

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Dommage enfin de ne pas avoir repris le principe des Fonctions personnalisées des EOS, ou sont rangées les options avancées, inutilisées par la majorité des photographes. Une astuce des EOS qui permet d’alléger les Menus principaux et facilite l’accès des débutants.

 

A paramétrer, le Menu Personalisé

Mais où sont donc cachées les options de retouche et de recadrage d’images ? Impossible d’y accéder simplement en appuyant sur la touche Menu… Il faut préalablement afficher une image, puis (ensuite) appuyer sur le bouton Menu. Probable dans ces conditions, que ces fonctions échappent à certains utilisateurs qui n’ont aucune chance de tomber dessus par hasard…

Encore un détail énervant : à chaque fois que vous modifiez un réglage « pour voir », puis prenez une photo… Les menus s’afficheront systématiquement à leur position par défaut (Menu général), lorsque vous presserez la touche Menu à nouveau.

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Alors que les menus des EOS affichent le dernier sous-menu utilisé. C’est pratique, cela permet de revenir immédiatement sur le réglage que vous aviez voulu « juste essayer». Spécialement énervant pour le tester d’APN et celui qui tient à essayer absolument toutes les focntions et paramétrages.

Heureusement, le G12 propose une option pour revenir de préférence au Menu Personnalisé, ce qui limite ce problème. Encore faut-il configurer ce Menu Personnalisé… Je vous y invite, même s’il ne dispose que de cinq petites entrées seulement (lire encadré Mon menu).

Enfin, que dire du style de ces menus ? Suggérons à Canon de proposer des thèmes variés, à l’image de ceux des « petits EOS ». Depuis les succès d’Apple en matière d’interface (Mac OSX, iPhone), il n’est plus à démontrer que ce qui est beau est ergonomique… Amoins, que ce ne soit l’inverse.

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Configuration avancée, « Mon Menu »

Comme sur les EOS depuis plusieurs années, le menu de droite permet de regrouper vos entrées de menu préférées. Et une option permet d’afficher directement ce Menu Personnalisé si vous pressez sur la touche Menu, de préférence au Menu habituel (Choisir Oui, dans « Aff. Depuis Mon menu »). Voici dans l’ordre, les cinq entrées que j’ai ajouté à mon Menu Personnalisé : 

- Affichage : ce menu paramètre la durée d’affichage des images. J’opte soit pour deux secondes (ce qui me permet de vérifier l’image), soit pour Arrêt (lorsque je veux enchainer les prises de vue). En effet, le G12 n’est jamais assez réactif à mon goût. En me passant de la revue des photos, j’ai l’impression de gagner du temps.

- Zone AF : j’hésite souvent entre les paramétrages Flexizone, AiAF visage et Suivi AF… Comme certaines  nuances entre ces modes AF m’échappent encore ( ! ) j’ai ajouté ce Menu, pour ne pas oublier de les tester systématiquement dans diverses circonstances.

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- Réglage de sensibilité ISO auto : la bonne nouvelle c’est que l’on peut fixer une limite à la sensibilité ISO Auto… Et par tiers de valeurs s’il vous plait, comme un reflex expert. On peut choisir de ne pas dépasser 400 ISO en plein jour… Et 1000 ISO le soir. Le G12 est arrivé à un certain niveau de professionnalisme…

- Fixer raccourci : permet d’affecter une fonction à la touche configurable « s » située sous le pouce gauche. Je lui attribue parfois la Memorisation AF, qui verrouille la mise au point jusqu’au prochain déclenchement, sans mémoriser l’exposition. C’est pratique pour composer l’image (habituellement je mémorise la mise au point en appuyant à mi course sur le déclencheur). Selon l’humeur et les circonstances, j’utilise la touche « s », pour la Balance des blancs, pour l’activation de l’AF Servo, pour le Braketing, ou encore pour le filtre ND (gris neutre en cas de forte luminosité si l’on veut utiliser une grande ouverture)…

- Décalage Auto : une option de sécurité qui existe depuis longtemps sur les Canon EOS (du temps de l’argentique autant que je m’en souvienne). Elle permet de décaler automatiquement vos paramètres de prise de vue lorsque vous êtes en priorité Vitesse ou Ouverture, lorsque vos choix conduisent à une mauvaise exposition. A n’utiliser que dans certaines circonstances, un peu comme la sensibilité ISO Auto.

 


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J’ai déclenché immédiatement, dès que j’ai aperçu cette silhouette sur les écrans géants dans la rue, qui semblait appeler à l’aide ce jeune homme, indifférent au monde extérieur… Plongé dans son Smartphone comme pas mal de Hongkongais, aussi fascinés par la technologie que par les traditions Chinoises ! Cette image est l’exemple typique de ce que permet un minuscule boîtier, que l’on peut garder en permanence autour du cou. Notamment lorsqu’il n’y a rien de spécial à photographier… Les situations intéressantes surviennent toujours lorsque l’on n’y est pas préparé. Et il est probable qu’à ce moment-là, si j’avais eu un reflex, il aurait été rangé dans le sac à dos.

Données EXIF : 1/40 sec – f/4,5 – 400 ISO – 28 mm.

 


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Vue du Starbucks Coffee, face au mythique Chungking Mansion popularisé par Wong Kai Wai dans son film de 1994, Chungking Express. La stabilisation efficace du G12 (en progrès par rapport au G11), m’a permis de déclencher au 15em de sec. Une vitesse étonnamment basse en regard du poids léger de l’appareil. Elle permet de compenser l’ouverture maximale limitée à f/2.8 sur le G12, là ou certains concurrents ouvrent à f/2.

Données EXIF : 1/15 sec – f/5,6 – 160 ISO – 28 mm.

 


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Correction d’expo de moins 1/3 de diaph, pour renforcer cet effet contre jour. Pas d’inquiétude quand au résultat final, sachant que je travail en format RAW. Au même titre que l’agrandisseur autrefois, les logiciels de traitement RAW sont devenu les « extensions naturelles » des APN. Indispensables notamment pour les compacts, très sensibles aux écarts d’exposition… Le format RAW permet aux meilleurs compacts (comme les G12 et S95), de « quasi égaler » les reflex. Du moins en conditions d’éclairage standard…

Données EXIF : 1/160 sec – f/8 – 80 ISO- Correction -1/3 de diaph – 80 mm.

 


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Un exemple d’image qu’il aurait été impossible de réaliser à l’identique, sans l’aide de l’écran totalement orientable, un des atouts majeurs du Canon G12. Je l’ai prise en extension sur la pointe des pieds, le bras tendu au dessus de l’étal de fruits. A 800 ISO on constate un léger moutonnement dans les ombres, qui reste totalement indiscernable en dessous d’un tirage A4. La qualité générale à 800 ISO restant correcte jusqu’au A3. Mais évidemment c’est selon les « standards » de chacun : autant de standards que de photographes…

Données EXIF : 1/80 sec – f/5,6 – 800 ISO – 28 mm.

 


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Outre la correction des défauts optiques, Lightroom 3 propose (comme Canon DPP) de retrouver les « Picture Style » de Canon sur vos fichiers RAW : Standard, Paysage, Portrait, Neutre et Fidèle (choisi ici)… J’utilise de préférence Camera Faithfull (Fidèle), qui propose des couleurs plus naturelles, plus proches de ce que je me souviens de la scène. Mais attention, si vous travaillez en JPEG les Style d’image sont définitivement appliqués par l’appareil. Impossible de les modifier plus tard dans Lightroom, Photoshop, ou Canon DPP.

Données EXIF : 1/60 sec – f/3,5 – 320 ISO – 28 mm.

 


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Ici, la perspective des immeubles à été « redressée » par Lightroom qui reconnaît immédiatement le profile de l’objectif des Canon G12 et S95… Mais aussi du Nikon P7000. Ceci à deux conditions, utiliser des fichiers RAW et « Activer les corrections de profil » dans l’onglet Correction de l’objectif. Ici la correction est maximale (elle semble excessive peut-être). Mais on peut aussi l’activer partiellement (de 1 à 100 %), si l’on désire un rendu moins géométrique…

Données EXIF : 1/400 sec – f/2,8 – 160 ISO – 28 mm.

 


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Réalisée en posant le G12 sur une balustrade, voilà une autre image pour laquelle l’écran orientable à « sauvé la situation ». La balance de blancs n’a pas été facile à réaliser, l’appareil ayant tendance naturellement à neutraliser l’impacte de l’éclairage public (orange) sur la maison… Au détriment de l’arrière plan, qui tournait au bleu / vert. Le format RAW m’a autorisé un ajustement manuel à postériori, qu’il aurait été bien difficile de réaliser (à coup sûr) lors de la prise de vue.

Données EXIF : 2,5 sec – f/2.8 – 100 ISO – 28 mm.

 


 


Lire aussi à propos de Canon :

  • Canon S90 et viseur externe, l’astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 

 


 


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3 commentaires

  1. Il y a longtemps que j’envisage l’acquisition du G12 car, en bon ringard que je suis, j’utilisais toujours mon G2 de début 2003, acheté pour un voyage au Vietnam! Eh oui, vous avez bien lu, un G2… le diable vient de me lâcher (le connecteur de recharge des batteries). Et paf! le G1X est annoncé! je n’aurai donc jamais le G12.
    Ce que j’appréciais le plus dans le G2 :
    - l’écran qui était déjà orientable
    - la fidélité des couleurs à ce que mes yeux avaient vu.
    - le piqué
    Cet appareil m’a permis d’exposer plusieurs fois (des tirages A4).
    J’attend beaucoup du G1X

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