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Test terrain extrême du Canon EOS 50D (part 1)

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Haute altitude, températures extrêmes, vents, givre, humidité et secousses violentes dans le sac à dos, les pires conditions étaient réunies pour éprouver le Canon EOS 50D et ses optiques EF et EF-S. Un impitoyable test-terrain chez CMH l’inventeur et le leader Canadien du ski héliporté.

Texte et photo : Jean-François Vibert

 


La poudreuse vole en tous sens, alors que nous sautons de l’hélico et nous enfonçons jusqu’en haut des cuisses dans la neige poudreuse. Respecter les instructions du Guide : rester bien accroupi et ne pas trop bouger tant que l’engin n’a pas décollé pour éviter de se faire découper en rondelles !

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Assourdi par le vacarme du rotor, je rentre la tête dans les épaules et peine à conserver mon équilibre courbé face au souffle terrifiant généré par la double turbine du Bell Ranger 407.

Sans quitter mes gants, je parviens à entrouvrir le Zip de ma Goretex pour en extraire le boîtier que j’y avais caché avec le zoom grand angle EF-S 10-22mm f/3.5-4.5 USM… Je ne dispose que de quelques secondes avant que l’objectif ne soit complètement recouvert de neige.

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Impossible de viser précisément à travers mon masque, je sens l’air glacial et la neige qui s’immiscent dans mon cou. Compte tenu de la vitesse du vent, l’air qui frappe le boîtier doit être à -15°. Je déclenche une rafale à l’aveugle au moment où l’hélico s’arrache du sol… En comptant sur la bienveillance du Saint patron des photographes, sur les règles de l’hyperfocale et sur les 6,3 im/sec du boîtier. On verra bien !

 


Des conditions de prise de vue extrêmes…

Soudain, c’est le silence. L’hélico s’est éloigné entraînant des volutes de neige qui disparaissent dans le vent faisant place à un bleu intense… Je relève mon masque et suis frappé par cette lumière irisée de cristaux en suspension, que je n’ai jamais vu ailleurs qu’en haute montagne. Nous voilà seuls au monde, totalement isolés à 3000 m d’altitude au sommet d’une crête vertigineuse.

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Impossible de reculer… C’est maintenant que commence le programme « Pentes raides » de CMH, Canadian Mountain Holliday, le leader de l’héliski qui en a inventé le concept. Une semaine de dépose héliporté sur des pentes entre 35° et 45°, par groupes de quatre avec l’assistance de deux guides de montagne spécialistes du ski extrème… Le nirvana du ski, spécialement destiné aux skieurs et snowboarders de haut niveau à la recherche de sensations fortes.

 


De part et d’autre, 1000 mètres de poudreuse vierge extra légère nous attendent. Nous les attaquerons en snowboard d’ici quelques minutes après un court briefing sécurité et une ultime vérification de nos ARVA (Appareils de Recherche de Victimes d’Avalanche).

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Mais avant les réjouissances, un peu de nettoyage s’impose car mon EOS 50D est couvert de neige… Je pose les gants pour dégager les cristaux par petites touches. Mieux vaut ne pas leur laisser le temps de fondre ou de se transformer en glace…

J’achève l’opération rapidement avec un chiffon sec sorti de mon sac, (j’en conserve plusieurs dans un plastique en cas de besoin), rien d’inquiétant je suis habitué à tout ça. J’ai d’ailleurs souvent procédé ainsi avec les prédécesseurs de l’EOS 50D, ces dernières années mes EOS D60, 10D, 20D et 40D ont vaillamment résisté à ce genre d’exercice… Ainsi qu’à la jungle tropicale, au désert ou à la poussière des chemins de trek… Aussi bien d’ailleurs que mes EOS 1n et EOS 5 (argentiques), avec lesquels j’avais connu davantage de pannes.

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Une fois l’appareil bien sec, je peux évaluer mes premières images de l’hélico en train de décoller. Excellent, les neuf collimateurs autofocus en Mode automatique (AI Servo, qui signifie Artificial Intelligence) ont parfaitement suivi leur sujet… Il faut dire que l’hélico fait une belle cible ! L’écran est suffisamment lumineux et large pour me laisser apprécier confortablement les résultats, sans ôter mon masque de ski… Quel progrès face aux générations précédentes, notamment face à l’EOS 40D son prédécesseur immédiat dont l’écran était beaucoup moins précis, notamment lorsque la luminosité était poussée au maximum.

 

 

 


  

Pourquoi le Canon EOS 50D pour ce job ?

Je bascule mon sac sur l’épaule gauche et j’y range mon boîtier avant de chausser mon snowboard. Je recommande d’ailleurs ce modèle (Lowepro Fastpack 350 que l’on trouve à moins de 90 €) à tous les skieurs, même si pas mal d’autres sacs du même genre font aussi l’affaire. Il ne mesure que 31 x 24 x 49 cm et possède une poche latérale que l’on ouvre de la main droite. Je peux y ranger le boîtier sans poser le sac dans la neige. C’est plus efficace que mon gros sac à dos habituel, que j’étais obligé de poser à chaque prise de vue ou changement d’optique. On arrête pas le progrès, même dans les sacs à dos ! Nous voilà, chaussé, gantés, tous les orifices fermés : c’est parti pour une première rasade de 1000 mètre en profonde !

Pourquoi avoir préféré un reflex Expert comme l’EOS 50D pour cette expédition (entre 920 € et 1000 € sur Internet), de préférence à un modèle professionnel de type EOS 1D, Nikon D3… Ou même à un Nikon D300, l’autre candidat idéal pour ce job ? Trois raisons à cela :

Premier atout de l’EOS 50D : son rapport poids performance est très intéressant. Dans le cas précis de ce reportage, mon premier impératif était de ne pas trop charger mon sac à dos, histoire de conserver une certaine sécurité lors des descentes.

Je ne pourrais d’ailleurs plus surfer avec un sac de 10 kilos comme je le faisais auparavant (ce qui m’avait valu quelques gamelles spectaculaires et des douleurs récurrentes au dos et aux genoux)… Plus raide est la pente, moins jeune est le photographe et plus il apprécie le matériel léger ! Cet EOS 50D est le seul reflex expert de 15 Mpix pesant 825 gr avec sa batterie.

Second atout de l’EOS 50D : il dispose d’une gamme d’optiques polyvalentes pas trop coûteuses et légères en monture EF et surtout EF-S, la gamme spécifiquement destinées aux petits capteurs APS. Je pense par exemple au EF-S 17-55 mm f/2,8 IS USM (moins de 900 €) particulièrement recommandé avec l’EOS 50D, encore une fois, il est ici question de rapport entre poids et performances…

A l’opposé et pas dans le même budget, Canon propose également des optiques étonnantes et sans équivalent ailleurs, comme ce EF 28-300 mm f/3.5-5.6 L IS USL (unique au monde entre 2700 et 3000 € selon les vendeurs) qui permet certains jours de ne glisser qu’une seule optique dans le sac à dos, histoire d’enchaîner une dizaine de déposes sans retour à la base (10.000 mètres de dénivelés en poudreuse ce n’est pas rien). Ajoutez un discret EF-S 10-22mm f/3.5-4.5 USM (moins de 800 €) et vous disposez d’un range focal énorme en regard d’un volume et d’un poids imbattable. C’est cette configuration que j’ai utilisé le plus souvent.

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Troisième atout : la vitesse de ses rafales monte à 6,3 images / sec, ce qui est suffisant pour saisir une séquence de virages rapides dans la poudreuse… Une raison supplémentaire de préférer l’EOS 50D à son grand frère l’EOS 5D mk2, le full frame de 21 Mpix qui fait rêver tous les photographes mais n’atteint que 3,9 images/sec.

Certes le Nikon D300 peut atteindre les 8 images/sec à condition de l’équiper de la poignée MB-D1 et d’accus spéciaux Li-ion ENELa4. Mais dans ce cas, le poids et l’encombrement sont plus importants pendant que le prix total explose (sans ces accessoires le Nikon D300 atteint 6 images/sec, ce qui n’est déjà pas mal).

 

 

 

 


  

Prise en main et premières sensations à 3000 m

La coque de l’EOS 50D est toujours en alliage de magnésium ce qui lui permet de ne pas trop peser dans le sac à dos (rappelons le poids remarquable de 825 gr seulement avec batterie). Par rapport à la génération 30D, Canon a légèrement amélioré la résistance aux projections du boîtier en ajoutant des protections en mousse à la trappe de la carte, à celle de la batterie. La griffe porte flash est désormais compatible avec la protection étanche des flashs Canon récents. Pourtant, cet ensemble de progrès reste assez symbolique, l’EOS 50D ne disposant pas d’un véritable label « tropicalisé » comme le Nikon 300D ou les EOS de la série 1.

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Mais est-ce finalement si gênant ? Mon EOS 50D a d’ailleurs vaillamment résisté au froid, aux projections de neige et à l’humidité qui s’est accumulée dans le sac à dos au fil des jours… Lui et moi avons même été roulés (sans dommages) sur une centaine de mètre par une coulée de neige qui m’a presque totalement englouti. N’oublions pas que cette économie sur l’étanchéité contribue probablement à adoucir un peu le prix de vente du boîtier et que finalement très peu de photographes ont – réellement – besoin d’un reflex tropicalisé. Il existe heureusement pour ceux-là un assez large choix de modèles étanches, ce sera à chacun d’apprécier en fonction de son cahier des charges et de son budget.

Avec ou sans gants, je n’ai eu aucun problème de prise en main, y compris lorsque la température était très basse et que j’avais les mains glacées ou humides… Ne négligez pas à ce propos d’emporter une seconde paire de gants très fin (en soie par exemple) qui s’avèrent précieux lorsqu’il s’agit de manipuler le boîtier lorsque la température est négative. La position des commandes a été améliorée par rapport aux générations des EOS 20D et 30D et quelques boutons à double fonction ont été remplacés par des boutons uniques, ce qui fera plaisir à certains qui se plaignaient des doubles-commandes Canon.

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D’autres reprochent depuis longtemps aux EOS d’être handicapés par leur trappe de carte mémoire un peu légère… Un détail qui tient pour moi de la légende. Depuis sa toute première version sur l’EOS D30 en l’an 2000, je n’ai jamais eu le moindre problème avec cette trappe de batterie. Et encore moins entendu parler du moindre souci la concernant. Enfoncés dans 50 cm de poudreuse ou en équilibre précaire dans une pente à 40°, j’apprécie d’ailleurs de pouvoir l’ouvrir du seul pouce de la main droite… Tandis que de la main gauche je m’empare d’une carte vierge pour faire l’échange aussi vite que possible, ce qu’il est moins facile de faire d’une seule main avec d’autres reflex dont la trappe de carte se débloque en appuyant sur un loquet…

 

 

 

 


  

Un viseur et un écran à la hauteur.

L’EOS 50D dispose d’un viseur à penta prisme dans la bonne moyenne qui affiche la sensibilité ISO (depuis l’EOS 40D), présente 95% de l’image avec un grossissement de 0,95x. Certes, il est moins ambitieux que celui du Nikon 300D qui affiche 100% de l’image, ou celui de l’EOS 5D Mk2, mais il est beaucoup plus confortable que le viseur à penta miroir d’un EOS 450D ou 500D. Dans l’environnement très lumineux de la haute montagne, j’ai apprécié son barregraphe d’exposition très visible qui est plus gros que celui du Nikon D300. Il est possible d’ôter le rembourrage caoutchouté afin de coller l’œil encore plus près du viseur, ce qui tentera peut-être ceux qui utilisent leur appareil avec des lunettes de soleil.

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Tout comme le viseur, l’écran d’un reflex est un élément de confort important mais ne contribue pas directement à la qualité de l’image finale. Les deux contribuent néanmoins à votre productivité photographique. En ce sens, l’écran dont dispose l’EOS 50D (mais pas l’EOS 40D) est un vrai bonheur grâce à sa très bonne luminosité, sa définition ultra précise de 920 000 pixels et à son angle de visualisation confortable. Assurément une des meilleurs écran disponible sur le marché actuellement qu’on retrouve sur les EOS 500D et 5D Mk2. Il est enfin possible de se faire une idée crédible de l’exposition et de la netteté de ses images, sans devoir retirer systématiquement ses lunettes de soleil… Franchement ça change la vie.

Pour en avoir le cœur net, j’ai comparé l’écran de l’EOS 50D à celui d’un EOS 450D. La différence saute aux yeux lorsqu’il s’agit de vérifier la netteté d’une image, un geste que l’on répète plusieurs fois par heures. Le gouffre se creuse lorsqu’il devient nécessaire de pousser la luminosité au maximum, notamment lorsque l’on travail sur la neige… S’il reste possible d’obtenir une visualisation crédible de l’image sur l’EOS 50D, l’affichage est approximatif sur un écran d’ancienne génération, ou les hautes lumières semblent indiscernables et brulées.

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Une petite révolution donc, arrivée assez tardivement chez Canon… Dire qu’à l’heure où je rédige ces lignes (fin avril 09), les modèles EOS 1D sont toujours dépourvus de cet écran magique. Un détail de plus qui me fait préférer cet EOS 50D aux reflex de la série professionnelle (patience, la mise à jour des deux EOS 1D interviendra logiquement durant l’été). Petit détail surprenant, j’ai fini par retirer le film plastique de protection que j’avais appliqué sur ce bel l’écran dans la crainte de la rayer. Il produisait en effet un étrange effet de solarisation en se combinant au filtre anti-reflet désormais intégré à l’écran.

A noter que Canon n’a jamais proposé de capot transparent amovible comme le fait Nikon… Ce qui n’est pas si grave, puisque depuis 2001 je ne suis jamais parvenu à rayer un seul de mes écrans d’EOS (y compris en l’absence de toute protection). Le verre qui protège cet écran semble à l’épreuve des balles, exactement comme l’écran de mon iPhone que je traîne sans protection dans mes poches avec mes clefs depuis des mois… Sans parvenir à l’égratigner !

 

 

 

 


  

Autofocus, cadence, exposition…

Grâce à son collimateur central en croix, doublé d’une seconde croix inclinée à 45° et aux huit autres collimateurs en croix (neuf collimateurs en tout), les EOS 40D et 50D ont bien progressé par rapport la génération de l’EOS 30D… C’est notamment en basse lumière que l’on mesure les progrès réalisés. Avec les innombrables objectifs EF et EF-S à motorisation Ultrasonique, cet EOS 50D est donc une excellente machine à faire le point.

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On peut lire régulièrement des critiques sur le manque d’évolution du système à 9 collimateurs de cette série de boîtiers. Il progresse à (tous) petits pas, c’est un fait… Pourtant, force est de constater que pas une fois je n’ai eu à déplorer le moindre problème de mise au point au cours de mon reportage. Certainement faudrait-il réaliser des essais dans des conditions de prise de vue plus difficiles (sujet plus remuant, plus rapide, environnement plus sombre) pour le comparer à l’AF 3D et aux 51 collimateurs du Nikon D300. Mais tel n’était pas l’objet de ce test terrain, au cours duquel l’AF de l’EOS 50D a bien répondu à mes attentes.

A l’époque de la diapo, je réalisais mes images de ski à la cadence de 5 images/sec… Avec 6,3 images/sec sur environ 16 RAW (ou 90 JPEG) consécutifs avec une carte rapide, il est donc possible de s’attaquer à la plupart des sports (évitez le double enregistrement RAW+ JPEG qui réduit ces performances). Pour un photographe animalier ou un professionnel de l’image sportive, L’EOS 50D peut donc compléter un EOS 1D mark III, voir le remplacer si l’on accepte l’idée que c’est au photographe de déclencher au bon moment.

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Certes il est parfois plus efficace de conserver le doigt appuyé sur le déclencheur sur toute la longueur d’une action. Mais dans ce cas-là, il faudra consacrer plus de temps à la suppression des images. Pour cette raison, il m’arrive d’ailleurs de préférer la cadence rafale « vitesse normale » de 3 images/sec, de préférence aux 6,3 images/sec. Une vitesse intermédiaire entre ces deux-là m’aurait été précieuse. Ou alors la possibilité (offerte par Nikon), de régler précisément la vitesse de cette cadence intermédiaire, à 4 ou 5 images/sec.

 

 

 

 


  

Exposition, qualité d’image

Aucun souci à signaler du côté de la mesure de lumière. Ce canon expose très correctement dans 99% des situations (pourtant, sa mesure sur – seulement – 35 zones fait l’objet de critiques à l’heure ou le D300 analyse la lumière sur 1005 pixels)… Raison de plus pour vous débarrasser de cette habitude ancienne, qui consistait à faire une correction d’exposition systématique de moins 1/3 de diaphragme. Si cela permettait de « sauver » quelques hautes lumières en JPEG, la démarche est contre productive si vous travaillez en RAW, car le potentiel de ce format est plus important vers la droite de l’histogramme que vers la gauche. C’est la théorie dite « Exposer à droite »…

Il y a longtemps que les boîtiers experts sont arrivé à un degrés de fiabilité tel, qu’il devient difficile de les prendre en défaut (allez, admettons qu’il existe encore 0,5% à 1% d’erreurs d’exposition). Aussi, je ne m’inquiète plus beaucoup de l’exposition et je préfère me concentrer sur mon sujet…

Le gain de définition par rapport à l’EOS 40D est sensible, passer de 10 à 15 Mpix, cela se sent… La grande question est évidemment de savoir si une telle concentration de pixels sur une surface aussi réduite ne se paye pas par une montée du bruit excessive. Et bien ce n’est pas trop le cas, du moins je n’ai pas été gêné par le bruit sur les images que j’ai réalisées jusqu’à 800 ISO. Cela me suffit personnellement et je n’ai pas poussé les investigations trop loin du côté des hautes sensibilités, car l’objet de cet essai. Il faut relativiser un peu la « peur du bruit » car l’augmentation de la résolution tend également à noyer le bruit sous le nombre de pixels. Plus la structure du bruit est petite relativement à la diagonale de l’image, moins il est visible évidement.

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Les images RAW et JPEG issues du capteur de 15,1 Mpix de l’EOS 50D sont superbes et dans la tradition des CMOS de la gamme expert. Nettes, détaillées, aux couleurs naturelles, assez peu bruitées, avec des passages progressifs des hautes lumières vers le blanc même en JPEG. Ce dernier point est la signature des CMOS Canon qui semblent imbattables à ce jeu-là sur la neige…

Veillez par contre à ne pas trop fermer le diaphragme au-delà de f/11 ou f/16, car la diffraction arrive assez vite sur un capteur de 15 Mpix de taille APS-C. On se demande d’ailleurs si l’on n’arrive pas là à une résolution maximale, il est probable que la course aux mégapixels finisse par se calmer… Sauf avancée technologique, le successeur de l’EOS 50D ne comptera probablement pas beaucoup plus de mégapixels, mais proposera certainement une fonction vidéo comme l’EOS 5D Mk2.

 

 

 

 


  

Trois regrets du point de vue d’un professionnel.

Je n’ai finalement pas grand-chose à reprocher à l’EOS 50D et aucun des regrets que je vais exprimer ne peut être considéré comme véritablement rédhibitoire…

1 / Premier regret : En tant que professionnel, le reproche le plus sérieux que je fasse à l’EOS 50D est un relatif manque de souplesse dans la personnalisation avancée des réglages fins. Exemple représentatif, l’absence de réglage de la vitesse intermédiaire du mode rafale dont je parlais plus haut. Ou encore l’absence de réglages avancés du Mode sensibilité ISO automatique. Ce genre de détails qui n’intéressent que 5% des photographes : les professionnels les plus techniciens ou les plus rigoureux…

La multiplication des réglages fins est un domaine dans lequel Nikon est passé maître, y compris avec le Nikon D300 qu’on ne peut pas manquer de comparer à l’EOS 50D, puisqu’il est son concurrent le plus directe (à noter que Canon a quelque peu rectifié la chose avec l’EOS 7D).

2 / Second reproche un peu sérieux que je fasse à l’EOS 50D : il est dommage qu’il ne soit pas possible de bloquer la molette sélecteur de mode comme on peut le faire avec le Nikon D300. Elle est relativement ferme et pourtant, plus d’une fois j’ai déploré un changement de position alors que je surfais avec le boîtier abrité sous ma veste (probablement à cause du frottement du boîtier contre la veste). J’avais déjà eu le même problème avec l’EOS 450D qui m’avait fait rater quelques images…

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Pour prévenir toutes mauvaises surprises et risques de mauvaises expositions, j’ai donc pris la précaution de régler préalablement chaque mode en fonction de l’environnement. Y compris les modes C1 et C2 qui se retrouvent parfois sélectionnés, puisque en bout de course de la molette. Fastidieux, mais efficace… Autre solution, il est aussi possible d’activer la fonction « Décalage de sécurité », qui corrige automatiquement toute exposition anormale.

3 / Troisième reproche (par ordre d’importance) : l’EOS 50D étant une évolution de l’EOS 40D, il utilise les mêmes batteries BP 511 et le même grip BG-E2 qui restent compatibles avec les EOS 30D et l’EOS 5D. Parfait, si vous utilisez aussi un EOS d’ancienne génération… Mais personnellement j’aurais préféré que le 50D bénéficie des nouvelles batteries de l’EOS 5D Mk2 ce qui simplifierait leur utilisation conjointe. En effet, les 50D et 5D Mk2 sont idéalement complémentaires.

Canon aurait pu faire évoluer toute la gamme d’un coup afin de nous épargner quelques problèmes logistiques. Actuellement trois modèles d’EOS (les 500D, 50D et 5D) utilisent trois types de batteries, trois types de chargeur et trois types de poignées, sans oublier les poignées WIFI… Les Nikonistes sont plus chanceux, puisque les D300, D700 et D90 partagent les mêmes batteries.

 

 

 

 


  

Quelques petits détails à revoir…

Passons maintenant aux détails qui, sans êtres gravissimes, pourraient s’améliorer. Je trouve personnellement dommage qu’il ne soit pas possible comme le permet le Nikon D300 de sauvegarder les réglages et paramétrages de l’appareil sur une carte pour les affecter ensuite à un autre EOS. J’ai utilisé deux exemplaires de cet appareil au cours de ce reportage (dont un qui m’appartient) et j’ai consacré de longues minutes à paramétrer le second comme le premier. Fastidieux vu le nombre d’options et fonctions personnalisées.

Certains utilisateurs regretteront l’impossibilité de piloter des flashs distants grâce au flash du boîtier, ce qui vous obligera à acheter un boîtier ST-E2. Toutes les autres marques proposent cette fonctionnalité, alors pourquoi pas Canon ? Autre astuce proposée par d’autres marques mais inconnue sur les EOS : la possibilité d’effacer sélectivement les RAW ou les JPEG si l’on a opté pour le double enregistrement. Une option utile lorsque la place manque sur la carte (mais dont vous vous passerez très bien si vous adoptez l’enregistrement au format RAW exclusivement).

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On ne peut passer sous silence le positionnement étrange du bouton « On/off » que l’on aimerait trouver sous l’index droit, comme c’est le cas sur les EOS 500D et sur les Nikon. Le testeur de profondeur de champs (dont la position est souvent critiquée par nos confrères) serait lui aussi plus accessible s’il était à portée de la main droite. Beaucoup de photographes ne pensent pas à l’utiliser, faute peut-être de le trouver à un emplacement visible ? Je n’en ait eu besoin qu’une seule fois au cours de cette semaine, lorsque j’ai voulu vérifier qu’il serait possible d’obtenir sur un surfeur net au premier plan avec le couloir que nous venions de descendre à l’arrière-plan.

Mais l’utilisation du test de profondeur de champs pourrait revenir à la mode, au fur et à mesure que la définition des capteurs progresse et que le risque de diffraction augmente… Le but étant de trouver la meilleure profondeur de champs possible en fonction des besoins, sans fermer exagérément le diaphragme.

 

 

 

 


  

Trois points forts à retenir

On trouve aujourd’hui (avril 09) le Canon EOS 50D boîtier nu entre 920 € et 1000 € (il avait été annoncé à 1499 € boîtier nu à sa sortie fin août 2008). L’EOS 50D est ciblé amateur expert plutôt que semi pro. Un positionnement intelligent à l’heure ou beaucoup d’amateurs rêvent de piquer le boulot des pros, pendant que les pros voient leurs revenus diminuer et hésitent à investir dans des boîtiers à plus de 4000 €, qu’ils ne sont pas certains de rentabiliser.

1 / Le premier point fort des reflex Experts Canon (EOS 50D et même 500D) est de disposer d’une gamme d’objectifs Experts très complète, à des tarifs (justement) Expert, c’est-à-dire relativement accessibles financièrement… Ce que l’on ne trouve pas toujours chez d’autres constructeurs, qui proposent peu de choix à mi-chemin entre leur gammes amateurs et professionnelles. Cette offre très riche permet aux photographes Experts de s’équiper de façon très cohérente sans se ruiner (lire la présentation de certaines optiques intéressantes pour l’EOS 50D dans le cahier technique du reportage).

2 / En seconde position, je retiens la cadence moteur généreuse de 6,3 image/sec, qui confère à ce boîtier une grande polyvalence (à noter que l’EOS 40D monte lui à 6,4 images/sec). Cette vélocité combinée aux gammes optiques EF et EF-S, permettent d’accéder à moindres frais à la photo sportive de niveau professionnel.

3 / Troisième point fort de l’EOS 50D, son ergonomie simple et efficace. Certes, il s’agit un peu d’une question d’habitude, mais il faut reconnaître que Canon avait pris une certaine avance en la matière entre 2001 à 2006. Il en reste toujours quelque chose en 2009…

J’ai toujours apprécié le design intégré des EOS, grâce à leurs boutons discrets ils semblent plus lisses rendant la première prise de contact moins intimidante pour les utilisateurs qui ne sortent pas trop de la balance des blanc auto ou de la mesure globale évaluative. Utilisateurs qui ne seront donc pas souvent conduits à manipuler ces fameux boutons à « doubles fonctions » qui ont fait couler beaucoup d’encre.

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Ne vous laissez d’ailleurs pas trop impressionner par les critiques récurrentes à ce propos, car je suis convaincu que l’on intègre assez facilement leur fonctionnement. C’est d’autant plus vrai qu’il ne subsiste que trois « doubles commandes » seulement sur cet EOS 50D (à noter que sur l’EOS 7D Canon a pris en compte ces critiques).

Reflex aux caractéristiques particulièrement équilibrées, cet EOS 50D est donc un investissement intelligent pour un passionné, car ses caractéristiques lui permettent de répondre à 95% des situations rencontrées par 95% des photographes. Il est très rare de croiser un boîtier « expert » qui réussisse à satisfaire aussi bien les pros, sans dérouter les débutants.

 

 

 

 


  

 

 


Lire aussi à propos de Canon :

  • Canon S90 et viseur externe, l’astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 

 


  

Osez le ski autour du monde avec Destination Poudreuse.

L’héliski est un rêve de skieur à s’offrir au moins une fois dans une vie de glisseur. Il se pratique dans toutes les montagnes du monde (mais pas en France) et est décliné pour tous les goûts et tous les niveaux. Du stage d’initiation à la poudreuse spécialement étudié pour les débutants, au programme « Pentes raides » que nous avons suivi cette semaine réservé aux glisseurs de bon niveau à la recherche de sensations fortes.

LogodpManagée depuis plus de dix ans par Thomas Leufen un authentique passionné de ski et d’aventure, l’agence Destination Poudreuse qui nous a permis d’organiser ce reportage est distributrice exclusive des programmes héliski de CMH au Canada.

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15 commentaires

  1. Le saint patron est plutôt une patronne, sainte Véronique, qui avait essuyé le visage du Christ. Sur l’étoffe dont elle s’était servie est apparu le visage du Christ. Belle légende.

  2. Au début du texte du présent article: «En comptant sur la bienveillance du Saint patron des photographes, sur les règles de l’hyperfocale et sur les 6,3 im/sec du boîtier. On verra bien !»

  3. « C’est d’autant plus vrai qu’il ne subsiste que trois « doubles commandes » seulement sur cet EOS 50D »
    Et oui mais manque de bol c’est justement les 6 fonctions les plus utilisées au quotidien : Mode d’expo, balance des blancs, mode AF, entrainement, ISO et exposition.
    Et le 7D ne change rien à cette situation d’ailleurs.
    C’est sûrement très con, mais si Canon n’avait pas ce défaut récurrent ils me compteraient déjà comme client.

  4. S’il n’y a que ça qui te retient de passer à Canon (mmmmrffff), ce n’est tout de même pas grand chose ! ! !
    Rassure-toi Vincent : avec les possibilités de personnalisation des commandes et la touche M-Fct désormais à ta disposition tu devrais pourvoir rendre ton 7D « plus à ta main »…
    Mais en attendant, il y a toujours en face (mmrffff ! ), l’Alpha 700 (ou son successeur impatiemment attendu) !
    a suivre….

  5. L’A700 a de beaux restes rassure-toi, et pour ma part je n’attends pas un APS-C à 8fps mais c’est une autre histoire.
    Mais justement ce que je tu qualifies de « rien que ça » n’est rien moins que très important à mes yeux. L’ergonomie, c’est ce qui fait gagner du temps. Pouvoir modifier en un seul clic un réglage aussi important que le mode AF ou les ISO par exemple c’est, selon moi, la fraction de seconde qui peut faire la différence entre une photo ratée et réussie.
    Alors, je dois admettre que des gens en Canon réussissent leurs photos, je suis forcé de croire qu’on s’habitue ou bien qu’on compense. Mais il n’empêche que ça me bloque un peu.

  6. Exacte, une fraction de seconde m’est nécessaire pour changer de sensibilité ISO.
    Maintenant je ne nie pas qu’un jour, forcément quelque part : quelqu’un à merdouillé avec ces boutons (ça m’est arrivé aussi). Et je préfère 100 fois le petiot bouton ISO de l’EOS 450D / 500D, rangé juste à côté du déclencheur : c’est mieux.
    Mais je considère ces petits défaut comme extrêmement mineur tout de même…

  7. Un test vraiment très très intéressant comme on n’en lis que sur ce site, et qui répond à une bonne partie des questions que je me posais en vue de remplacer mon vieux 20D.
    La question d’opter ou pas pour l’EOS 7D est un creul dilème du coup.
    Car le 50D suffit en principe à mes besoins… Et la difference de prix (boîtier neuf) reste considérable. Reste les progrès du viseur et les 18 millions de pixels (sont-ils vraiment utiles ?)

  8. Merci pour les compliments !
    Les 18 Mpix de l’OES 7D sont-il utiles ? Pas forcément pour tout le monde… Pour moi oui, car il y aura moins de différence avec les 21 Mpix de mon EOS 5D Mk2.
    Mais du côté du viseur, (pour avoir jeté un oeil dedans), il vaut vraiment le coup !
    Et ne pas oublier le nouvel AF, très impressionnant qui fait IRRESISTIBLEMENT penser à l’AF suivi 3D de Nikon ! ! ! (même si je n’ai jeté qu’un coup d’oeil très rapide j’ai été séduit).
    Bref, il faut attendre une prise en main plus sérieuse pour se prononcer…

  9. bravo pour ce test, c’est un plaisir à lire. concernant l’EOS 50D, je pense qu’on s’habitue à tout (en terme de visée notamment).
    Le problème c’est quand on goute à autre chose (D300 par exemple, et bientôt l’EOS 7D). Là il semble impossible de revenir à moins bien et les petits défauts deviennent vite insuportables (je pense aussi à ce bouton de blocage de la molette arrière qui me gêne tant).

  10. oui, Romain… Je suis d’accord. Mais ta remarque s’applique également au poids.
    Quand on voyage 1 mois avec un EOS 500D par exemple, on a de la peine a reprendre un EOS 5D (ou 7D tellement plus lourd et encombrant !).
    Certes, il y a de bonnes raisons à préférer un 7D ou un 5D…

  11. A quand CANON va t’il nous faire des protections sur leur
    écran LCD genre NIKON, traces de doigts ou de joues en
    permanence !…. Existe t’il une solution autre que les
    films ?…..

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