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Photojournalisme : comment reprendre le rêve où il s’est arrêté ?

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Notre collègue Gerald Holubowicz s’interroge sur l’avenir du Photojournalisme et tente de positiver (on en a bien besoin dans ce métier ;-) Lire absolument cet article que j’ai trouvé très intéressant : Sortir du cadre, Photojournalisme Open (re)sources. Extrait :

 » Le photojournalisme a déjà connu ses révolutions. La création de l’agence Magnum en 1947 par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David Seymour vise à redonner le contrôle des images et de la structure aux photographes (qui auparavant étaient des salariés anonymes de journaux).

Les fondateurs de Gamma reprennent à leur compte l’idée Magnum. Leur but : ne plus être salarié, tout partager à égalité, les frais et les recettes des reportages qu’eux-mêmes décideraient de réaliser (Cf LaVie.fr).

Comment aujourd’hui reprendre le rêve où il s’est arrêté ? En intégrant le public et les nouvelles technologies dans l’équation, pour qu’ils soutiennent un photojournalisme vif et indépendant. C’est ici qu’intervient deux nouveaux acteurs « … La suite par ici.

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11 commentaires

  1. Gilles, suis assez d’accord avec toi, mais là en l’occurrence, on a sacrifié une profession purement et simplement. Et on a pas mis de barrages routiers sur les autoroutes ni déverser des millions de litres de lait sur les polders du mont St Michel… Rien, la profession s’est éteinte à petit feu sans que ça ne gène personne.
    Résultat aujourd’hui ? Ben si tu ne le vois pas, c’est que tu vis enterré dans une grotte, c’est pas possible.. Tu as vu l’iconographie qu’on nous balance dans les journaux ? T’as vu les sujets qui passent dans les magazines ? Ben dis-donc… Moi c’est pour plein de raisons que j’ai choisi le métier de photographe, notamment pour avoir pu rêver quand j’étais gamins et plus grand, avec des images de dingues dans les livres, les magazines… Depuis les années 2000, aller, disons 2004, le virage est plus que visible… Même mes copines iconographes dans de grands magazines me disent la même chose et SE PLAIGNENT comme nous. Pourquoi ? Ben elles (et ils) sont aux ordres, pas le choix. La maquette décide ce que la DIRECTION décide, donc ce que LES ACTIONNAIRES ont décidé et fait comprendre aux FINANCIERS du groupe…
    Le photographe là-dedans ? « Aller mon vieux, reviens nous voir le mois prochain avec un angle plus trash… »
    Comme je l’ai dit par Email à JF, il aurait fallu une profession qui se tienne les coudes. Mais non, on a tous continué notre petit train train…
    J’ai soumis l’idée suivante : comme pour la musique, comme pour la vidéo, lançons nous aussi une taxe sur les appareils photos dits « non pro », lançons une taxe sur les téléphones portables, sur les webcams, bref, sur tout ce qui peut prendre des photos et redistribuons les gains aux photographes pro. Logique, non ? PLus une taxe sur les cartes mémoires. JE paye bien une taxe sur des disques durs qui ne me servent qu’à stocker mes propres images…
    Bon, je me plains, je me plains, mais je suis toujours vivant moi au moins ! Et c’est vrai qu’on est plus très nombreux…

  2. Mais tu oublis un point fondamental Gilles, c’est que, L’ouvrier du coin, comme le charcutier ou le peintre en bâtiment n’a de la concurrence que localement. Le photographe, elle est mondiale pour chaque photo prise. Et lorsque l’ouvrier du coin rencontre une concurrence venue d’Asie… j’me comprends, ben au moins, il a la possibilité de se battre soutenue par un syndicat… pas nous.
    Pour les années 80 – 90, suis entièrement d’accord.
    La belle époque du Fig-mag est bien loin.

  3. oui, l’idée de la taxe soumise par Christophe est pas idiote…
    Mais peu de chance de la voir appliquée. Déjà l’idée de taxer de 0,1% les transactions financière pour éradiquer la fin dans le monde c’est pas facile ! Alors sauver les photographes, ne rêvons pas.
    Ou alors une sorte de texe locale ? Une exception culturelle Franco Française supplémentaire ? Déjà qu’on est taxé et surtaxé partout dans notre pays, voilà une idée qui ne sera pas facile à défendre…

  4. oui effectivement il y a aura toujours de la place pour les les bons photographes… et je reconnais volontiers que beaucoup de monde ce dis photographe… mais c’est le journalisme lui même qui est malade et ceci à tous les niveaux du local au national en passant par les « grandes agences »
    on préfère le « people » au sujet de fond, on fait des économies de bout de chandelles en achetant chez fotolia pour emplir des cases pour illustrer. et malheureusement être bon n’est plus synonyme de réussite il faut être marchand (de tapis même certaine fois). il faut voir l’essor du corporate dans les agences pour ce rendre compte des évolutions en marche.
    A qui la faute alors aux journaux qui ne paie plus les photos?
    Aux lecteurs qui n’achète plus de journaux et par la même de belles photos?
    Aux méchants patrons et financiers qui veulent gagner toujours plus ?
    Aux photographes eux mêmes égoïstes, solitaires et peu enclins à évoluer ?
    A la vidéo aussi qui maintenant débarque même dans nos boitiers?
    c’est un débat de société sur comment s’informer demain et qu’elle plus valu pour les journalistes et par la même les photojournalistes.

  5. Pour répondre à Gilles :
     » en tout cas, je reste persuadé qu’il y aura toujours de la place et un marché pour la photo de reportage de qualité mais, malheureusement, il y aura peu d’élus.  »
    Oui, je suis d’accord… Le problème dans ce cas : c’est que sans une certaine masse critique, sans un « écosystème » professionnel suffisamment large pour faire vivre beaucoup de pro, un secteur fini par s’étioler faute d’attirer suffisamment de talents.
    C’est le problème des niches. Ou des sports un peu rares, ou tu as le même champion du monde pendant 10 ans. Ce qui n’intéresse personne. C’est ce qui finit par arriver en photo : c’est toujours un peu les mêmes têtes d’affiches (à peu de chose près)…
    Les « élus » en question squattent donc les rares places disponibles un peu par hasard. Pas forcément parcequ’ils sont talentueux… Mais le plus souvent seulement parcequ’ils n’ont pas de soucis d’argent (contrairement à ceux qui « baissent les bras »).
    En effet l’immense majorité des photographes pro que je connais, sont systématiquement issus des classes « très aisées de la population »… Vous l’aviez remarqué aussi ? Ce qui leur a permi de travailler « à perte », sans trop s’inquiéter de l’avenir, durant pas mal d’années… La seule exception que je connaisse : ce sont des gens qui avaient un autre métier avant et qui après avoir bien gagné leur vie, se reconvertissent dans la photo…
    On ne l’explique jamais, c’est pourtant une réalité : « dans notre métier, « l’inégalité des chances » au départ est largement pire que pour l’accès à certaines études longues… Cela ne facilite pas le renouvellement des talents.
    Inégalité au départ, mais aussi : inégalité ensuite ! La sélection des photographes au fil des années (ceux qui sont contrains à l’abandon et ceux qui s’accrochent), se décide en fonction de leur fortune personnelle et de leur capacité à « encaisser » les trous d’air…
    ET ce sera de pire en pire : car si la presse ne « finance plus » les reportages : il faudra les financer sois-même. Donc prendre d’importants risques financier… La photo est donc en train de devenir un métier d’aristocrates !

  6. c’étais effectivement déjà le cas avec HCB… Quand à Depardon exception qui confirme la règle?
    Car oui il faut les épaules solides pour encaisser les trous d’airs investir régulièrement voir même ce former! et continuer à travailler dignement. pour 2010 il me sera difficile de garder ma carte de presse dans l’évolution actuelle du métier. c’est simple je ne fais que des photos de « com » actuellement.
    financer c’est reportage c’est bien je le fais régulièrement et j’arrive souvent juste à rentrer dans mes fonds. certes je ne fais pas mon coeur de métier avec des reportages lointains. mais j’ai meilleur compte à rester à la maison à faire mes photos « chez moi » que de partir. dans d’improbables aventures financières et personnelles et risquer de ce faire casser la tête mon matos pour une photo … j’hésite aujourd’hui
    la aussi le mythe du photographe aventurier en prend un coup! prendre des risques pour finalement rien ou un impact faible bof je ne suis pas martyr.
    A noter j’ai eu ma première demande de sujet vidéo!  » amis les photos ok mais bon vous faites de la vidéo… »
    je pense presque que pour continuer à faire de la photo il faudra faire des vidéos pour « vendre » le package?

  7. C’est marrant Jean Francois, tu réponds a ton titre « comment reprendre le rêve ou il s’est arrêté » en craignant la transformation de la photographie en metier d’aristocrates. Lartigues, Salomon ou Steichen faisaient partie de cette bourgeoisie fortunée cherchant a s’occuper avec le nouveau gadget de l’époque: la photographie. Peut être n’est ce qu’un retour a la normale. Mais j’en doute. La vérité c’est que le métier de photographe – et plus particulièrement photojournaliste – n’est pas en péril, au sens ou l’on consomme de plus en plus d’images, réalisées par une variété de photographes différents (bourgeois ou non, bon et mauvais)et qu’il faut des gens pour créer ces images. Ce qui est en péril, c’est l’industrie de la presse qui n’a pas su prévoir les tournants technologiques et prendre les virages a temps pour éviter de voir son audience s’éroder et ses revenus dramatiquement chuter. Las, la presse travaille avec les photographes, et impacte donc leurs revenus. Je ne défends donc pas une profession malade d’elle même, mais une profession emportée dans une chute qui ne la concerne pas. D’ailleurs, je ne défends personne, je cherche une solution – comme beaucoup d’autres – pour passer cette transition inévitable et sortir la tête de l’eau a la sortie, et, par le biais de ce post que JF vous fait partager (merci) d’inciter d’autres pro et non pro a réfléchir a l’avenir et la place d’un medium que nous aimons tous. Enfin sur l’idée de la taxe appliquée au matériel électronique, je ne crois pas qu’une solution de ce type soit ni envisageable, ni d’ailleurs souhaitable, tant elle instaure une fois de plus une relation de dépendance dangereuse (que ferons nous quand la taxe disparaitra), c’est en plus une solution très française et pour ma part je pencherai plus vers une économie directe recentrée vers le « consommateur » lecteur. Merci de vos retours en tous cas, toujours très intéressants.
    G

  8. Il faudrait surtout que les photographes arrivent pour une fois à dépasser le stade basique de l’individualité et essayer de penser collectif : il est vraiment temps de s’organiser pour régulariser la profession, les tarifs et les modèles économiques.
    Je sors de l’agence Gamma suite au dépôt de bilan, et je constate ce que j’ai toujours constaté au sein de l’agence : l’individualisme mène notre métier à sa perte. Je précise que je n’étais pas photographe dans l’agence, mes parents n’étaient pas assez riches pour cela…
    Il y aura toujours un photographe prêt à casser ses prix ou à partir gratos en essayant de se refaire en parallèle ( avec du corporate ou autre ) pour couvrir un sujet.
    Je discutais avec Cédric Gerbehaye de l’agence Vu à Perpignan cette année : lui n’est pas fils de famille aisée, loin s’en faut, il galérait pour trouver un boitier pour bosser.
    Ce jeune homme d’à peine 30 ans, qui a reçu plusieurs prix prestigieux, a été publié dans les plus grandes revues internationales, à été payé pour son travail, et pourtant il songe encore à changer de métier car pour lui la réalité c’est aussi de manger et d’avoir un toit au-dessus de la tête la nuite.
    Bien avant d’avoir le dernier boitier à 200 000 ISOS qui déclenche au 15 000eme avec des cailloux qui ouvrent à 0,95…
    Même au coeur de la tourmente cet été, lorsque nous aurions du impulser une voie collective, réfléchie et juste pour que les photographes restent au coeur de l’agence, nous avons échoué face au manque de réalisme de certains.
    De réalisme en dehors de l’avidité immédiate, j’entends.
    Résultat 15 photographes sur 15 remerciés.

  9. Je dois dire que je suis surpris par le niveau des commentaires. Souvent, ça part en vrille rapidement lors de ces discussions ici… Et là, non, calme et respect. ça fait du bien et ça change.
    Bon, l’idée de la taxe ? Bah, juste de la provoc bien sûr.
    L’égocentrisme des photographe ? Ben c’est la clé de voute du système. Un gars qui le connaissait bien ce système s’est empressé de l’enlever cette clé de voute, et paff, tout est tombé par terre évidemment. ça n’a pas été le fait du hasard bien sûr.
    Je radote encore, mais il y a 2 ou 3 ans, quand j’ai voulu fédérer mes camarades photographes de nature, et on est vraiment pas nombreux en France à pouvoir dire que c’est notre métier, ben ça a été un échec. Dès que j’ai commencé mon tour de table, au téléphone, on m’a bien fait comprendre que « ça ne marchera jamais ». J’ai laissé tombé. Mais b*rdel, ça aurait coûté quoi d’essayé de se souder, s’organiser, résister ? J’avais pensé à une charte de bonne conduite, notamment au niveau tarifaire, pour que tous s’engagent à ne pas baisser leur froc… Ben, impossible. Entre ceux qui sont prêts à tout pour avoir leur nom dans le journal, ceux qui doivent manger à la fin du mois (heu moi aussi je dois manger), et les « agences » de micro-stock… ben c’est juste impossible.
    Résultat, on est tous dans notre coin à continuer notre train-train… avec des bonnes et des mauvaises années…
    Allez Expliquer ça à votre banquier.
    Tiens, au fait, le Mk IV est enfin en vente, ça y est depuis qqs jours.

  10. merci de vos commentaires…
    Au fait Christophe, t’as remarqué que je ne parle presque plus de D3 et d’EOS 1D dans ce blog ? (pas qu’il soit interdit d’en parler pour autant n’est-ce pas)
    Mais je crois que ça fait belle lurette qu’on ne peut plus les amortir ! Canon et Nikon l’ont compris : ça tombe bien… et l’on peut déjà faire beaucoup avec une EOS 7D ou un D300s ! Une catégorie qui ne fera que se muscler…

  11. Ben c’est sûr qu’amortir un 1D Mk IV à 4500 Euros, ça prend plus de temps aujourd’hui qu’il y a 5 ans ! Maintenant, il y a amortir et amortissements. En terme fiscal, en 3 ans, ça a du sens, c’est ce que je fais évidemment, d’autant que je récupère la TVA des immobilisations.
    Mais quand on parle d’amortissement en terme d’utilisation, bah oui, c’est plus dur aujourd’hui ! Mon Mk III , je l’ai amortis en deux mois, au sens où j’avais vendu en deux mois 2 fois plus que la la valeur du boitier à l’époque.
    Vendre pour 9 000 Euros de photos en 2 mois en France en 2009, presque 2010, ça devient rare… très rare…

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