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Test terrain : Nikon D7000 au Spitzberg (part 3)

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Voila quelques temps, Déclic Photo publiait mon test terrain complet du Nikon D7000 au Spitzberg… (à ne pas louper également, les tests terrains des derniers reflex Canon EOS 550D, EOS 60D et EOS 7D et du Fuji X100). Pour les lecteurs les plus passionnés, voici la version longue en 4 épisodes :

 

 

… partie 3 sur 4 :


Qualité d’image au top 

Au Spitzberg, il fait clair, jour et nuit… Je n’ai donc pas eu besoin de monter au delà de 2000 ISO pour photographier des oiseaux à haute vitesse (1/1000 à 1/2000 sec), tout en conservant un diaph bien fermé (f/14 à f/22) pour plus de sécurité… Mais il est rassurant de savoir que le D7000 est capable de « sauver » des clichés jusqu’à 6400. Qui peut le plus peut le moins !

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Les 16 Mpix du capteur m’ont permit de recadrer fortement un ours shooté à 500 ISO qui évoluait très loin du bateau… Cela aurait été moins concluant avec une résolution de seulement 12 Mpix. Les excellentes images produites jusqu’à 1600 ISO par ce capteur, sont la démonstration que 16 Mpix c’est mieux que 12 Mpix. Et que demain, 24 Mpix seront encore mieux que 16…

Du coup les incantations insistant sur l’intérêt de conserver des résolutions raisonnables s’avèrent régulièrement démodés… Puisque à chaque fois (ou presque) la qualité d’image progresse avec la résolution. On peut juste regretter que Nikon ne propose pas de tailles intermédiaires en RAW, ce qui est éventuellement utile à certains professionnels (presse, ou pack shot). Ou lorsque la place vient à manquer sur les cartes (rarissime grâce au double slot).

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Vestiges de la pêche à la baleine il y a plusieurs siècles, ou restes d’exploitations minières du début du Vingtième siècle, le Spitzberg conserve des traces archéologiques des premières tentatives de peuplement de l’archipel. Telle cette baleinière dont le bois résiste au siècles protégée par la température glaciale.Données EXIF : 1/30 sec – f/18 – 100 ISO – 24 mm – 24-70 mm f/2.8.

 

Je ne vois pas bien ce qui viendra contrarier « la course aux pixels », qui accompagne logiquement la montée en résolution des périphériques d’affichage… Bientôt, nos écrans proposeront des résolutions équivalentes à celle d’un iPhone 4 (écran Retina). Supérieures donc à celle de l’impression d’un magazine (240 à 300 ppp). De quoi apprécier au quotidien la très haute résolution grâce à la loupe de Lightroom, sans devoir imprimer des posters de plus d’un mètre… Ce que l’on ne fait pas souvent faute de disposer d’assez de murs ou les accrocher.

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Dernière raison d’apprécier l’augmentation de la résolution : la « taille du bruit » diminue lorsque le nombre de pixels augmente, le rendant moins visible à une taille d’impression fixe. Il ne faudrait donc juger les reflex qu’à partir d’impressions de taille constante (un tirage A4 à A2 selon vos ambitions)… Et non en affichant les pixels à 100% à l’écran, ce qui est trompeur.

 


Cadence toujours plus…

La cadence de prise de vue de 6 im/sec du D7000 est très intéressante, d’autant que l’AF suit sans problème… Par contre, méfiez-vous en RAW sur des longues rafales, car le buffer du D7000 se retrouve assez vite à bout de souffle.

Cela m’est arrivé lors de l’observation d’un petit renard arctique, venu jouer entre les restes de chaloupes baleinières (considérées comme vestiges archéologiques et préservées sur une plage depuis plus de cent ans par le climat glacial)… La cadence maximale est en effet donné pour 6 im/sec sur 9 RAW seulement. Ce qui est assez vite fait à une telle cadence, en 1,5 sec environ. Heureusement en JPEG vous monterez à une centaine de déclenchement consécutifs…

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Un petit renard, que j’ai tenté de filmer, sans succès. L’argument du suivi AF en vidéo me semble quelque peu discutable. D’une part car il est lent. D’autre part car il est bruyant, obligeant à une prise de son séparée ou à l’utilisation d’un micro. Hors, il est probable que les experts qui en sont là, préfèrent gérer manuellement la mise au point avec des techniques plus professionnelles…Données EXIF : 1/640 sec – f/3.2 – 100 ISO – 200 mm – 70-200 mm f/2.8.

 

C’est à ce moment, que l’investissement dans un D300s pourrait se justifier du point de vue du reporter sportif, ou du photographe animalier. Dans cette gamme de prix seul le Pentax K-5 fait un peu mieux avec 7 im/sec. A noter que le conçurent directe chez Canon, l’EOS 60D déclenche quand à lui à 5,3 im/sec, mais sur 17 RAW consécutifs. 

 

Compte tenu de cette limitation, j’ai préféré opter en standard pour la cadence vitesse intermédiaire, que j’ai réglée à son maximum (5 im/sec)… Voilà d’ailleurs une personnalisation que j’apprécie beaucoup chez Nikon et qui reste inexplicablement absente chez canon : pouvoir paramétrer « sa » vitesse de la cadence intermédiaire. Précisément à 1, 2, 3, 4, ou 5 im/sec.

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C’est particulièrement intéressant en reportage. Car faire trop d’images est parfois contre productif, mobilise plus de temps et d’espace en post traitement, sans oublier le risque se saturer le buffer au pire moment.

Un bouton de verrouillage protège désormais le curseur AF / MF. Combiné à la rotation des molettes avant et arrière, il permet de régler le Mode AF et le Mode de sélection des collimateurs. Le retour des boutons « à double fonction » !

 


Ecran correcte mais fixe 

Le D7000 est livré avec la traditionnelle protection d’écran amovible Nikon, qui rassure les plus maniaques lors d’une utilisation tout terrain… Et que j’ai immédiatement rangé dans ma cabine, afin de profiter d’une lisibilité maximale ! Il faut tout de même y aller fort, pour rayer un écran de reflex en 2011… D’une façon générale je vous recommande d’éviter toutes protections, car en plein jour la lisibilité des écrans (même les meilleurs), n’a rien de fantastique…

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J’ai parfois regretté de ne pas disposer d’un écran orientable qui autorise des angles de vue plus originaux. Posé au sol par exemple, tout près de cette mousse et de ces lichens si particuliers au Spitzberg, territoire totalement dépourvu d’arbre à l’exception d’imposants bois flottés arrivés directement, de Sibérie… On hésite à se mettre à plat ventre quand le sol est glacé ou boueux. En été le permafrost dégèle sur quelques centimètres en surface et devient bizarrement très mou ! On a l’inquiétante sensation de marcher sur une moquette très épaisse et parfois on s’enfonce dans des trous jusqu’au cuisses…

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J’apprécie beaucoup le 70-200 mm, la version Nikon f/2.8 est un must. Pour les animaux évidemment, mais aussi pour les portraits, les paysages et à peu près tout ! On espère qu’un jour Nikon propose une version f/4 un peu plus compacte, dont le prix serait plus accessible aux acheteurs d’un D7000.Données EXIF : 1/1000 sec – f/2.8 – 100 ISO – 200 mm – 70-200 mm f/2.8.

 

J’ai du procéder à l’aveugle pour prendre des images la coque de l’Albarquel en perspective, appareil tenu à bout de bras par dessus le flanc bord… Au final, je me suis résolu à m’encorder pour grimper dans les haubans. Les amateurs de vidéo regretteront l’absence d’écran orientable, car le D7000 se défend pas mal trop de ce côté (je n’ai pas pris le temps de tester la vidéo)…

D’une façon générale j’ai apprécié l’écran du D7000 (dans la moyenne des 3 pouces avec 921.000 pixels), mais j’ai préféré les écrans orientables des Canon EOS 60D et 600D, à peine plus grand, un peu plus agréables et plus lisibles. Sans oublier leur ratio 3/2 qui permet d’afficher les photos sur la totalité de la surface : sans aucunes bandes noires, ni infos parasites. Ce que je trouve assez précieux…

 


Menus riches mais touffus

Les Menus Nikon sont plus riches en réglages avancés que les Menus Canon, ce qui à juste titre est très apprécié des experts. Toutefois, je ne suis pas fan de leur organisation inflexible depuis des années, ni de leur look. Nikon gagnerait à une refonte générale de son système de menus.

Ceci dit, ils s’améliorent lentement au fil des générations. Par exemple avec cette fenêtre d’Information contextuelle arrivée il y a quelques années. Accessible grâce à la touche « ? », elle vous donne le détail de chaque fonction sélectionnée. Et heureusement qu’elle existe !

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Il subsiste certains archaïsmes, par exemple ce menu de paramétrage de revue des images pour lequel il reste nécessaire de valider par « Terminer ». Alors qu’habituellement on utilise le bouton central « OK »… Si vous oubliez « Terminer », le réglage est à refaire ! Evidement, on ne se fait avoir que les premières fois, mais c’est énervant à chaque fois…

Vraiment dommage par contre : on aimerait afficher les photos en plein écran sans aucunes informations parasites et sans lancer un diaporama. Il semble que ce soit impossible chez Nikon… Pourtant les fonctions de revue des images ne sont pas un détail. Par exemple, chaque soir au carré, nous avions l’habitude de visionner les temps forts de la journée sur l’écran du reflex… Ce qui évitait de mobiliser les Macbook Air, déjà bien occupés avec Lightroom.

 


Tracasseries en passant du Pole Nord, au Pole Sud ;-)

Lorsque l’on passe d’une marque à l’autre, il est assez normal de se faire surprendre par certaines différences ergonomiques… Alors voici quelques détails qui chiffonneront les photographes les plus ancrés dans leurs habitudes.

Commençons avec cette bague d’objectif qui ne se visse pas dans le même sens chez Canon et Nikon. Même chose pour le sens de rotation qui permet de zoomer, combien de fois j’ai zoomé à l’envers en passant d’un reflex à l’autre… Rien à faire ici, sauf de s’habituer ! Je ne blâme ni une marque ni l’autre. Ou alors je râle après les deux, qui au moment de commercialiser les premiers zooms, ne se sont pas accordé pour décider d’une logique universelle.

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Citons ensuite la disposition des commandes en mode manuel : chez Nikon le pilotage de l’ouverture est sur la molette avant et celui de la vitesse sur la molette arrière… Vous l’avez deviné il fallait que ce soit l’inverse chez Canon. Heureusement, il est parfois possible de paramétrer cela à votre goût, et même d’inverser le sens de rotation des molettes…

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Dans le même gout, le barre graphe d’exposition (dans viseur et sur l’écran) qui affiche par défaut la surexposition à gauche chez Nikon. Il est heureusement facile d’inverser cela sur le D7000. L’affichage de la surexposition à droite me semble plus logique, afin de coller à l’histogramme qui affiche les tons clairs à droite. Evidement, nous sommes là dans le raffinement le plus extrême et le détail ergonomique mineur.

 

La suite par ici 


Que vaut le Nikon D7000 en situation ? 

 


 

 

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6 commentaires

  1. Chouette reportage.
    Mais je ne suis toujours pas d’accord sur les histoires de résolution.
    Passer de 12mp à 16mp c’est passer de :
    4278×2848 à 4896×3264 C’est une différence de 618 pixels en largeur. Quoiqu’on puisse dire, ce n’est pas énorme. C’est seulement un petit plus, qui permet de gagner un tout petit recadrage. On gagne une image 1/7 plus large à même définition d’impression (il suffit de calculer).
    Plus on monte dans les mégapixels, plus il faut une différence importante pour avoir un vrai gain.

  2. Un sentiment en passant…..
    Est ce que se ne sont pas les qualités de optiques qui font la vraie différence en photo et peut être en vidéo (mais comme la vidéo n’est pas mon truc….)
    La première mouture de cet article et cette version »longue » le sous tendent en permanence, or toute la com des fabricants de matériels est (à 90%) sur les boitiers plus ou moins miracle (Ils nous rendraient performant en matière de choix de cadrage etc…..)
    Bref le marketing n’est pas informative donc pour une fois que nous avons un test intelligent savourons notre plaisir et…..
    Si la photo est bonne…..!

  3. Effectivement, la photo c’est une histoire de cadrage (d’oeil) et d’optiques !
    Le choix des optiques est bien plus important que celui du boîtier…
    Le talent du photographe sera de savoir choisir (acheter) les bonnes optiques en fonction des circonstances, sans trop se ruiner… Rapport efficacité / prix !
    Pas pour rien que Canon et Nikon restent devant !

  4. Qui peut le plus peut le moins : bien sur qu’on peut mettre des optiques FX sur du DX. Et heureusement : question haut de gamme, toutes les optiques d’exception sont FX, sauf le 17-55 si on lui prete une qualite exceptionnelle (ce dont je doute un tout petit peu).
    On peut aussi mettre des optiques DX sur des boitiers FX, mais alors on prend le risque d’un certain vignetage dans les coins.

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