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Kawa Ijen : derrière le décors, l’enfer…

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BILLET PREC.
BILLET SUIV.

Cela se passe sur le volcan Kawa Ijen dans l’île Indonésienne de Java. Chaque jour, ces hommes descendent par deux fois au fond du cratère pour 6 euros environ (70.000 Rupiah). Ils en remontent laborieusement chargés de paniers contenant 65 à 75 kg de souffre.

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J’ai essayé de porter un de ces paniers sur quelques mètres : la charge est littéralement écrasante et la barre de bambou fracasse les épaules et les cervicales. Ce travail est inhumain…

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Si la plupart marchent pied nus dans des bottes en caoutchouc (souvent déchirées), j’ai remarqué plusieurs porteurs de souffre marchant simplement en tongue.

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Tous les hommes semblaient âgés entre 25 à 50 ans, évidement pas de femmes, ni d’enfants. La vision de ces fourmis s’agitant en bas du cratère est hallucinante.

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Ajoutez, les accidents, la chaleur et
les vapeurs toxiques, il parait que certains travaillent ici depuis plus de 10 ans. Je me demande comment…

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Un linge mouillé sur le visage est indispensable lorsque le vent rabat ces nuages de souffre vers l’intérieur du cratère (je ne sais pas si ces images puent des pieds comme
disait Bige, mais en tous cas mes boîtiers sentent encore le souffre). Le matin vers 6h, ça allait encore on pouvait encore respirer plus ou moins. Mais après 11h, tout le cratère est couvert d’un nuage étouffantes…

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A mi pente du volcan, les paniers sont pesés et chacun recevra son
salaire en fonction de la charge. Franchement l’enfer n’est pas loin !

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Après la pesée, il reste encore quelques kilomètres à descendre sur un chemin glissant à travers la forêt pour livrer le souffre aux camions.

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BILLET PREC.
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9 commentaires

  1. Je crois qu’on voit cette endroit dans le film sur James Nachtwey (war photographer je crois)
    C’est toujours troublant de voire qu’un lieu de soufrance puisse donner de belle image…
    max

  2. Très belles images. Merci de nous faire voyager presque en live.
    Peux-tu nous préciser ce que devient ce souffre ? Pourquoi faire ?

  3. J’adore ce mélange de tons chaud/froid.
    T’as donné un coup de zoom pendant la pose sur l’avant-dernière ?
    As-tu réussi à discuter un peu avec ces courageux travailleurs ? C’est toujours délicat de faire des images au grand angle avec du matériel à 3000 balles quand le type en face transpire sang et eau pour gratter des clopinettes.
    Le regard du porteur sur la 4 n’a pas l’air très amical…

  4. « courageux travailleurs » lis-je dans les commentaires. On a donc pas tous la même notion de « travail » ; ni de « courage » d’ailleurs.
    Selon moi, ceci est typiquement ce que notre monde est capable de créer. C’est pas spécialement la faute aux occidentaux ou aux pays riches. C’est bien la faute aux humains. Mais quand allons-nous donc grandir. Y’a clairement un cap à passer. Sinon, c’est fini dans pas longtemps.
    Quel petit rôle pourrait bien jouer le photographe dans cette Histoire ?

  5. Que ces types soient exploités, que le monde soit constitué de pauvres et de riches, que le photographe se pose constamment des questions existentielles sur la décence de déclencher devant certaines scènes : tout le monde l’a je pense compris.
    Il n’en reste pas moins que ces types sont « courageux », même s’ils n’ont pas vraiment le choix.
    Et ce qu’ils font au quotidien leur permet de nourrir leur famille ; c’est ce qu’on appelle un « travail » dans tous les dictionnaires de la planète…

  6. Hello,
    je suis aussi allé voir ce volcan-souffrière, il y a une paire d’années, en 2004 pour être exact, je suis descendu en bas sur le lieu d’extraction les vapeurs de souffre sont suffocantes, ca pique les yeux, j’ai pu faire quelques photos en bas … http://www.nosenzor.fr/Photos/ShowWall.php?cat=Indonesie⊂=Volcans et http://www.nosenzor.fr/Photos/ShowWall.php?cat=Indonesie⊂=Volcans&start=15
    (galeries horizontales + cliquez sur une image pour lancer un diaporama)
    Les gars meurent de fatigue, jeunes, ils n’atteignent pas la cinquantaine. La plupart viennent de loin car ce boulot tuant est un peu mieux payé qu’ailleurs. Ce qui est cruel pour nous « photographes » c’est que le souffre est principalement utilisé dans les optiques, et en argentique comme agent de fixage (thiosulfate de sodium)…

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