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La photo décryptée : marché à Phnom Penh au 24 mm

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Chaque mois dans le mensuel Déclic Photo, je décrypte pour vous une de mes photos et vous livre l’histoire de de sa fabrication… Sans oublier d’évoquer le contexte, « la petite histoire de l’image ». De temps à autre je vous proposerais  sur cette page une de ces images, parues dans un précédent numéro.

Actuellement en kiosque le numéro 65 de Déclic Photo, dans lequel vous retrouvez une autre photo décryptée.  

 


Ou, quand, comment, pourquoi

Alors que nous nous baladions dans les petites rues bordant le fleuve Mékong, c’est un orage sur Phnom Penh, qui nous obligea à nous réfugier dans ce marché couvert… Assis sur de petits tabourets de plastiques, nous nous apprêtions à déguster une soupe de crevette très parfumée et pas mal épicée ( ! ), lorsque j’ai remarqué cette vendeuse en train de consulter un album photo avec une voisine. L’album était plein de souvenirs de famille, de mariages, des parents exilés à l’autre bout du pays, ou disparus à l’époque des Kmers rouges. Au Cambodge les albums photos sont plus précieux qu’ailleurs, chargés d’émotions à cause de l’histoire.

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La planche contact

Dans cette série du marché au 14 et au 24 mm, cette photo est la seule qui sorte du lot grâce à un rayon de lumière tombé par chance d’un trou dans le toit. Ailleurs, la lumière était terne et le sujet peu spectaculaire… Le piqué et la luminosité d’un 14 mm ont contribué à sauver la situation. En voyage un grand angle fixe permet de gagner en qualité par rapport à un zoom grand angle. D’ailleurs, on peut se passer bien plus facilement d’un zoom grand angle, que d’un zoom télé… Car au grand angle, il suffit de se reculer de deux pas pour changer radicalement de cadrage.

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Le secret de fabrication

Après avoir photographié cette scène de loin au 24-105 mm (sans grand succès), j’ai voulu passer au grand angle pour mieux « situer » les personnages dans cet environnement haut en couleur. Un véritable capharnaüm tel que l’on en trouve que sur les marchés locaux d’Asie… Sur l’EOS 5D Mk2 (full frame), j’ai donc monté un des plus fabuleux objectifs proposés par Canon, le EF14 mm f/2.8 L II. Ce grand angle ne déforme pas les perspectives contrairement à un 15 mm fisheye. Il reste discret (c’est appréciable ici), léger et compact, ce qui me permet de l’emporter même lorsque je ne pars qu’avec un petit sac.

 


Les réglages de l’appareil

Même avec les objectifs professionnels ouvrant à f/2.8 (sensés rester excellents à toutes les valeurs), j’évite la plus grande ouverture autant que possible (sauf en portrait). Par faible luminosité, je préfère donc monter légèrement en sensibilité, ce qui est de plus en plus facile au fur et à mesure que les capteurs progressent. Ici les 400 ISO du Full frame n’ont généré aucun bruit dans les ombres, même après avoir « débouchée » fortement l’image… Cette ouverture raisonnable de f/4 m’a permis de sécuriser la mise au point sur toute la profondeur de l’étale (un peu plus de profondeur de champs qu’à f/2.8). J’ai ’échappé aussi à toute traces d’aberration chromatique… 

 

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19 commentaires

  1. Tout a fait passionnant. Je l’avais lu dans le numero de septembre et suis très heureux de le relire ici.
    Quel 14 mm moins cher recommanderais-tu ? Il en existait un chez Sigma mais apparement il n’est plus disponible. Quelqu’un en saurait davantage à ce propos ?

  2. Merci…
    J’ai quelques doutes quand à la qualité du Samyang… Mais pourquoi pas dans certains cas ? Il faudrait l’essayer.
    Par contre j’ai adopté avec délice le petit 20 mm de Voigtander (pancake) qui me permet de voyager léger.
    Certes, pas aussi beau, ni aussi extrême que le 14 Canon, mais pour 409 € TTC, il serait dommage de s’en priver !

  3. « Dans ces cas là, c’est le curseur « Masquage » de Lightroom qui vient à la rescousse. Il permet de « protéger » les zones lisses qui ne seront pas accentuées. Pour visualiser le masque, appuyant la touche alt de la main gauche pendant que vous manipulez le curseur. »
    Merci JF, je viens de découvrir la fonctionnalité de la touche Alt !! Je n’ai jamais utilisé l’outil « masquage » mais j’ai l’impression qu’on ne peut pas contrôler la ou les zones à masquer… Me trompe-je ?

  4. « Sensibilité : 400 ISO, j’évite généralement la sensibilité auto, du moins chez Canon. »
    Achete toi un Nikon Jean Francois, tu te mets en Iso auto sur une plage prédéfini et tu sélectionnes une vitesse mini d’obturation …., donc tu peux shooter en mode Av sans problème en contrôlant ton ouverture et en sachant que de toute façon, tu seras bon avec une vitesse d’obturation suffisante ….., Cette simple petite fonction fait que Nikon est vraiment idéal pour de la photo de reportage ou les conditions de lumières changent en permanence ….
    J’ai pas encore compris pourquoi Canon ne l’a jamais implémenté avec cette notion de vitesse minimum, pour moi, c’est ce qui fait toute la différence entre Nikon et Canon pour ce type de photos ….

  5. Salut Philippe !
    Rassures-toi, il est possible de travailler confortablement sans Sensibilité ISO Auto (quelque chose qui de toutes façons, n’existait pas avant les années 2002 ou 2003). DOnc on sait s’en passer sans soucis.
    Mais la sensibilité ISO Auto est pratique en vidéo je trouve : Je me mets en mode Manuel (de façon à choisir précisément la vitesse et la prof de champs) et c’est la sensibilité ISO Auto qui fait l’expo…
    La fonction de la limitation de sensibilité Maxi (qui manquait jusqu’alors), a récemment été ajoutée sur les Canon ! Il a fallu le temps… mais voilà c’est enfin fait !
    La raison pour laquelle ils ne l’avaient pas fait avant ? Peut-être car il existait cette fonction optionnelles exclusive à Canon, nommée « Décalage de sécurité ». Si l’APN détecte que votre sensibilité est trop basse (ou le choix de vitesse en Priorité vitesse, oiu l’ouverture en Priorité ouverture), il décale l’exposition automatiquement pour éviter la sur ou sous exposition.

  6. Pour répondre à « m. je sais tout », voilà ce que j’ai pu constater au fil des années :
    – Quand t’est au 20 mm et que tu veux cadrer 20% plus large : tu recule de quelques pas…
    – Quand t’est au 200 mm et que tu veux cadrer 20% plus large : tu dois reculer de plusieurs mètres (et parfois c’est pas possible).
    Moralité : on peut toujours s’en sortir avec un grand angle fixe (de préférence à un zoom grand angle).
    Par contre : un 200 mm fixe, c’est beaucoup plus difficile à utiliser qu’un 70-200 mm, que je considère comme irremplaçable !

  7. JFV – le seul truc que je reproche à cette image c’est justement son côté fermé , je serais curieux de la voir sans cette manip . Ceci étant dit , j’apprécie toujours autant ton site et ta disponibilité à nous communiquer ton quotidien de photographe , y’en a pas beaucoup des sites comme le tien .

  8. Merci pour les commentaires.
    On se demandait si cette accumulation de produits, de tôles et de bâches de plastiques qui formaient le toit, n’allait pas s’écrouler et nous engloutir… A mon avis ça doit arriver de temps à autre !
    On ne peut pas aller « contre le sens de l’image »… Le marché couvert sous cet orage avait un petit quelque chose d’oppressant. Qu je ne pouvais que tenter de retranscrire. L’image est « fermée », c’est voulu et assumé…
    Dans le même temps, j’ai laissé un petit coin de lumière tomber du toit, juste au dessus des personnages, histoire de laisser à l’oeil une sorte d’échappatoire.
    De toutes façons, voilà un cas ou il y a très peu de différence entre l’image brut et le résultat final…

  9. ah ben oui ! On dirait que je me suis planté de photo, je corrige… Cet exemple à effectivement été fait au 24, avec le 24-105 (j’ai changé d’optique plusieurs fois)… En écrivant, j’ai changé d’exemple après avoir fini mon texte en oubliant le début, oups !
    Au final ça change pas grand chose. On pourra obtenir cette image grâce à un 14 mm sur un petit capteur… Ou au 24 sur un grand capteur.

  10. aahah oui ! Je viens de voire ça…
    C’est le début de… du début ! ! !
    Patience, faut pas s’exciter !
    D’autant que le Kit de connexion USB (pour télécharger les images de la carte) ne marche qu’à moitié (il plante une fois sur deux avec des images de 5000 pixels. (Sans conséquences, graves, mais ça fait pas sérieux ! )
    Il reconnait les cartes formatées par un EOS 550D… Mais pas par un compact S90. Bref c’est encore du grand n’importe quoi la photo sur iPad ! Mais ça viendra…

  11. J’ai vu une de tes photos du Cambodge, dans un déclic photo (cela doit être surement l’avant dernier).
    Une barque avec des moines sur le Tonle Sap.
    Marrant, tu dis que tu cherchais une pagode bleue…
    Cela me rappelle une vieille discussion que l’on avait eu par email ou tu me demandais ou j’avais pris cette fameuse pagode.
    Tu n’as pas réussi à la trouver finalement ?
    C’est pourtant facile, après la deuxième forêt inondée (dépend de la période) tourner à droite après la mangrove puis prendre en direction de l’arbre englouti (on ne le voit jamais…)…et puis…tu y es.
    Non, pas facile à trouver.
    A +
    Sylvain,

  12. Salut Sylvain… Ben j’en ai trouvé une (juste au bord de la rivière a gauche direction Battambang), mais pas sur que ce soit la même (j’ai un vague souvenir de ta photo. Tout ce que je me rappel, c’est qu’elle était belle et la pagode etait bleu)…

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