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Mouvement de Boycott du concours Terre Sauvage

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MAJ : Le règlement du concours a été modifié depuis. Mais il semble à la lecture de l’article 7, que rien n’ai changé sur le fond (je n’ai pas comparé l’ancienne et la nouvelle version)…

Voilà un petit moment que j’avais prévu d’en parler (merci pour vos nombreux mails insistants) : un mouvement de Boycott  d’un concours photo Terre Sauvage fait un Buzz énorme sur le net actuellement (page introuvable, voici donc le cache google). Une recherche sur Google permet d’en prendre la mesure. Relire à ce propos notre article « best seller » du moment : Arnaques pour amateurs naïfs : les concours photo.

Le Groupe Bayard éditeur de Terre Sauvage (avec lequel j’ai souvent collaboré à une autre époque), se fait régulièrement épingler… Lire cet article de l’Humanité : Ne dites pas que vous êtes journaliste, le groupe Bayard ne le supporte pas : « Une fois de plus, le groupe Bayard se situe à la pointe de la déréglementation sociale ».

A lire également cette page trouvée sur le site de l’UPP, qui publie le contrat commenté : Contrat_milan (mmmh, un délice)… Quelle contre pub !

En attendant, voici le texte de l’appel au Boycott et un lien vers cette page ou vous lirez les réponses du rédacteur en chef du mensuel. On se tiendra au courant de l’évolution du dossier, n’hésitez pas à apporter vos informations en commentaires.

 » Chers amis, collègues photographes, 

Alors que Terre Sauvage nous avait habitué aux clauses pour le moins abusives de son concours photo amateur, et sans doute encouragé par des réactions de mécontentement finalement insuffisantes de notre part, le magazine remet le couvert et organise cette fois une nouvelle mouture de son concours photo, incluant désormais des catégories « Reportages » sous forme de séries d’images allant de  6 à 12 photos, en plus des catégories « classiques » à photo unique.

Non content de « préserver » la liberté d’usage des photos nominées au groupe de presse Bayard, les clauses s’ouvrent plus encore cette année, puisque c’est l’ensemble des partenaires au concours (parmi lesquels l’UICN, le GDT, l’association Natureparif, mais aussi l’ONF ou encore l’éditeur Delachaux et Niestlé !) qui pourra bénéficier gracieusement des droits sur les images et vidéos nominées dans le concours !

Ainsi, pour chaque catégorie, 30 séries seront nominées… Mais seulement 3 primées ! Étant donné que les participants s’engagent à céder leurs droits pour toute série nominée, un petit calcul nous donne le nombre de photos accaparées par le concours :

  • Catégorie reportage : 5 catégories, 30 nominés, seulement 3 primés par catégorie et 27 pigeonnés par catégorie, soit le modique total de 1200 à 1500 photos pour l’ensemble des reportages !!!
  • Catégories photo individuelles : 90 photos concernées

Parmi des clauses habituelles et connues du magazine (ce qui lui permettra de « monter » des articles entièrement illustrés sans coût supplémentaire grâce aux séries « Reportages »), Terre Sauvage rajoute cette fois l’utilisation possible des photos pour l’ensemble des usages multimédias connus à ce jour :


télévision, web, supports multimédias de tous types, et surtout tablettes graphiques et autres supports numériques modernes (iPad, iPhone, Smartphones…) et ce, pour l’ensemble des partenaires au concours !

Il ne fait aucun doute que l’organisation de ce genre d’événement vise clairement à alimenter à faible coût la photothèque du groupe Bayard Nature, en s’appropriant les images des participants à bon compte, une fois de plus au mépris des photographes et de leur profession.

Comble de l’ironie : la participation au concours est payante !

C’est pourquoi nous demandons la suppression pure et simple de ces clauses abusives et inadmissibles, et ce sans négociation possible. Dans l’attente de cette suppression, nous appelons dès à présent au boycott du magazine Terre Sauvage et à relayer ce boycott sur les réseaux sociaux, blogs et forums consacrés à nos passions communes !

Le règlement complet du concours :

http://www.natureimagesawards.com/le-reglement et notamment les points 7.1 et 7.2 du règlement.

Détail du calcul déterminant le nombre d’images que s’appropriera à minima le groupe Bayard Nature :

  • Catégorie A: 10 à 12 photos par sujet soit 300 à 360 photos obtenues !
  • Catégorie B: 10 à 12 photos par sujet soit 300 à 360 photos obtenues !
  • Catégorie C : 6 à 8 photos par sujet soit 180 à 240 photos obtenues !
  • Catégorie D : 6 à 8 photos par sujet soit 180 à 240 photos obtenues !
  • Catégorie E : 8 à 10 photos par sujet soit 240 à 300 photos obtenues !
  • Catégories F à H : 1 photo par catégorie, 30 nominés, 3 primés, soit 90 photos.
  • Catéogie I : 1 vidéo de 3 minutes, 30 nominés, 3 primés soit jusqu’à 90 minutes de vidéo gratuites pour le groupe de presse !
  • Catégories photo classiques : 3 catégories, 30 nominés, seulement 3 primés par catégorie et 27 pigeonnés par catégorie !

 

 

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20 commentaires

  1. Il ya également une polémique sur le contrat qui lie les photographes au groupe en les obligeant à passer par SIPA.

  2. Excusez-moi mais je m’en fiche un peu des problèmes des amateurs, les pros ont déjà du mal alors si maintenant on doit s’occuper des problèmes de mecs qui font des photos (souvent très belles, au demeurant) pour le plaisir on ne va pas s’en sortir.
    Le seul truc qui me dérange c’est pourquoi passer par Sipa, sinon, le contrat ne me choque pas car il est destiné à des amateurs, par définition des gens qui pratiquent la photo en dilettante et qui ont un métier différent ou des retraités.
    Je ne vois pas pourquoi ils devraient en tirer un bénéfice autre que les lots proposés s’ils décrochent un prix.
    Personne ne les oblige à participer !!!
    Dans ce cas là, pourquoi ne pas rémunérer les gamins qui envoient leurs dessins à la télé ???
    On se trompe de combat, le problème c’est Getty, Fotolia et tous les autres fripiers de la photo!!!

  3. A Bernzini
    Bel état d’esprit, bel élan de solidarité !
    Je ne suis pas photographe pro, je suis juste un de ces mecs qui font des photos pour le plaisir … comme toi non ?! Sauf que toi tu en vis ou essaie d’en vivre. Ôtes moi d’un doute : pro ou amateur, on a tous la même passion ? Je suis perso solidaire des pros, donc de toi, même si te concernant l’inverse n’est pas vrai !
    A propos du concours, si Terre Sauvage recupere gratis des milliers de photos, ce sont autant de photos que les pros ne pourront pas vendre a ce magasine, donc un sacré manque a gagner pour toi! Suffit de réfléchir un peu ….

  4. « personne ne les oblige à participer »… non, comme personne n’oblige vraiment une personne disont âgée à acheter à un camelot un énième objet inutile à 20.000 euros… C’est juste de l’abut de crédulité, de l’abus de confiance et de l’exploitation !
    Qu’un concours ait lieu, organisé par un club photo, avec pour seul objectif de satisfaire le plaisir visuel des visiteurs et le plaisir d’être vu des photographes : super !! Continuez !
    Qu’une société à but commercial exploite gratuitement le fruit du travail d’autrui sans aucune contrepartie : c’est du vol !
    Si X peut gagner de l’argent grâce au travail de Y, il est normal, évident que X paie Y !!!!! Sinon je pense qu’il faudrait que les entreprises arrêtent de payer les intérimaires, après tout ces derniers sont bien contents de pouvoir travailler alors pourquoi les payer !?!
    TOUT TRAVAIL MERITE SALAIRE.

  5. M’est d’avis qu’il n’est nullement question de salaire ou de rémunération. Il est question du simple respect de la loi régissant le droit d’auteur… valable pour qui que ce soit… pro ou amateur.
    Je m’étonne d’ailleurs que ce genre de clauses illégales (qui sont devenues communes à 99% des concours et sites web) puissent « sévir » en toute impunité sans guère de réactions d’entités supposées défendre les droits de cette profession.

  6. C’est hallucinant de voir la situation se dégrader d’année en année pour ceux qui voudraient ou qui vivent de la photo. Et la réaction de bernzini se passe de commentaire (c’est d’ailleurs le seul à ne pas mettre de lien vers son site, belle preuve de courage)
    On demande à des professionnels reconnus de se déplacer gratos à des événements où tout le monde sera payé sauf eux, ou encore d’aligner leurs tarifs sur ceux d’amateurs travaillant sans soucis de rentabilité.
    Et là, nouvelle innovation, un groupe de presse qui va récupérer les photos de ses prochains sujets, non seulement sans payer un centime aux photographes, mais en plus en leur demandant de rembourser les frais de l’opération. Génial ! C’est plus à un dîner, mais à un festival qu’ils participent les cons…

  7. Tiens je viens de m’apercevoir que j’avais lu « mouvement de coyotes »
    Je commence à avoir une vision comment dire … sauvage de ce problème.

  8. Pour moi la seule problématique c’est de s’accaparer un travail de « pro » à vil prix et de faire de GROS bénéfs sur la revente, c’est du travail qui ne sera JAMAIS acheté aux pro.
    Attendez qques mois et on aura des « chinois » dans des arrières boutiques lugubres ou dans le coffre du gros 4×4 BM qui vont arrivés sur le marché comme pour le textile….

  9. Incroyable le buzz que fait cette histoire !
    j’ai l’impression que les gens qui sont aux manettes chez Terre Sauvage ne réalisent pas ce qui est en train de se passer.
    De mon côté, promis, je n’achèterai plus jamais ce canard…

  10. Le vainqueur de ce concours de pigeonnage va être la risée du monde de l’image.
    Il me tarde vraiment de découvrir ce François Pignon ;o)))

  11. Je n’ai pas à être solidaire d’amateurs qui participent à un concours de photo.
    Je ne vois pas comment on peut comparer une passion ou un hobby avec un travail qui effectivement mérite salaire.
    Vous croyez vraiment que ces amateurs qui seraient éventuellement payés en droits d’auteur iraient reverser leur obole à l’AGESSA, quelle blague, ils ne savent même pas que ça existe !!!
    Et enfin, les magazines n’ont plus d’argent pour les photos; érosion des ventes = moins de publicités = moins d’argent = ce sont les fournisseurs qui prennent dans la figure en premier.
    Il y en a beaucoup ici qui parlent sans savoir quelles sont les problématiques de la presse d’aujourd’hui.
    Terre Sauvage est à 50000 ex vendus et -18,5 % en baisse par rapport à l’année 2009.
    Attendez la fin de l’année, je parie à la baisse.
    Cher Mr Régis, s’il te plait ne me parle de solidarité quand 75% des photographes qui mettent leurs images chez Fotolia ou d’autres micro-stocks sont des amateurs qui se pignolent dans les dîners entre amis quand ils ont une parution dans un magazine ou un bouquin.
    Le seul truc qu’ils ne mentionnent pas c’est le prix : c’est sûr, 10 centimes d’Euros ça se passe de commentaires !!!
    Dernière chose, la photo n’est pas une passion pour moi, par contre en tant que photographe mon métier me passionne.
    Je ne peux que vous encourager dans vos vies professionnelles pour certain et vos passions pour les autres…

  12. Effectivement, rien n’a changé, l’article 7 précise toujours que ce concours est un moyen pour Terre sauvage de récupérer du contenu gratuit (en plus d’engranger des frais de participation de 15 € par candidat pigeon)…

  13. Mouais ils ont pas trop compris je crois…Ou alors c’est du déni…Les propos du directeur de la photographie sont vraiment risible. Le mec scie la branche sur laquelle il est assis pour protéger son emploi pour qq mois. Rien de plus humain, mais vraiment pathétique.
    J’ai acheté une seule fois ce canard l’année dernière pour la 1ere fois. Le numéro parlait de materiel photo pour faire de l’animalier, préconisant le 1DIV et le 3Ds avec un 400 2.8 et un 500 4 pour commencer (lol).
    J’ai trouvé le contenu tellement nul (surtout des illustrations et des reportages), que je m’étais déjà juré de ne plus l’acheter, maintenant je le dis en plus autour de moi à qui veut bien l’entendre.
    Je comprends aussi Bernzini, même si je pense que ça vision du problème est un peu trop restrictive. Le problème est bien plus important que fotocaca et consort..
    L’état si interventionniste pour sauver vivendi universal avec l’argent publique, est aussi responsable du non respect du droit d’auteurs photographique, car il ne fait tout simplement rien pour faire appliquer la loi…Cela me scandalise.
    Editer du contenu de qualité à un cout, comme toute production de qualité.
    L’autre problème qui me vient à l’esprit, c’est que la conjoncture actuelle ne permet plus à des jeunes de se lancer, et d’en vivre. C’est bien triste. Ou alors ils vivent sous perfusion financière de papa et maman pendant très longtemps, avant de renoncer.
    Ce qui est certain, c’est que le mec qui va gagner le concours, ne va pas se faire des amis dans le milieu, et quelque part, le réseau et l’épaisseur du carnet d’adresse, conditionne la réussite dans notre métier… dommage pour lui.

  14. @bernzini
    êtes-vous sûr de connaître le système des Agessa ? Justement pour un particulier les droits sont pré-comptés et versés directement par le diffuseur (enfin s’il fait son travail) venant au passage abonder les caisses de l’Agessa pour le bénéfice des professionnels puisque les amateurs n’en bénéficient pas (sécu etc)
    C’est justement en interdisant dans un contexte commercial (magazine, pub, actu etc) un traitement différencié entre photographe pro et amateur que l’on arrêtera ce genre de pratique. Le choix se ferait alors sur la qualité des photos et non sur la moins chère possible cad (quasi) gratuite ce qui permettrait aux professionnels de reprendre leurs avantages (régularité dans la qualité de la production, disponibilité etc).
    Encore une fois toutes les lois nécessaires existent mais les pouvoirs publics sont totalement absents pr les faire appliquer

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