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Pire : « Les photographes sont morts, vive les photographes ! »

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Et bien, voilà un beau sujet de débat une semaine avant le début du Salon de la photo… Il y a des attachées de presse assez gonflées pour envoyer des communiqués comme celui-ci ! Pire : il y a des gens assez boursouflés, pour les écrire… Vos commentaires sont bienvenus (pas de dérappages SVP)… En attendez, régalez-vous (le communiqué en pdf ici :   Téléchargement Tribune_Libre_Photographes) : 

« Les photographes sont morts, vive les photographes ! »

Réflexions sur l’avenir du métier de photographe, par Simone Mazer, Vice-Présidente des opérations France et Amérique Latine d’iStockphoto

« Les photographes sont morts, vive les photographes »… Un titre qui peut paraître provocateur, mais qui l’est en fait moins qu’il n’y paraît. Pourquoi ? Parce derrière cette expression – héritage de la période monarchique française censé refléter la continuité du pouvoir dans le changement – se cache une forte analogie avec ce que vit aujourd’hui le monde de la photographie d’illustration (j’exclue sciemment les autres domaines de la photographie, photojournalisme en tête, car la problématique est selon moi encore différente).

 

Car il est une vérité devenue aussi banale qu’inéluctable : le métier de photographe a considérablement changé, et de manière assez brutale, il faut bien le reconnaître. Ma longue expérience dans l’univers de la photographie d’illustration m’a bien sur permis d’assister à ces « bouleversements » dans une position privilégiée d’observatrice ; quant aux photographes professionnels qui exerçaient déjà dans les années 1980 (mais aussi les autres, plus ou moins jeunes…), ils sont les premiers touchés. Pour expliquer ces changements parfois radicaux, plusieurs raisons sont régulièrement mises en avant, avec plus ou moins de fondements d’ailleurs. En première ligne, un argument de taille : les avancées technologiques considérables, associées à la révolution numérique. Des téléphones portables aux appareils photo numériques en tant que tels, tout le monde a désormais accès à la pratique photographique.

Les avancées technologiques, ou une modification profonde du métier de photographe

D’abord parce que l’avènement du numérique permet une utilisation assistée, et donc beaucoup plus simple. Ensuite parce que contrairement à l’époque argentique ou de lourds investissements étaient obligatoires pour acquérir du matériel professionnel, l’ère numérique autorise quiconque à disposer d’un appareil de plus ou moins bonne facture, capable d’un rendu photographique acceptable, à moindres frais. Enfin parce que les compétences techniques d’hier, inhérentes au travail photographique, ont été en partie remplacées par de nouvelles compétences, qui ne font pas appel aux mêmes savoirs. Les longues périodes de développement en chambre noire, bien que toujours d’actualité, ont été en partie supplantée par la maîtrise des logiciels de retouche photo. Et que dire des planches contact dont la raréfaction n’a d’autre corrélation que la possibilité de voir en un branchement et quelques clics l’intégralité de ses photos sur un écran d’ordinateur.

La conséquence directe de ces avancées technologiques est simple : une démocratisation sans précédent de la pratique photographique, et dans son sillage, l’explosion du nombre de photographes – souvent très amateurs, parfois très professionnels – qui peuvent désormais shooter en rafale sans frais supplémentaires. Et forcément, sur 200 photos de vacances (dans le meilleur des cas, une tentative délibérée d’aller shooter au hasard), il y en a forcément une qui finira par trôner au beau milieu du salon, avec la sensation du travail bien fait, et le sentiment d’avoir une prédisposition naturelle à la photographie. Le trait est bien sur caricatural, mais il me tient à cœur de prendre le parti des nombreux photographes qui se sentent parfois dépassés par une concurrence qui paraît chaque jour de plus en plus importante.

L’explosion du nombre de « photographes » : une concurrence exacerbée ?

Mais si à l’impossible, nul n’est tenu, à l’indéniable, nul ne doit tourner le dos. Je ne peux que comprendre les photographes qui voient dans ces évolutions un certain degré de perversion tirant vers le bas la qualité du rendu final et de la pratique en tant que telle. Mais en réalité, n’en déplaise aux nostalgiques de l’argentique : se battre contre la marche du temps est en soi une perte de temps. Si les avancées techniques et technologiques ont bel et bien bouleversé l’exercice du métier photographique, cette vérité éculée concerne tous les secteurs, sans exception, et doit être largement relativisée.

J’aime comparer notre marché à celui de la musique. Voici plusieurs années que l’économie musicale est bouleversée par la révolution numérique, et peine à s’adapter aux nouvelles règles du jeu. Les majors pleurent face à un milieu de plus en plus difficile au sein duquel le tout-venant peut télécharger sur le Net des vidéos d’inconnus qui se mettent en scène au milieu d’artistes reconnus dont la musique est consommée gratuitement… Pour se démarquer, les artistes sont donc obligés de démultiplier leurs efforts, avec des spectacles et des clips incroyables. Mais s’il est plus facile aujourd’hui pour un chanteur amateur de montrer son visage et faire entendre sa voix (voire même faire un tube), sans talent, l’artiste – si tant est qu’on le considère comme tel – ne pourra durer dans le temps. Avons-nous d’ailleurs moins de chanteurs vivant de leur musique qu’avant ? Je n’en suis pas certaine. Seuls les plus talentueux durent et continuent de vendre leurs créations. Cette analogie entre l’univers de la musique et celui de la photographie nous met face à une réalité : il faut savoir s’adapter, et relativiser en saisissant les nouvelles opportunités qui s’offrent à nous.

L’avènement du numérique : de nouvelles opportunités…

En premier lieu parce que si les progrès technologiques ont bouleversé la pratique photographique, le marché, lui aussi a changé. L’image est omniprésente, sa consommation proche de la boulimie, et le besoin d’illustration s’est par conséquent démultiplié. A l’heure ou tout doit être assorti d’images, y compris sa propre personne sur les réseaux sociaux, ce besoin crescendo a naturellement généré une baisse des prix des photos d’illustration, loi de l’offre et de la demande oblige. Mais le terrain de jeu est lui aussi beaucoup plus grand qu’avant, et les opportunités bien plus nombreuses pour les photographes de vendre leurs clichés.

Ces nombreuses opportunités ont d’ailleurs bien souvent fait tourner la tête à certains qui ont cru que leur fortune serait faite en vendant leurs photos sur les multiples plateformes de partage et de vente désormais existantes. Il n’en est rien. D’abord parce que ces plateformes doivent surtout être considérées comme de nouvelles opportunités pour les photographes qui veulent vivre de ce métier, de vendre le fruit de leur travail. Ensuite parce que ces plateformes, en tout cas celles qui sont sérieuses, ne proposent que des photographies correctement réalisées et d’un niveau de qualité certain, privilégiant donc les photographes de talent. On parle d’ailleurs trop peu dans le flot de critiques à l’encontre de ces plateformes, banques d’images et microstocks en tête, de ceux qui surfent avec bonheur sur cette nouvelle vague. Je pense notamment à Lisa Gagne ou Yuri Arcurs, qui gagnent extrêmement bien leur vie en vendant des images sur des sites microstock.

Et comme il y a 20 ou 30 ans, tout le monde peut tenter sa chance, mais seuls les réels professionnels feront fructifier leurs photos. Quand on parle de microstocks, ce sont souvent les prix – très bas – qui sont montrés du doigt. Certaines des photos proposées sur nos sites ne valent que quelques centimes, certes… Mais ces détracteurs oublient que certaines images sont téléchargées, et donc achetées, des milliers de fois… Il y a 20 ans, les photos étaient achetées beaucoup plus cher, c’est certain, mais la majorité n’était vendue qu’une seule fois ! Dire que les microstocks ont tué les photographes n’a donc que peu de sens. C’est à peu près aussi pertinent que de dire que Microsoft Office a tué les sténodactylos. La réalité, c’est que les microtsocks n’ont fait que prendre le train en marche en offrant l’opportunité à tous, et avant tout les plus talentueux, de tirer leur épingle du jeu dans un marché où les règles ont changé.

Enfin, il convient de relativiser l’apparente facilité de la photo numérique derrière laquelle se cache une tout autre réalité. Les appareils numériques sont certes plus faciles à utiliser, et permettent d’obtenir un rendu plus « professionnel » sans trop de travail. Mais la photo est une question de technique : lumière, exposition, angle, obturation… Sans réelles connaissances techniques, il n’y a pas de réelle photo professionnelle. Après tout, il ne suffit pas d’avoir une boite de peinture pour être Rembrandt… Et c’est justement sur ce point fondamental que la continuité entre avant et maintenant se fonde. Je veux bien sur parler du talent.

… Un drame à relativiser

L’œil, la maitrise technique, un certain regard – le talent donc – ne sont pas remis en cause par l’avancée technologique. Le talent nécessaire d’hier pour vivre de son métier est tout aussi fondamental aujourd’hui. Quels que soient les avancées technologiques et le développement des microstocks, les photographes de talent resteront toujours nécessaires. Aucune base de données ne peut se substituer au travail d’un photographe de talent, et ce n’est d’ailleurs pas sa vocation. De multiples occasions et événements nécessiteront toujours des shootings spécifiques, tandis que les banques d’images fourniront pour la plupart des images moins singulières.

La révolution numérique qu’a vécue le monde de la photographie ébranle, mais les photographes ne sont pas seuls dans cette situation. Elle a impacté beaucoup de métiers, et nous a tous contraints à nous remettre en question. On peut s’en plaindre, mais on peut aussi choisir le parti d’y voir une occasion de repenser les choses, et de rendre notre quotidien plus fructueux…

Car tout compte fait, ces modifications ont permis à des artistes d’ouvrir de nouvelles voies de réflexion, et de création. Je suis très attachée par exemple au concept de P.O.M. (petit objet multimédia) qui est à mon avis une très belle « invention » et un exemple positif de mutation photographique. La photo d’illustration de demain n’est pas statique ; elle peut être une œuvre qui conjugue photographie, mais aussi vidéo, webdesign et sons. En 2011 comme en 1980, ce sont les véritables artistes qui sortiront leur épingle du jeu, et je parle bien sûr des photographes. Le métier de photographe tel qu’il s’exerçait auparavant est sans doute en partie mort. Mais les fondamentaux n’ont pas disparu, seules les pratiques ont changé. Vivre dans la nostalgie du passé n’a jamais servi à assurer l’avenir. L’avenir d’un métier centenaire qui, malgré l’avancée technologique, a encore de beaux jours devant lui, et de nouvelles voies à explorer.

A propos d’iStockphoto

En proposant plusieurs millions de photos, illustrations, clips vidéo, fichiers audio et fichiers Flash® sécurisés et libres de droits, iStockphoto permet de trouver l’inspiration facilement et à un prix abordable. Grâce au moteur de recherche le plus élaboré du secteur, un fichier parmi les plus de 9 millions de disponibles est téléchargé chaque seconde, pour des projets commerciaux, marketing ou personnels. Créé en 2000 et pionnier du business model de la photographie en micropaiement, iStockphoto est l’un des plus beaux succès de sites fournisseurs de contenus générés par les utilisateurs. iStockphoto reverse d’ailleurs plus de 1,9 millions de dollars de droits d’auteurs aux artistes chaque semaine. Basé à Calgary au Canada, iStockphoto est une filiale à 100% de Getty Images.

Service de presse - Ex-Alto – 01 47 31 34 88

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33 commentaires

  1. Belle analyse, pas défaitiste si on lit bien. Le monde a changé et c’est heureux. Peut-être que les peintres portraitistes ont disparu avec l’avènement de la photo… Et pourtant, la peinture n’est pas morte!
    Le papier canson n’a pas ruiné les artistes de talent sous prétexte que le dessin était accessible à tous…
    Le talent voilà ce qui départagera toujours les uns des autres… ;-)

  2. #1 Elle parle de la photo d’illustration.
    #2 Bien sûr elle prêche pour sa paroisse.
    #3 Je ne suis pas photographe, je tâtonne à peine et la photo n’est pour moi qu’un loisir (donc je n’y connais rien en matière de vrai photographe ;) ), mais j’aurais plutôt tendance à partager son avis.
    #4 Le débat sur « a-t-elle raison, a-t-elle tord » n’aura pas de réponse : elle a un avis, et forcément il y en aura qui ne seront pas d’accord. La question « peut-on autoriser tout le monde à faire de la photo d’illustration et à vendre ses clichés dans des conditions proches de la concurrence déloyale ? » est pour moi tout aussi cornélienne que « doit-on référencer l’iPhone dans un catalogue d’appareil photo ? » (aucun réglage et en même temps c’est le premier capteur sur flickr) : il n’y a pas vraiment de réponse, ça dépend de tellement de choses (quel genre de catalogue, pour qui, etc.)
    #Bref, je ne trouve pas que l’attachée de presse soit si gonflée que ça, ni que cette vice-présidente soit si boursouflée. Mais je manque peut-être (sans doute) d’éléments pour appréhender tous les tenants et les aboutissants…
    #PS : Avez-vous plus d’info sur le contexte de publication de ces « Reflexions » ?

  3. « L’œil, la maitrise technique, un certain regard – le talent donc – ne sont pas remis en cause par l’avancée technologique. Le talent nécessaire d’hier pour vivre de son métier est tout aussi fondamental aujourd’hui.  »
    Effectivement c’est un fait…
    « A propos d’iStockphoto etc etc »
    La je ne pense pas que les photographes pro voient cela du même oeil…

  4. « Les photographes sont morts, vive les photographes »… Un titre qui peut paraître provocateur, mais qui l’est en fait (moins) plus, mais alors beaucoup plus qu’il n’y paraît.
    Pourquoi ? Parce derrière cette expression – héritage de la période monarchique française (- : l’incise s’arrête là, merci) censé(e) (se rapporte à expression) refléter la continuité du pouvoir dans le changement (–) se cache une forte analogie avec ce que vit aujourd’hui le monde de (la photographie d’illustration) l’orthographe !
    On s’en fout de l’orthographe, c’est l’évolution normale de la langue, non ?
    Ben, si elle écrit « vive les photographes ! » c’est qu’il n’en reste plus qu’un, sinon, c’est « vivent les photographes ! ».
    Encore que tout le monde ne soit pas d’accord avec la formulation ou son orthographe : « vive » de toléré est devenu la norme.
    Bref ce texte ne m’a pas plu, parce que sa lourdeur détruit son message.
    Donc je propose :
    Les tofografs sont raides (morts), hips, viv’ment la noce de Canon… euh la… l’annonce de Canon !
    Hic !

  5. C’est exactement ce que j’ai défendu plusieurs fois dans mes commentaires sur le blog de JF, notamment dans les billets sur Fotolia, ou le tarif des prestations photographiques…
    Cette évolution est inéluctable et je rage tous les jours de voir des photographes perdre leur temps à se morfondre et défendre des pratiques révolues. j’ai la chance d’être un « vieux » photographe de 57 ans. J’ai vu pas mal de mouvement de fond depuis le temps ou j’apportais mes premières photos au comptoir de Presse Sports… Je ne regrette en rien cette révolution numérique qui nous apporte que de meilleures façon de travailler à tous les niveaux de la chaîne graphique.
    Il faut juste se battre aujourd’hui avec une concurrence plus nombreuse c’est vrai… Mais pas forcément plus compétente. Et pour reprendre l’analogie faite par l’auteur du nombre de ventes de photos, la concurrence était sans doute plus forte il y a 40 ans parce que les (peu nombreux) photographes étaient tous d’un très haut niveau technique et artistique. Pour se mesurer à un Gérard Vandystad, il fallait aligner beaucoup de moyen et beaucoup de talent. Mais, aujourd’hui sur 100 photographes pro, pas sûr d’en trouver 10 qui fassent un excellent travail. D’ailleurs Jean-François, tu as combien de vrais concurrents en France ? :-)

  6. Donc un stock canadien en manque de tallant il me semble en visitant leur catalogue d’immondices pour plaquette commerciale, fait appel à un cabinet de spin doctors parisien pour essayer de drainer des images de photographes pro vers leur stock. Ils choisissent comme stratégie d’approche de leur expliquer qu’ils sont des dinosaures et qu’ils n’ont rien compris au marché.
    Hahaha c’est burlesque. Mais vous croyez quoi serieux mes dames les lobbistes ?
    vous croyez vraiment que l’on a pas vu les mode de diffusion de nos oeuvres se modifier ? vous croyez vraiment que vous êtes l’avenir de la diffusion ?
    Non vous êtes l’avenir de la diffusion discount ultra bas de gamme. Vos clients piochent chez vous les saloperies dont ils ont besoin pour meubler un texte que plus personne ne lit.
    Je ne vais pas détailler les arguments de votre texte, histoire de ne pas vous rendre plus performant la prochaine fois, mais pour certains c’est vraiment risible. Votre comparaison avec la musique est une des choses les plus débiles que je n’ai jamais lu. En effet il me semble évident qu’avant le numérique, les chanteurs ne vendaient qu’un seul est unique exemplaire de leur disque à un seul est unique client privé pour reprendre votre comparaison ! haha
    Bon il est évident que le numérique a révolutionné le monde de l’image, et en effet c’est un tres grand bien pour tout le monde. Mais utiliser votre machinerie discount pour vendre mes images, non vraiment JAMAIS ! Je respecte trop mon travail et mes clients pour leur faire subir cela ! Moi quand je vends une seul fois une image, je vie pendant beaucoup plus longtemps que si j’en vendais 2500 chez vous… haha.
    L’equation me semble clair.. Je ne vois pas pourquoi je devrais vous engraisser et dévaluer mon travail au passage.
    Le marché que vous défendez n’est que le reflet d’une société qui perd ces repères et ces valeurs. Vous n’existez que grace à l’effet de mode autour de la photo numérique qui touche le grand publique. Lorsque celui-ci se lassera votre base se dégonflera comme un ballon percé.

  7. « Les forçats du cybermonde » montrait très bien que même une certaine photo d’illustration voyait son modèle économique en pleine destruction.
    Le photojournalisme, malgré tout ce que l’on entend à Perpignan à longueur de festival, n’est pas mort, il est en mutation.
    Pour preuve des revues comme 6 Mois ou Xxi qui fonctionnent peu ou prou malgré leur format très décalé, et qui commence à séduire au-delà du cercle des bobos parisiens ou de province.
    Il faut s’adapter, et dans le même temps tenter en corporation de maintenir certaines règles de concurrence.
    Mais faire bosser conjointement des photographes sur un projet qui ne consiste pas à faire des photos….

  8. J’ai bien lu ce billet écrit par une pro de la communication et je dirais une pro du Publi-Communiqué.On vous enfume afin de ne pas se faire piquer… technique d’apiculteur bien connue … et qui marche d’ailleurs.
    Le micro-stock n’a pas tué la photo d’illustration ? Ha bon ? C’est marrant, même mes potes iconographes le reconnaissant et ce sont EUX les principaux utilisateurs de ces micro-stocks…
    Petit rappel comptable pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents :
    Une photo vendue par ex 500 fois à 0,14 Euros par l’agence fotomescoui***.com , ça nous fait : 70 Euros brut. 50 % pour le photographe = 35 Euros brut. Moins les charges basiques, aller, en gros 9% = 31,85 Euros la photo. Sachant, et elle oublie bien d’en parler, que les photographes ne sont payés qu’à partir d’un certain seuil plancher… Avec 31 Euros, une photos téléchargée 500 fois dans le mois (déjà faut y aller) bref, le gars sera payé QUAND ? Sera-t-il payé un jour ????
    J’ai des clients qui m’ont avouer avoir des photos en micro-stock chez fotomescoui**.com (j’me comprends) et une personne m’a avoué avoir gagné… 112 Euros en … 2 ans et demi… avec des milliers d’images téléchargées (il est en retraite)…
    Reprenez les anciennes grilles tarifaires Agences des années 95 à 2000 et remettez en perspective : les comptes n’y sont pas. Reprenez vos relevés d’agences, les comptes n’y sont pas….
    Elle est gentille, mais vous a enfumés !

  9. Est-ce qu’il est possible à « Pomme » et « Chris » de nous dire à qui ils vendent leur photos d’illustration et à quel tarif ? Je voudrais aussi avoir un lien qui me permette de me faire une idée de la qualité de leur travail afin de vérifier que leurs images sont bien au-dessus de la « merde » des microstock.
    C’est tout à fait intéressé car je suis en permanence à la recherche d’illustrations pour des sujets très chiants à réaliser. Et en désespoir de cause je me tourne vers les microstock (à 15 ou 20 euros la photo) quand ce n’est pas à L’AFP ou chez Getty (minimum 500 euros la photo). Au passage, je remarque que sans contrat d’exclusivité, un photographe peu placer ses images dans plusieurs microstock. L’acheteur qui est radin ou bon gestionnaire (ça dépend de quel côté on se place) ira chercher la même image sur plusieurs sites pour voir ou elle est la moins chère. Pour le photographe c’est un moyen de multiplier ses chances d’être vendu.
    D’autre part on a l’air de laisser penser qu’un professionnel ne doit se cantonner qu’a une seule source de revenu : le microstock. C’est ridicule. Les photographes ont un stock, le leur, qu’ils valorisent comme ils le veulent en le plaçant dans les nombreux modes de diffusion qui existe aujourd’hui. Ils peuvent faire, si ça leur chante du porte à porte, avec leur book ! Mais il faut être sérieux, on ne vit pas ou peu en vendant de la photo d’illustration ou alors il faut en avoir 10000 en stock.
    Je doute très fortement que le microstock soit une mode… j’ai bien peur que cela ne devienne la norme pour une autre raison qui, elle, me parait très grave. Les éditeurs nous bassinent sans cesse avec le sacro-saint « droit à l’image » dont ils voient partout le risque de procès. On nous impose donc maintenant d’obtenir des autorisations signées dès que l’on voit quelqu’un de face sur une photo. Cette demande exigée à tord et à travers est ma première cause d’utilisation des microstock. Il m’est matériellement impossible à une semaine d’un bouclage d’organiser un shooting sur la dépendance ou l’aide à domicile par exemple. Donc microstock. Mais, j’achèterais aussi bien à un freelance à un autre tarif. Même beaucoup plus cher. Quand j’achète au collectif Fédéphoto, c’est au photographe que je m’adresse directement. Et il est toujours beaucoup moins cher que l’AFP ou Getty. Mais comment je fais pour savoir qui a quoi dans son stock en matière d’illustration générale ?… De ce point de vue les photographes on beaucoup d’effort à faire en promotion de leur travail.
    Nous ne sommes plus dans l’Eldorado de la photo. Ceux qui l’on connu ont bien de la chance mais ce temps là est révolu. Il faut se faire une raison et trouver les moyens de maintenir ses revenus en sortant les doigts du C** et étant moins gourmand qu’à l’âge de l’Eldorado. Et puisqu’on peut se permettre des comparaisons à la con, j’en ose une : mon médecin généraliste doit faire 25 consultations par jour pour avoir le revenu journaliers des photographes qui travaillent avec moi.

  10. abachell, les iconos qui veulent mes photos les trouvent sur mon site internet pour ceux qui ne me connaissent pas et les autres, ceux qui me connaissent depuis plus de 15 ans, ben, ils ont mon téléphone et m’appellent !
    Pour info, je ne fais pas dans le microstock, mais mes images sont diffusées à l’international par des agences, disons, de grandes agences.
    Je ne photographie pas de jolie blonde avec son portable à la terrasse d’un café ou un cadre sup en cravate avec son attaché case, ni de famille improbable en train de courir les cheveux dans le vent sur une plage que l’on ne reconnait pas…
    JE prends de vrais photos. Des documents quoi.
    Et avec des mots clés, ben si tu en as besoin, Google est ton ami et tu atterriras directement sur mon site ou celui d’une de mes agences en France, ou à ailleurs dans le monde.

  11. @chris
    si comme tu le pretends tu connais bien les iconos tu sauras que lors d’un bouclage ou d’un changement de dernière minute ils ne vont pas s’amuser (et pas par mépris mais par manque de temps) à aller fouiner dans google avec des mots clés pour tomber sur tes trésors et soutenir les « vraies photos » !!
    Je partage complètement l’avis d’abachell sur le manque d’organisation des indépendants (j’en suis un) à ce niveau…

  12. Chris est un des meilleurs photographes professionnels animaliers français, je pense qu’il a pas trop de mal à se faire publier… :) (d’autant qu’il a une belle collection d’espèces rares vraiment pas facile à photographier, rah je suis jaloux ;))
    Quand à moi, je bosse uniquement à la commande pour la photographie industrielle, politique et publicitaire (entreprises, agence de com…) Cela me fait vivre correctement, et finance mon activité de photographe animalier (voyages, matos,..) qui elle demeure plus un hobby qu’un métier pour l’instant.

  13. « mikka », je prétends que dalle. J’ai plus l’âge de prétendre quoi que ce soit tu sais !
    Mais sache que que je ne travaille quasiment plus en direct avec la presse magazine française. J’ai pas que ça à foutre à envoyer des photos à la dernière minute pour être payé des clopinettes. C’est aussi la raison pour laquelle mes photos sont en agences. Chacun son boulot.
    Merci « Pomme » ! Quand tu veux tu viens avec moi ! en mars, les gorilles, ça te tente ? :)

  14. j’ajoute, pour nuancer juste un peu les propos de « Pomme », que tout le monde a du mal à publier, y compris les gens très connus à l’international. Et que tout le monde râle pour les tarifs.
    La notoriété n’y change rien quelque soit le niveau de celle-ci d’ailleurs.

  15. @chris
    ben si tu pretends! Et pas qu’un peu. Même si de travers..
    « les iconos qui veulent mes photos les trouvent sur mon site internet pour ceux qui ne me connaissent pas et les autres, ceux qui me connaissent depuis plus de 15 ans, ben, ils ont mon téléphone et m’appellent !  »
    « je ne travaille quasiment plus en direct avec la presse magazine française. J’ai pas que ça à foutre à envoyer des photos à la dernière minute pour être payé des clopinettes. »
    Effectivement, si tu dis tout et son contraire 1h après, on va pas aller loin avec tes interventions, qui ne voient que de ta fenetre (animalière si j’ai pigé) par ailleurs…
    Sinon, on attend tirs les réponses à abachell…
    « Est-ce qu’il est possible à « Pomme » et « Chris » de nous dire à qui ils vendent leur photos d’illustration et à quel tarif ? Je voudrais aussi avoir un lien qui me permette de me faire une idée de la qualité de leur travail afin de vérifier que leurs images sont bien au-dessus de la « merde » des microstock.  »

  16. Mikka, tu veux pas non plus le listing de mes clients, leur mails, téléphone, les tarifs, mes mensurations ???
    Le fait de ne plus bcp travailler avec la presse française ne veut pas dire plus du tout… j’ai toujours des clients privilégiés… et qui m’appellent…
    Ton obstination finira bien par me trouver sur internet…

  17. euh désolé..mais vraiment j’ai autre chose à faire , et à te lire j’en sais bien assez…
    Et bonne chasse au gorille hein!
    :-)

  18. J’ai tenté de lire ce texte plutôt indigeste, tout d’abord de front, puis en diagonal, et finalement je ne suis pas aller au bout… Je reprendrais donc la lecture quand j’en aurai le temps…
    Juste un mot avant de pouvoir m’exprimer en pleine connaissance du texte :
    On veux nous faire croire que pour sauver la photographie, il faut l’industrialiser.
    Or, la photographie est un Art, et ce n’est pas parce que l’outils qui va permettre de façonner une Œuvre change, s’améliore et devient accessible financièrement, que l’émotion que l’auteur met dans son œuvre sera différente.
    On ne peux pas industrialiser la photographie, parce que c’est un Art et que chaque Artiste à son talent propre. On ne fait pas des photos, mais de la Photographie !

  19. Clovis, je ne crois pas qu’il soit question – dans cette « réflexion » – de sauver ou non la photographie. J’ai plutôt compris cette « réflexion » comme le constat du fait que des pseudo-photographes amateurs sont venus, en matière de photo iconographique, marcher sur les plate-bandes de photographes dits « pros » (ce n’est pas péjoratif). Pour le moment, il leur reste la plupart des autres domaines de la photo.
    L’arrivée d’un nouvel acteur qui casse les prix (et travaille généralement mal) dans son propre domaine d’activité où l’on s’efforce de bien faire son travail n’a jamais fait plaisir. Mais tant que ce travail à moindre prix (et souvent à moindre qualité) trouvera preneur, il est « logique » qu’il se développe. C’est ça de vivre tous ensemble ;-) Ceux à qui ça ne plaît pas et qui le peuvent, ont généralement tendance à s’éloigner de la masse (sans doute comme Chris qui a des clients ailleurs et a préféré vivre loin de la presse française et des microstock).

  20. Bapt, les autres domaines de la photo sont en forme actuellement ???
    Sinon je suis d’accord avec le reste de ce que tu dis, mais dire que les autres domaines de la photo s’en sortent, c’est quand même bizarre, ou de la méconnaissance, ou irresponsable, ou mensonger.
    Il y a (et encore heureux !) des professionnels qui travaillent, mais les conditions sont dures dans beaucoup de domaines de la photo.

  21. Suis d’accord sur certains points avec Clovis, pourtant, JAMAIS, JAMAIS je ne me suis considéré comme un artiste, mais alors là, JAMAIS. Mes sensations sur le terrain n’ont rien à voir avec l’art, c’est du pure témoignage puisque mon métier consiste à montrer aux gens ce qu’ils ne verront probablement jamais de leurs propres yeux, j’appartiens donc de coeur à la grande famille de l’information, du journalisme si vous voulez, MAIS, en même temps, je me suis retiré de cette branche qui s’est auto-pourrie.
    Je continue à faire ce que je sais faire de mieux, essayer de montrer des choses que très peu de gens ont la chance de voir, et surtout, les partager, les diffuser. Diffuser la connaissance, l’instant t, surtout s’il est unique et magique, ce n’est pas de l’art.
    Après, il faut le média pour diffuser, et c’est là où ça se gâte…
    Je viens juste d’avoir un appel d’un ami de longue date, un collègue si vous voulez, dont la réputation en Europe n’est plus à faire, et bien mon ami voudrait qu’on se voit car il doit jeter l’éponge avec son affaire (il est dans l’édition de beaux livres entre autres) et il voudrait qu’on fasse de nouvelles choses ensemble dans un autre domaine où on travaille tous les deux d’ailleurs. l’Edition de livre, c’est mort……
    Bref, vous l’avez compris, encore un exemple de la mutation de notre société qui n’en a rien à foutre des sensations que l’on a eu durant des décennies, des siècles même, à feuilleter des beaux livres et sentir l’odeur du papier frais et de l’encre qui vous transportait aux quatre coins du monde…
    Maintenant, on télécharge ses émotions sur sa tablette qui, elle ne sent rien et sera obsolète dans moins de 2 ans.

  22. @Myriam : Non, non, je n’ai jamais dit que les autres domaines de la photo se portaient bien, d’ailleurs je n’y connais rien. Je voulais juste dire que la dame de istock parle de la photo d’illustration et pas des autres domaines de la photo.

  23. La difficulté, pour les « pros », vient surtout du fait que dans les photographes amateurs il y ait, justement, beaucoup… d’amateurs (= qui aiment) ! ; en compétition avec des professionnels fatigués qui « n’aiment plus », n’ont plus la passion de jadis, ont perdu la « niaque ». C’est donc normal que quantité de pros qui le sont de moins en moins, se fassent tâcler par des amateurs qui d’un certain côté se professionnalisent de plus en plus… Les pros qui restent dans le « haut du panier » continuent toujours à tirer leur épingle du jeu car ils sont vraiment excellents. Pour les autres c’est vrai que c’est très dur…

  24. ok Bapt, j’ai du lire trop vite.
    C’est cette phrase là que j’ai mal pris:
    « Pour le moment, il leur reste la plupart des autres domaines de la photo. »
    Avoue que c’est ambigüe.
    Mais on est d’accord au final apparemment.
    Par contre NLR je crois que c’est aussi dur pour le haut du panier que pour le bas, simplement le haut s’accroche coute que coute. Et ils sont prêts à la remise en question, à la reconversion, à l’adaptation, à l’innovation, à tout ce que vous voulez.
    C’est la différence entre le haut et le bas justement, mais la difficulté elle est bien là.
    Sur l’art ou pas l’art, je comprends très bien ton point de vue Chris, mais il est possible aussi de se sentir artiste, en étant photographe.
    Cette notion d’instant, elle peut oui être utilisé par un artiste.
    Je me demande si c’est pas ça aussi qui crée tant d’incompréhension sur ce métier: il est très divers et pluriel. Pas facile à saisir pour « les autres  » (pas les « vrais » donc;-)) et pas facile non plus pour les « vrais » d’ailleurs.
    Il y a des auteurs, des artistes, des artisans, des journalistes, ça en fait du monde !

  25. Mouais, il y aussi du vrai dans ce communiqué. C’est sur ca va pas plaire à tout le monde, mais il est vrai qu’un pro talentueux, n’a pas forcément de raisons d’avoir peur d’un amateur… Sinon il y a un problème. Si son business est touché par cette concurrence grandissante, soit il doit se perfectionner, donc modifier sa façon de travailler voire son business modèle. Bref évoluer.

  26. Merwen, le talent n’a pas grand chose à voir avec l’effondrement du système sur lui-même. Ce sont les journaux qui sont aux mains des financiers qui font appel à des amateurs (talentueux s’il en est) pour leur fournir des images (bonnes) à moindre coût, l’amateur étant prêt à tout, y compris à la gratuité pour avoir son nom dans le journal.
    Pour fixer les idées, entre une excellente ou exceptionnelle image d’un Major du National Geographic et une image qui lui ressemble de loin, mais prise par M. Dupond ou M. Dupont, payée a 10, voire 5 % du prix, ben le journal n’hésite pas une seconde. Rien à foutre de la qualité. Résultats financiers, point barre.

  27. Completement de ton avis Chris.
    En industriel, c’est pareil, en ce moment y’a un mec chez moi, qui casse le marché. Il bosse pour 200€ la journée droit compris ILLIMITES. C’est vraiment vraiment pas cher. J’ai 2 clients qui l’ont essayés … Ils ont été cash avec moi, le mec bosse mal, les photos sont pas top, mais ils le reprendront lorsque la qualité n’a pas d’importance, et qu’ils n’ont pas besoin de service.
    Bon ca m’a fait chier sur le coup, mais depuis, ils ont eu des problèmes avec lui, le service est néant, il transmet les images 1 semaine plus tard (haha) en basse def, et il faut le recontacter pour chaque besoin sur la même image. Je me suis fait également plaisir en leur expliquant que « droits illimité » dans la cession ne voulait absolument rien dire et frisait l’illégalité.
    Sympa sinon ta proposition pour le Rwanda, faut que je vois ce que je fais en mars… j’avais prévu le Costa Rica en fevrier..

  28. Pomme, contacte moi directement via mon site… mais fais vite, J’ai déjà les premières inscriptions qui arrivent et j’ai fait le mailing … hier seulement… je t’enverrai directement le programme et tarif en PDF…. Mais en tout cas, c’est un voyage exceptionnel, personne propose ça en France dans ces conditions.
    Sorry JF pour le squat ! :) je passe te voir demain au salon…

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