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Disque autonome HyperDrive ColorSpace UDMA.

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BILLET PREC.
BILLET SUIV.

Bien que de nombreux modèles d’ultra portables PC soient désormais disponibles, vous restez nombreux à apprécier les disques durs autonomes
pour décharger vos cartes et voyager plus léger. Voyons s’il est
possible de se passer totalement d’ordinateur et de fils à la patte,
grâce à l’HyperDrive Color Space UDMA.

Deux
tendances fortes structurent actuellement le marché des ordinateurs
portables. D’une part, les modèles ultra-portable de 11 à 13 pouces,
qui sont de moins en moins coûteux et de plus en plus légers… D’autre
part les modèles 15 à 17 pouces, de plus en plus puissants et luxueux
que beaucoup utilisent comme machine principale. Trop lourds, trop
fragiles ou trop coûteux, mieux vaut éviter de les risquer dans les
conditions hasardeuses d’un voyage sac au dos, d’un trek en montagne ou
d’une trace en zone tropicale… Dans ces conditions, les disques durs
autonomes n’ont pas dit leur dernier mot, voilà pourquoi j’ai testé cet
HyperDrive Color Space UDMA distribué par Macway.

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Une
prise en main d’autant plus intéressante que je ne suis pas un grand
fan de ce type de matériel habituellement. En voyage, je préfère
disposer d’un véritable ordinateur, aussi léger que possible mais
embarquant des dizaines de logiciels (relire le test terrain de
l’étonnant Macbook Air, dans n°13 du Monde de la Photo de mars 2009).
Mon ordinateur principal restant une puissante station de travail, je
ne crains pas de faire courir quelques risques à mon portable que je
considère comme un véritable outil tout terrain…

Souvenir d’un ancêtre disparu.

Ma
dernière utilisation d’un disque dur autonome, remonte à une série de
treks Andins effectués au Pérou en 2004. Cinq semaines au cours
desquels j’avais emmené un disque PD70X (déjà distribué par Macway), en
complément d’un minuscule Powerbook G4 de 12 pouces. Au retour, j’avais
écrit deux articles (relire ceci et cela) ou je détaillais les précautions indispensables à l’utilisation de cet appareil, efficace mais un tantinet délicat…

Pd70x
J’avais apprécié à l’époque sa rapidité à décharger les cartes
(pourtant 16 Mo/sec seulement) et son autonomie correcte (50 Go
transféré avec une seule charge), qui s’expliquait par son minuscule
écran de contrôle n’affichant pas les images ! Imaginez un peu : il
était impossible de s’assurer que les images avaient été bel et bien
enregistrées sur le disque. Il serait impossible de vendre un tel
appareil aujourd’hui, mais à l’époque il fallait s’en contenter car il
n’existait pas de solutions alternatives. En dépit de ses handicapes,
le préhistorique PD70X avait rempli parfaitement son rôle de sauvegarde
en complément du Powerbook (lire plus bas Stratégie d’utilisation).

Outre
l’absence d’écran de contrôle, son second talon d’Achille était une
alimentation électrique par accus rechargeables, mais aussi par piles
AA… Une option intéressante pour les photographes trekkeur, en même
temps qu’un piège diabolique pour les utilisateurs mal informés. La
courbe de déchargement des piles étant plus progressive que celle des
accus, il arrivait que l’alimentation devienne insuffisante sans
prévenir au cours d’un déchargement de carte, ce qui provoquait des
pertes de données…

La solution passait par l’utilisation
exclusive d’accus ou de coûteuses piles lithium de 3000 mah. Je me
souviens, qu’un problème similaire avait été rapporté par certains
utilisateurs d’iPod qui tentèrent d’utiliser le lecteur MP3 en tant que
videur de carte… Souvenez vous éventuellement de cela, si au cours
d’un trek au bout du monde, vous tentiez d’utiliser le Color Space avec
4 piles AA (ce que je n’ai pas essayé). Généralement les mêmes causes
produisent les mêmes effets.

Découverte de l’HyperDrive Color Space UDMA USB2.

Tout
à changé en quatre ans sur le front des videurs de carte et le présent
Color Space permet de mesurer les progrès effectués (comparer ses
performance en vitesse avec le PD70X). Cette version UDMA plus rapide
et dotée d’un meilleur écran, succède au ColorSpace 0, qui avait déjà
bonne réputation auprès des photographes. Le déballage de l’appareil
est une bonne surprise. Il pèse 300 gr et sans être un premier prix de
beauté, il est bien construit et bien assemblé.

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L’Hyperdrive existe en plusieurs capacités de 160 Go (pour 299 €) à 500
Go (pour 369 €). Il est aussi possible d’acheter le boîtier nu pour 259
€ et d’installer le disque dur de votre choix : de 120 à 500 Go (en
SATA ou ATA-5). Une évolutivité qui le fera éventuellement préférer à
d’autres modèles dont la capacité reste fixe. J’ai testé la version 320
Go qui coûte 329 €, ce qui donne un coût au Go assez raisonnable. La
garantie d’un an, pièce, main d’œuvre et expédition rassure. Tout
l’indispensable est fourni dans le coffret, y compris un guide
d’utilisation en Français, un étuis et des vis de rechange.

On
peut utiliser le disque tout de suite, car il est déjà chargé, (mieux
vaut toutefois le mettre en charge rapidement). Une prise allume cigare
de voiture 12 volts est fournie, ainsi qu’un câble pour recharger
l’appareil en le connectant à un port USB, sans oublier une
alimentation secteur classique.

L’écran de 3,3 pouces (320 x
240 pixels) est d’assez bonne facture et suffisamment lumineux pour une
lecture en extérieur, c’est tout ce qu’on lui demande. Rien de
comparable cependant avec certains lecteurs multimédia plus polyvalent
(lecteurs MP3 et ou Video), mais aussi plus chers comme le Photo Viewer
Epson. Sans être très sexy, la navigation est pratique et agrémentée de
bip sonores (que l’on désactivera éventuellement). Il est dommage
toutefois, que l’interface ne soit disponible qu’en Anglais et en
Italien. Mais avec le mode d’emploi bien traduit en Français, on s’y
retrouve vite car les fonctions ne sont pas si nombreuses.

Une compatibilité maximale.

Quatorze formats de cartes sont reconnus, notamment les CF (type 1
et 2), MicroDrive, SDHC, SD, MMC, XD et Memory Stick… Il est possible
de visualiser fichiers les JPEG, mais aussi les fichiers RAW, sous
forme de 20 vignettes (j’ai réalisé le test avec les JPEG et les RAW
issus d’un Canon EOS 50D de 15 Mpix). Il y a toutes les chances que les
RAW de votre appareil soient reconnu : Canon CR2 CRW, Nikon NEF, Sony
ARW, Minolta MRW, Olympus ORF, Pentax PEF, Fuji RAF, Panasonic RAW,
Sigma SD14/DP1 X3F, sans oublier les DNG de Pentax, Leica M8, Ricoch,
Samsung… Dire qu’il a fallu près d’un an à certains logiciels photos
bien connus, pour lire certains de ces formats !

On peut zoomer
dans les images, faire des rotations pour afficher les verticales en
plein écran et lire les données EXIF. L’histogramme est disponible en
Luminance et par couches RVB… Une fonction de rotation automatique en
basculant l’appareil façon iPhone est annoncé, mais elle n’a pas
fonctionné sur mes images.

Mis à part ce détail, je n’ai rencontré aucun problème avec ce
disque. Le déchargement des cartes s’est déroulé idéalement, il peut
atteindre 66 Mo/ sec avec les cartes les plus rapides. Le déchargement
inclut les sons et les vidéos sans offrir leur lecture (je ne l’ai pas
testé). La connexion en USB au Mac a été rapide et sans problème, le
disque est monté immédiatement sur le bureau. J’ai pu ensuite importer
les images RAW et JPEG sur le Mac en utilisant la fonction d’import de
Lightroom, comme je le fais systématiquement avec les cartes mémoires.
Le taux de transfert vers l’ordinateur en USB peut atteindre 32 Mo/sec.

Quid de l’autonomie ?

Je
n’ai pas été en mesure de tester l’autonomie de l’appareil en
reportage. Celle-ci est affichée par un logo doté de 4 barres, ce que
je ne trouve pas très précis, mais c’est souvent la loi du genre…
Macway annonce que 250 Go de données peuvent être téléchargées sur une
seule charge de batterie. Si elle est authentique, je trouve cette
performance excellente. Même la moitié de cela serait très bien… Pour
vous donner un ordre d’idée, les 11.000 fichiers RAW de mon dernier
reportage de 40 jours en Indonésie ne pesaient que 150 Go, ils auraient
donc tenu largement sur un Color Space de 320 Go.

Les aventuriers
au long cours seront heureux d’apprendre qu’un magasin pour 4 piles AA
existe en option. Dans le doute, je vous invite à préférer des piles
lithium de 3000 mah (compte tenu de mes expériences passées avec le
préhistorique PD70X). Il est possible de changer l’accu en démontant le
boîtier, il devrait donc être envisageable d’emporter un ou plusieurs
accus chargés, pour les expéditions au long cours en autonomie
complète. Une solution moins encombrante que n’importe quel système à
panneaux solaires.

Avantages et désavantages d’un ordinateur portable.

Que
choisir entre disque dur autonome et ordinateur ? La question se pose
toujours avec insistance au moment de préparer un voyage
photographique. Etudions les tenants et les aboutissants de chaque
solution en commençant par les avantages de la solution ordinateur
portable. L’énorme intérêt d’un ordinateur est son écran de 11 à 15
pouces et l’infinité des logiciels embarqués. Il est en effet bien rare
qu’un photographe n’utilise quelques outils bureautiques en voyage pour
saisir des notes, répondre à ses mails, chercher des cartes ou des
infos sur Internet. J’apprécie particulièrement de commencer à éditer
mon reportage sur Lightroom (ou n’importe quel autre catalogueur) en
cours de voyage. Réaliser un premier éditing « à chaud » sur le terrain
est souvent plus efficace, que de le faire une fois revenu au bureau et
replongé dans l’urgence quotidienne…

Le poids et l’encombrement
important des ordinateurs et de leur bloc d’alimentation est la
contrepartie. Mais cet handicape est à relativiser avec les années qui
passent : la finesse et la légèreté du Macbook Air est par exemple
frappante. La question de leur fiabilité est ensuite discutable :
impossible de dire si un disque dur autonome est plus fiable qu’un PC
ou qu’un Mac… Dans le doute je pencherais plutôt en faveur d’une
meilleure fiabilité d’un Mac par rapport à un disque autonome, (pour
l’unique raison que j’ai beaucoup plus de recule sur la question)… A
noter que j’emmène systématiquement un chargeur de secours avec mes
Macbook, car les seules pannes que j’ai eu à déplorer régulièrement sur
mes portables Apple étaient la défaillances de leur chargeur.

Avantages et désavantages d’un disque dur autonome.

Leur
poids et leur encombrement réduit font tout l’intérêt des disques durs
autonomes. Un disque dur autonome peut constituer un second dispositif
de déchargement alternatif auto alimenté : déterminant si vous voyagez
avec un portable et que celui-ci tombe en panne (lire plus bas
Stratégies d’utilisation). Leur autonomie peut-être éventuellement
intéressante, mais je ne détaillerais pas cette question plus avant,
n’ayant pu pousser le Color Space dans ses derniers retranchements. La
possibilité d’utiliser des piles AA, ou de disposer d’accus
interchangeables est aussi à considérer (le disque dur autonome Canon
M80 utilise les accus BP 511 de certains reflex EOS). Mais il est
également possible d’emmener des accus d’ordinateur bien remplis, il ne
se déchargent pas lorsqu’ils sont inutilisés.

Le prix au Giga
octet des disques autonome est moins intéressant, notamment si vous le
comparez avec une solution ordinateur connecté à des disques externes
USB ou FireWire. Il est vrai que la plupart de disques autonomes
coûtent cher (plusieurs centaines d’euro), alors que l’on trouve de
petits portables (PC uniquement) pour à peine plus. Leur ergonomie
basique et leurs fonctions limitées à leur plus simple expression ne
plaident pas en leur faveur, même si leurs systèmes d’exploitation sont
de plus en plus impressionnants, avec la possibilité de lire fichiers
RAW et données EXIF (comme le Color Space). Même en progrès, le
visionnage des images sur leurs petits écrans de 3 à 4 pouces n’a rien
de commun avec le confort d’un écran d’ordinateur qu’il est possible de
calibrer (plus ou moins).

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Stratégies d’utilisation d’un disque autonome.

L’arbitrage
entre ordinateur portable et disque dur autonome dépend de vos
exigences, professionnelles ou non. Si vous utilisez un ordinateur
portable (et des disques FW ou USB) comme outil principal d’éditing et
de stockage, il vous sera possible d’utiliser votre videur de carte
comme sauvegarde primaire (la première sauvegarde c’est à dire un
second exemplaire des images). Vous procéderez alors à un double
déchargement des cartes : une première fois sur le disque autonome
(éventuellement sur le terrain en cours de journée), une seconde fois
dans l’ordinateur le soir. Il sera aussi possible de décharger vos
cartes uniquement sur l’un des deux appareils et de recopier ensuite
les dossiers « à la main » sur le second appareil via l’USB. Dans ce
mode, le disque dur autonome pourra aussi accueillir une sauvegarde de
vos catalogues et documents divers.

Vous pourrez alors laisser
votre ordinateur au bivouac (ou à l’hôtel) l’esprit tranquille durant
la journée… Et vous conserverez votre disque dur autonome en sécurité
dans votre sac photo en permanence avec vous. Bien évidemment, les
adeptes de la solution ordinateur, peuvent également conserver un back
up de leurs images dans leur sac photo, ce que je fais à l’aide d’un
petit disque LaCie de 500 Go. Je le place dans un bullpack et dans un
sac de congélation avec mon billet d’avion, mon passeport et ma carte
bleue. En cas de naufrage je sauverais tout ça !

« Quand tu t’enfonces dans la jungle… avec des rebelles »

J’ai
posé la question au reporter de guerre Patrick Robert sur l’utilisation
qu’il à lui-même de ce genre de disque autonome. « Le mien est un
modèle plus ancien, avec un écran en noir et blanc qui est bien
suffisant. Quand tu t’enfonces dans la jungle avec des rebelles pour
deux ou trois jours et que tu ne sais pas trop quand tu vas rentrer, je
préfère emporter un disque autonome qu’un ordinateur. C’est bien plus
léger et je ne crains pas de le casser… Le seul problème que j’ai eu,
fut lorsque j’ai cassé la vitre du panneau de commande. Je l’avais
rangé en vrac dans mon sac à dos avec mes boîtiers. C’est portable,
mais il faut quand même faire attention. Je suis retourné chez Macway,
mais ce genre de bris n’est malheureusement pas couvert par la
garantie. J’en ai donc racheté un autre ».

Pour mettre tous les
atout de son côté, rien de tel qu’une solution double : ordinateur +
disque autonome. Ce dernier présente l’énorme avantage de servir de
solution de secours en cas de panne ou perte d’ordinateur. Un argument
décisif en sa faveur, car se retrouver sur le terrain sans moyen de
décharger ses cartes peut se terminer en galère s’il n’y a ni
cybercafé, ni vendeur d’ordinateur dans les parages (il n’est pas
facile d’en trouver des Mac au fin fond du Whereisistan)… Tout dépend
des enjeux évidemment, un professionnel ne peut prendre le risque de se
retrouver dans ce genre de situations. En l’absence de videur de carte
autonome, l’autre solution pour parer à une panne d’ordinateur est de
disposer d’un ordinateur de secours. Ainsi, lors de mon périple en
Indonésie l’été dernier, j’ai déposé mon Macbook Pro de 15 pouces dans
un hôtel de Kuta, ou il m’a attendu sagement durant 1 mois et demi.

Deux autres disques dur autonomes pour la photo

  • Epson Photoviewer P-6000
    – Descendant des P-3000 et P-5000, c’est lui qui indéniablement possède
    le meilleur écran de 4 pouces en 16 millions de couleurs. Doté d’un
    disque de 80 Go. Il accepte les carte CF et SD, ainsi que d’autres
    formats grâce à un adaptateur. Il lit les JPEG, de nombreux formats
    RAW, de nombreux formats vidéo (notamment MPEG-4, DivX, WMV) et audio
    (MP3, AAC, WMA), ce qui en fait un lecteur multimédia polyvalent. Il
    est compatible avec les imprimantes PictBridge et autorise même
    certaines retouches. Il dispose d’une batterie amovible (autonomie 3h30
    en vidéo et 6h en musique) et pèse 430 g. On le trouve à partir de 630
    €.
  • Canon M80 (relire ceci)
    – Il possède un écran de 3,7 pouces, mais d’un disque de 80 Go (à
    mettre en raport avec les 320 Go du Color Space). Caractéristique plus
    intéressante, il accepte les accus BP 511 des Canon EOS Experts de la
    série 40D, 50D, 5D (mais pas 5D mk2). Son design soigné reprend un peu
    celui des Canon EOS, il pèse 370 gr. Il accepte les cartes CF et SD,
    lit les JPEG et RAW Canon, dispose d’une protection par mot de passe et
    peut imprimer directement sur une imprimante PictBridge. Son prix est
    par contre élevé, compte tenu qu’il ne sert pas de lecteur multimédia
    et ne lit que les RAW Canon : à partir de 633 €.
BILLET PREC.
BILLET SUIV.

4 commentaires

  1. Ca y est ! je me suis acheté la version 500 Go !
    Seul grosse déception par rapport a l’Epson P-3000, l’ecran qui n’a rien a voir !
    une grosse daube sur le hyperdrive, superbe sur l’Epson, mais bon, le prix et les capacités ne sont pas comparables..

  2. Mireille LUTZING on

    Vous avez bien de la chance d’avoir eu un « mode d’emploi en français ». En effet, je viens aujourd’hui de recevoir l’HYPERDRIVE COLORSPACE UDMA 500 Go. Mais, hélas, le seul mode d’emploi existant est en anglais (j’ai appelé MacWay et ils sont en train de le traduire paraît-il) ;-(((
    Moi, à part « my taylor is rich »…
    Alors, si vous aviez l’amabilité de me scanner votre exemplaire je vous en serais infiniment reconnaissante. Cordiales salutations. ML

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