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Exclusif : preview du Leica M8 !

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BILLET PREC.
BILLET SUIV.

On avait promis d’attendre jusqu’au 15 septembre, mais d’autres ayant laché leurs infos avant : nous considérerons que l’embargo est caduque… Voici donc notre prise en main en quasi exclusivité !

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Le Leica M8 existe donc ! Il y a quelques heures, j’ai eu tout le loisir de le prendre en main durant 40 bonnes minutes, prendre des photos avec et explorer à fond tous ses menus (fort agréables au demeurant)… Impossible évidement de récupérer les photos réalisées avec cet exemplaire : le firmware n’étant pas définitif (c’était la même chose avec le petit Canon EOS 400D quelques jours plus tôt). Il faudra donc attendre quelques mois encore, avant de juger de la qualité des images de l’appareil allemand…

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Le M8 est doté d’un capteur Kodak de 10 MP développé spécifiquement pour exploiter la gamme optique Leica. Il « souffre » d’un coef. de correction de focale de x1,3… Ce qui n’est pas trop mal (ça aurait pu être pire). Peut-on pour autant rêver d’un Leica « Full Frame » un jour ? Il faudra certainement plusieurs années avant d’en arriver là…

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Peu probable par ailleurs que Leica développe une gamme optique spécial « petits capteur » comme l’a fait Canon avec les EF-S. Il faudra donc faire avec l’existant (qui n’est déjà pas si mal.)

Autant dire que toutes les caractéristiques annoncées sur le web depuis longtemps, étaient parfaitement vraies (il semblerait que Leica ait laissé volontairement sortir ces infos, afin de faire monter le Buzz)…

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Premier point très positif (visible sur nos photos) : la taille, le poids, la prise en main et le viseur du M8 sont assez proches d’un M6 ou d’un M7… Le M8 est donc un vrai Leica M ! Et devrait à ce titre recueillir de nombreux suffrages ! Le bruit du déclenchement est raisonnable, mais est évidement nettement moins discret que celui d’un M7…

Leica_m8_mg_1526_webCependant,
un détail risque de destabiliser quelque peu les « M-users » de longue
date : L’absence du levier d’armement rend la prise en main moins
certaine qu’avec un véritable M… Il faut pincer assez fort pour tenir
ce boîtier pas vraiment léger !

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Ce fut d’ailleurs la première réflexion que m’a faite Olivier Jobard (qui à usé ses M6 dans les régions les plus chaudes de la planète) : « j’ai un peu peur de le laisser glisser, mon pouce cherche le levier d’armement presque malgrès moi »…

Vu le prix attendu du boîtier (entre 4000 et 5000 euros à vérifier), c’est peut-être un peu dommage de
ne pas avoir prévu un petit bossage à l’endroit stratégique du pouce
pour assurer la prise en main. Il faudra étudier cela sur le long terme
et nous reparlerons certainement de cette question dans les
commentaires.

Leica_m8_mg_1550_webLes
réglages numériques de prise de vue, sont rapidement accessibles par
les boutons situés à gauche de l’écran : Sensibilité ISO, Correction
d’exposition, Balance des blancs, format d’image… Les menus sont très
clairs et lisibles, l’ergonomie est bonne.

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Cela reste à confirmer : il me semble que l’on doive passer
obligatoirement par une navigation écran pour accèder à ces derniers
réglages (un peu comme sur un Canon EOS 400D à 1000 euros)…

Si cela se confirme (la question est en suspend faute d’avoir eu
accès à une fiche technique), il est un peu décevant de ne pas avoir de
boutons dédiés permettant de garder l’oeil dans le viseur (similaires à
ce que proposent de « simples » Nikon D200 et Canon EOS 20D, 30D ou 5D).
Tant il est vrai qu’en numérique, les notions de sensibilité ISO et de
balance des blancs sont aussi importantes que le diaph ou la vitesse…

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La grosse nouveauté, à laquelle nous applaudissons des deux mains
(visible sur la vue ci-dessus) est l’adoption du format DNG pour les
RAW. Cela veut dire que l’on pourra profiter du Workflow idéal :

  • Importer les Raw directement dans Bridge ou iView
  • Les ouvrir d’un simple « clic-droit » dans Adobe Camera Raw
  • Faire ses réglages divers et racadrages
  • Faire son editing dans Bridge ou iView après mise à jour du catalogue

Leica_m8_mg_1553_webCôté navigation dans les réglages avancés de l’appareil et visionnage
des images : on dispose à l’arrière : d’un bouton Menu, d’un treffle de
navigation très pratique et d’une roulette discrète permettant de
zoomer et de se déplacer dans les menus…

Leica_m8_mg_1533_web_1Une pression sur le bouton Play permet de faire défiler les images. Via le bouton Info, on passe successivement d’un affichage normal, à
l’affichage du numéro de l’image, puis à l’affichage de
l’histograme… Leica n’a pas cherché à réinventer la roue tant mieux : c’est
simple et efficace. Les menus sont sobres, d’un élégant gris clair.

Leica_m8_mg_1555_webL’affichage de l’histogramme est assez sophistiqué, puisqu’il varie en
fonction du cadrage (comprenez du zoom de l’image affichée). Ainsi on
peut vérifier la surexposition éventuelle d’une zone précise (le soleil couchant ou un reflet sur un par-choc de voiture). C’est très intéressant et innovant (image de
gauche)…

Les menus de configuration s’affichent sur fond gris par opposition aux menus de réglages de prise de vue (sur fond noir). Ils offrent de nombreux réglages avancés : nettoyage du capteur, détection des objectifs (lire l’article de D Preview à propos du système de codage), etc…

Leica_m8_mg_1546_webCôté espace colorimétrique, vous aurez droit outre les traditionnels sRVB et Adobe RVB, au RVB cei, espace supposé plus large (ce point méritera des explications approfondies). Par ailleurs on nous assure que les RAW du capteur sont codés sur 16 bits ( ? ) par couche (au lieux de 12 généralement, lire à ce propos l’avis éclairé de René Bouillot en commentaires).

Beaucoup de points restent encore à vérifier (nous n’avons pas encore eu la documentation)… Nous suivrons donc de près tout ce qui touche au M8 au cours des prochains mois ! A suivre… On attend vos réactions en commentaires !

BILLET PREC.
BILLET SUIV.

87 commentaires

  1. J’ai pu jeter un oeil dedans moi aussi pendant VISA… C’est pas mal du tout le viseur (mais je n’avais pas de M7 sous la main pour comparer !

  2. Pour avoir utilisé des M pendant de longues années, les avoir rêvés tout d’abord puis achetés d’occasion et enfin neufs ensuite, je trouve, sans l’avoir eu en mains, que l’absence du levier d’armement va poser un réel problème aux anciens users. En effet, la prise en main en reportage se faisait très souvent en le tenant de la main droite,en bloquant avec le pouce l’armement tandis que les 4 doigts restants reposaient sur le côté droit du boitier sans pression excessive mais là avec ce M8, le boitier va tomber souvent!
    Un grip en option, un porte accus -poignée?
    Pour le prix, Leica conserve la tradition!
    Bravo pour les infos.

  3. Et tout ça, pour ça :( Et 5’000 zeuros en plus. Ils ont dû prendre la foudre chez Leica.
    Je ne vois pas comment on arrive à justifier un tel prix, même chez Leica (ah oui, on a l’histogramme variable, attention).
    Ca me rappelle la série Digilux en provenance de Panasonic, rebadgée Leica dont le prix quadruple avec les mêmes prestations. Cela fait cher le logo.
    Rassure-moi, il y a quelque chose de plus ? Car là, il doit y avoir quelque chose qui m’échappe.
    On dirait les annonces Apple d’aujourd’hui. Un soufflé qui s’essouffle.

  4. ça a l’aire d’être une belle bête tout de même ! Pas trop encombrant apparement…
    Mais un petit EOS 400D ne fait-il pas la même chose ?

  5. 5000€ woufff!! boitier nue re woufff!!!
    Un leica argentique étais composé d’une mécanique de très haut niveau digne d’un horloger suisse et l’on pouvais penser le garder toute une vie.
    Malheureusement je doute que l’electronique contenu dans un tel boitier (et dans les reflex numerique) tienne 20ans? 10ans? 5ans?

  6. Entre 4000 et 5000 euros c’est le prix d’un boitier reflex pro. Si ce M8 a effectivement les caractéristiques (robustesse, vitesse, ergonomie, qualité d’image…) d’un boitier pro alors il est bien placé point de vue prix. Il est moins cher que le R9+DMR, qui a priori intéressait moins de monde et se vend pourtant très bien.
    Il est également bien placé par rapport à l’Epson RD1S, son seul concurrent : un M7 vaut 5.5 fois plus cher qu’un R3A. Le M8 ‘seulement’ 2.5 fois plus cher que le RD1s. CQFD.
    Le nouveau 28 présente également un prix très intéressant pour du Leica.
    Ceux qui ne font pas la différence entre un Digilux (vendu 30% plus cher que le Pana, pas 4x plus cher, mais effectivement sans raison valable) avec son zoom de caméscope et son coeff de conversion de focale supérieur à 4, et un M digital permettant d’utiliser la gamme optique Leica, peuvent retourner jouer avec leurs joujous nippons en plastique. En les remerciant…

  7. J’étais certain que mes remarques allaient froisser.
    (Merci de signer les messages)
    C’est certes le prix d’un reflex pro, mais on est loin des possibilités de tels boîtiers. Je n’ai jamais vu des photographes au bord d’un stade avec des M ou des R, mais bon, peut-être ai-je fréquenté les mauvais lieux.
    Je me demande juste si Leica compte rester en vie longtemps. Parce qu’après avoir vendu sont M8 à quelques bobos et fidèles clients équipés en Summicron, est-ce que la firme compte avoir de nouveaux clients ?
    Il faut arrêter de sacraliser cet engin. Ce n’est qu’un appareil photo numérique parmi tant d’autres qui sera obsolète avant même sa sortie. C’est certain, on est loin de la durée de vie de l’argentique.
    Bon, je retourne jouer avec mon bout de plastique d’origine nippone. En fait, il prend aussi des photos… comme c’est étrange.

  8. Tony :
    « Je n’ai jamais vu des photographes au bord d’un stade avec des M ou des R, mais bon, peut-être ai-je fréquenté les mauvais lieux  » …
    Crois tu que les photographes au bord des stades représente toute la profession ?
    Sans commentaires … ;-(

  9. Merci ! C’est un bon article, bien présenté et bien imagé. Je suis assez curieux de voir les test de la bête, j’avoue qu’il m’intéresse (je suis principalement équipé de Canon lourd et encombrants), pour avoir un appareil pro peu encombrant lors des interviews ou autre reportage où gros canon n’est pas recommandé.
    C’est vrai qu’ils auraient pu faire un effort sur le prix. Il me paraît un peu haut, surtout que comme certains le disent, un numérique n’a pas la pérennité de l’argentique. Ils ont tout au plus une durée de vie de 5 ans en usage pro (et encore).
    J’attends aussi de voir ce que vaudra le capteur Kodak, et surtout le logiciel embarqué. D’après ce que je connais de Kodak, la montée du bruit numérique vers 640 iso n’est pas des plus discrète, et devient limite à 1250 iso. Pour ça Canon fait bien mieux, mais il est quasi le seul.
    J’ai eu un M6 à l’époque, maintenant j’utilise des objectifs R sur mes boîtiers Canon, je reste donc avec un pied dans le système Leica ;)

  10. Bien sûr que non Franklin. Seulement, il ne faut pas simplement comparer un boîtier reflex de chez Nikon ou Canon, avec ce M8, juste parce qu’ils sont au même tarif. Pour cela que j’ai à mon tour pris ce raccourci simpliste. Chacun ayant ses arguments propres, nous sommes d’accord.
    Tout ce que je dis étant que Leica est à côté de ses pompes de 2’000€ sur le prix annoncé, car d’après la description de J-F, cela ne les vaut simplement pas. Il faut oublier l’époque glorieuse du film pour cette marque et dépasser le mythe dont je n’ai sincèrement rien à faire.
    Maintenant, il semble que tu sois un défenseur de cette marque et prêt à payer ce prix. Auquel cas, et si vous êtes nombreux, je me trompe et Leica a raison d’avoir cette politique tarifaire.
    Mais une chose est certaine, l’outil n’a jamais fait l’artisan.

  11. Leica était une marque novatrice dans les années 50. Le seul demaine où elle est encore au niveau est celui des jumelles et longues vues. Pour la photo, Leica a perduré grace au M qui était encore porteur de la légende maison, mais en version numérique, le rêve n’est plus là et ce M8 n’est qu’un gadget qui fera des photos moins bonnes que n’importe quel reflex à 1000 euros. Leica sait encore faire des optiques, mais les mettre devant un capteur médiocre (Kodak ne fait que de mauvais capteurs)annonce la fin du mythe. J’aurai encore préféré un M8 argentique !

  12. Deux remarques:
    A ma connaissance personne n’a encore posté de photos prises avec le M8.
    Le M8 est un des boîtiers du marché pour lequel la différence de prix avec le boîtier argentique qui lui sert de base est la plus faible.
    Et ce, dés sa sortie.
    M7 = 3350
    M8 = 4250

  13. « Leica sait encore faire des optiques, mais les mettre devant un capteur médiocre (Kodak ne fait que de mauvais capteurs)annonce la fin du mythe. »
    «  » » » » » » » » » » »
    Comique !

  14. Tony: non, il me semble qu’il sera en boutique dés novembre. En revanche c’est vrai que Leica était sympa de nous laisser faire joujou mais à aucun moment ils ne nous ont laissé mettre une SD à nous. C’est d’ailleurs la seule fois que je les ai vus tendus :(

  15. Si la qualité d’image est au rendez-vous, ça fait rêver : un beau boîter pro mais compact… mon D200 me fait hurler. Trop gros. Alors que là… Super pour les reportages où ne vetu pas effrayer le « sujet » :D

  16. Le boitier n’est pas encore sorti mais déjà il est critiqué !
    La comparaison Canon/nikon contre Leica n’a pas de sens. Elle n’en a jamais eu d’ailleurs… Ce n’est pas avec le M8 que cela va changer !
    Et quelle belle constatation de dire que personne ne voit de Leica au bord des stades ! :) Les Leica ne sont pas fait pour les stades, mais dieu merci, ce n’est pas les seules endrois ou l’on peut faire des photos. Nous voila tous rassurés :)
    Le prix est cher mais il faut le comparer avec un boitier pro.
    Le 400D a 1000E ou un 1DmkII qui lui aussi coute 4x plus ? C’est une question d’utilisation avec des besoins différents. Il y a tjrs eu des boitiers amateurs, et des boitiers pro qui coutent bcp plus cher. Et pourtant ils font tous des photos. Dingue non ?! :)
    La question sera la qualité d’image obtenue et le résultat des optiques Leica sur ce capteur !
    Attendons, et nous verrons !

  17. Connaissant Leica, le boîtier devrait permettre le suivi des mises-à-niveau côté électronique et capteur, via un retour au SAV. C’était le cas avec les versions mécaniques avant l’arrivée du M…

  18. On se croirait à la grande époque de la guerre PC-Mac, les gars.
    D’un côté, les bourrins de la vitesse d’horloge, (pardon, de l’image/seconde), de l’autre les acharnés du style, de l’ergonomie et du silence.
    Il y a du vrai des deux côtés. Le style Leica, c’est le silence, la discrétion et les basses sensibilités. Pas les bords de stade et les paparazzades, mais la photo de nuit, les concerts, les scènes d’intérieur. Alors 10 ou 14 MPix, je crois que le problème n’est pas là, mais si ça bruite trop, le M8 restera en vitrine, surtout qu’à ce tarif, on attendait tout de même un capteur 24×36, non?

  19. André: Perdu ! D’après Leica il est hors propos de changer le capteur sans changer l’électronique dans le but de faire évolluer le boîtier. C’est tout simplement pas prévu, voir inenvisageable …
    En plus c’est ce tirer une balle dans le pied droit du marketting…

  20. Franklin « Crois tu que les photographes au bord des stades représente toute la profession ?
    Sans commentaires … ;-(  »
    Certes non, mais je rejoins l’avis de Tony dans le constat qu’en un peu plus de vingt ans de carrière (qui ne sont pas du stade) mes confrères en Leïca sont toujours aussi rares et ce quel que soit le domaine d’activité.
    De plus, aujourd’hui les agences qui utilisent nos images sont également regardantes sur la taille du fichier. Je fournis des images de 150 MO minimum et en toute sincérité cela m’a permis de faire souvent la différence avec certains de mes concurents qui persistent à fournir du petit format. C’est pourquoi je pense qu’aujourd’hui investir une telle somme dans un capteur de 10MP en comparaison par exemple au D200 au prix d’un D2X ça me parait moi aussi démesuré et ce n’est pas la qualité des optiques qui justifiera cet écart. Et au rythme où va Leïca ils ne changeront certainement pas de capteurs avant plusieurs années.
    J’aime bien Leïca mais malheureusement je crois qu’on arrive doucement à la fin d’un mythe

  21. Il existe des tas de photographes et des besoins fort différents ! En fait il devrait y a voir un type d’appareil par type de photographes… La question n’est pas d’être pour ou contre Leica. Il est tout de même mieux d’avoir le choix : 6 ou 7 fabricants différents plutôt que 2 comme pour les systèmes (Microsoft contre Apple… sans oublier Linux un peu marginal) ! En ce sens l’arrivé de ce M8 est très interessante !
    Il est temps d’élever un peu le débat les gars… D’autant que beaucoup de gens vous lisent… Nous ne somme plus vraiment « entre nous » :
    Entre 0h et 17h, nous avons fait plus de 13.000 pages vues et vous avez été plus de 10.000 visiteurs uniques ( oui vous avez bien lu : plus de 10.000 personnes différentes ! )..
    Je vous redonnerais le score updaté à Minuit !

  22. Leica, c’est un peu comme Apple: ils font des trucs chers mais ca se vend bien quand même. Par contre, ils innovent pas aussi vite qu’Apple, c’est clair.

  23. « Je fournis des images de 150 MO minimum »
    Etonnant, alors que même une double page en magazine se satisfait d’un simple fichier de 3 mo. Du 10 mpixels est largent suffisant pour la presse (leica est d’ailleurs un appareil de reportage). Maintenant pour ce qui est de poster, voir de panneau publicitaires, le 150 mo est effectivement de mise, mais aucun appareil 24×36 ne produit ça, il faut soit avoir du moyen format ou scanner ses négatifs.

  24. René Bouillot, éminant technicien, dont nous avions présenté le livre (ou vous trouverez quelques unes de mes images) ici :

    La pratique du reflex numérique

    nous adresse gentiment un très, très intéressant commentaire par rapport aux 16 bits supposés du Leica M8… Il faut dire que 16 bits, ça me paraissait un peu surprenant ! C’est pour ça que j’avais ajouté un point d’intérogation… Mais je laisse la parole au professeur Bouillot :
     » Cher Jean-François. Bravo pour ton étude en 40 minutes du M8 Leica. Bien, le coup du levier d’armement qui « manque » sous ton doigt (mon Leica date de 1930 et c’était un bouton rotatif d’armement).
    A propos du capteur, c’est bien le même que celui du dos Leica Digital Modul R pour R9/R8 donc j’en parle, lequel était déjà annoncé pour 16 bits, ce qui est évidemment faux.
    Tu l’as remarqué clairement dans ton papier électronique, mais j’ai dit pourquoi page 174 de Reflex numérique dans l’encadré (lire après les — )
    Je ne vois pas comment mes calculs pourraient être erronés… car les spécifs du capteur Kodak – contractuelles, destinées aux fabricants – sont forcément exactes.
    Il n’empêche que c’est sûrement mieux de coder 16-bit une image qui n’en fait que 12 réel: exactement comme lorsqu’on passe provisoirement en TIFF 16-bit (en réalité « 14+2″) sur Photoshop pour sortir des détails dans les ombres sans perdre trop de plumes. Cela reste meilleur qu’en 8-bit partout, même après être revenu en JPEG (donc forcément 8-bit) pour le tirage.
    Salut.
    René
    ——————————————–
    Calculer le nombre de bits d’un capteur :
    Pour effectuer ce calcul, la condition indispensable est de disposer des spécifications techniques du capteur considéré, lorsqu’elles sont publiées par son fabricant. Ces valeurs sont incontournables, car contractuelles avec les marques qui utilisent le capteur sur leurs modèles. Les deux valeurs à relever sont d’une part le nombre total d’électrons utiles contenus dans le puits du pixel, ou signal de saturation (SSAT), et d’autre part le nombre moyen d’électrons de bruit (BEQM).
    Les formules à utiliser sont celles de l’amplitude dynamique linéaire
    DRLIN = SSAT / BEQM
    et du nombre de bits
    n-bit = log2 DRLIN.
    Prenons en exemple le capteur Kodak CCD-FFT 4/3, 5 MP (KAF-5101CE) de l’Olympus E-1. Selon les spécifications :
    SSAT = 40 000 e- et BEQM = 21 e-
    Calculons l’amplitude dynamique linéaire : DRLIN = 40 000 / 21 = 1 904, puis le nombre de bits : n-bit = log2 1 904 = 10,9-bit
    Calculons maintenant ces données pour le capteur Kodak CCD-FFT, 26,4 x 17,6 mm, 10 MP, (KAF-10010CE) du Digital Module R Leica.
    Les spécifications indiquent SSAT = 40 000 e- et BEQM = 17 e-
    On a donc DRLIN = 40 000 / 17 = 2 353 et n-bit = log2 2 353 = 11,2-bit.
    Notez que le format 4/3 ne permet pas d’atteindre les 12-bit des capteurs plus grands : ses pixels trop petits ne contiennent pas assez d’électrons utiles. Au mieux, de l’ordre de 10,5-bit soit 210,5 = 1 450 valeurs par canal RVB. Sans rien enlever à leurs autres mérites, cela explique la gamme des sensibilités moins étendue de ces appareils.
    Remarquez également que les valeurs annoncées par les fabricants (lorsqu’ils le font, ce qui est loin d’être le cas général) demandent souvent à être interprétées. C’est ainsi que sur les spécifications du Digital Module R de Leica, on peut lire : profondeur couleur 16-bit. Or, les spécifications du capteur Kodak (10 MP) utilisé prouvent clairement que la DR de ce capteur est de 11,2-bit (ou 67,4 dB).
    En revanche, le CAN du module fonctionne en « vrai » 16-bit, ce qui peut se vérifier grâce au poids annoncé par Leica des fichiers RAW (21 Mo) après conversion en TIFF.
    TIFF 8 bit : (1 octet/pixel, par couche) = 10 MP × 3 = 30 Mo
    TIFF 16 bit : (2 octets/pixel, par couche) = 10 MP × 6 = 60 Mo
    ——————————————–
    MAJ : Nota, on peut faire le calcul à l’envers:
    Pour avoir 16 bit au CAN de l’appareil, il faut que le capteur ait une amplitude dynamique linéaire de :
    DR Lin = 2^16 = 65 536 (that is to say, 65536 fois plus d’électrons (ou de photons) « utiles » que d’électrons parasites de bruit).
    soit en Rapport Signal/Bruit (RSB) :
    RSB = 20.log [décimal] de 65 536 = 96,3 dB.
    Pour l’instant, on en est loin: peut-être 14-bit « retravaillés » avec un « trou » entre 12 et 14-bit, pour le Fuji S3 Pro.
    Mais il y a des prototypes HDR qui « montent » paraît-il à 120 dB (120/6 = 20-bit)
    En effet – calcul rapide mais assez exact – : on double le DR tous les 6 bits.
    Bonne journée
    René

  25. merci pour cet article. Ici en allemagne on n’est pas capable de lancer une site pareille… on a trop peur des coséquences de la part de Leica. C’est dommage!

  26. Marc D:
    Ben dis donc mon gars avant de dire n’importe quoi il faut te renseigner un minimum…
    « Etonnant, alors que même une double page en magazine se satisfait d’un simple fichier de 3 mo »
    – Pour info avec un fichier de 3MO tu vas avoir un format d’exploitation de 9 cm X 15 cm et encore en 220 DPI. Ce qui est déjà critique car tout le monde (enfin presque) sait qu’il est recommandé d’utiliser le 300DPI. Ce qui donne un format d’exploitation de 7cm X 11CM. Il va falloir que tu m’expliques comment faire une double page A4 avec ton 3MO parce que les agences avec lesquelles je bosse, mon photograveur, pas mal de confrères et moi-même ont est super intéressé par ta recette miracle !
    « Du 10 mpixels est largent suffisant pour la presse (leica est d’ailleurs un appareil de reportage). »
    – Oui et non. Si tu compte utiliser juste du A4, voire un peu plus, ça suffit mais essaye de faire des tirages grand format pour une expo. Tu ne dépassera guère le 30X40. Ce qui est un peu limite quand même.Toujours le même calcul, ta tireuse aura besoin d’au minimum 220 DPI. Je ne pense pas que ceux qui achètent un boitier à ce prix soient une majorité à l’acheter en se disant que le format d’exploitation n’est pas une priorité. Surtout que l’achat d’un Leïca est en partie motivée par le piqué. Si c’est pour pousser les possibilités de ton capteur au dela de ce qu’il est capable de donner, ça ne sert plus a rien d’investir dans un tel appareil. Quand nous aurons des capteurs qui permettrons de faire du très grand format sans soucis, tout ira bien mais pour le moment nous n’en sommes pas encore là. Et quelques MP en plus sur un boitier qui vient de sortir, à l’heure actuelle c’est précieux.
    « … le 150 mo est effectivement de mise, mais aucun appareil 24×36 ne produit ça, il faut soit avoir du moyen format ou scanner ses négatifs. »
    – Et encore archi faux. Le Nikon D2X permet de livrer des fichiers de 150 MO et encore je te parle au format RVB parce qu’en CMJN ça donne 186 MO.
    Bon désolé mais avant d’argumenter il faudra potasser un peu plus la prochaine fois.

  27. Désolé si j’ai dérangé mais je ne voulais en aucun cas sortir de la courtoisie. Je me contentais juste de répondre aux informations (erronées) suite à mon post précédent qui lui était dans le sujet.

  28. si le D2x est capable de fournir des fichiers si lourds, il n’y a pas de raison que ce M8 ne puisse s’en approcher. entre 10 et 12MPix, la différence n’est pas énorme.
    et vu les résultats du DMR, qui peut fournir des images hyper-piquées sans aucune accentuation (et qui se prêtent donc à une grosse interpolation), ce M8 devrait être très bon, si les optiques M ne montrent pas trop d’incompatibilités.
    il est évident que ce n’est pas au bord des stades que sera la place du M8. Mais oseriez-vous sortir un énorme Canikon D2s Mk IV avec son zoom 2.8 (qui ressemble à un Bazooka) à un Check Point d’une région « sensible » du globe, face à des miliciens en Kalashnikov? Non! Mais un petit et discret M8, peut-être que oui…

  29. salut
    Partisan du très léger et travaillant en M6 en argentique, j’utilise un RD1(s) depuis deux ans pour répondre à mes commandes presse et même faire quelques projets d’expo. Rien à redire sinon la trop piètre qualité dans les ombres et le grain qui monte vite avec les iso. A l’époque tout le monde se foutait de la gueule de Epson qui avait laissé le levier d’armement! Je me marre aujourd’hui à lire les commentaires. Ils étaient finalement pas si cons chez Epson! Quant à la qualité du fichier, un bon travail dans photoshop et j’obtiens un résultat qui me satisfait ainsi que mes commanditaires. Je prend cela comme l’interprétation d’un tireur du négatif que lui confie un photographe. Grain, pas grain, contraste ou pas, tout cela n’est que matière à mettre en forme pour obtenir l’image qui nous correspond. Je préfère un bon document photographique granuleux qu’une image sans âme au piqué epoustouflant. Pour un photojournaliste, ce genre de boitier est un pur bonheur. Quand je suis sur le bord d’un stade pour couvrir un match de ligue 1, et bien j’emprunte le canon d’un copain de mon collectif, mais j’ai toujours mon « petit jouet » dans la poche au cas où…
    Alors ce M8 je l’attends avec impatience, car c’est tout de même un fait qu’une double page magazine « propre » nécessite un peu plus de données que celles fournies par mon boitier actuel.

  30. Christophe je te renvois à cet article http://www.macandphoto.com/2006/04/du_4_par_3_avec.html
    Pour Nikon je ne sais pas, mais un eos 5D par exemple produit au plus en raw un fichier d’une vingtaine de mo, convertis en TIFF au mieux 60 mo. Et pourtant c’est du 12 mo pix.
    J’ai déjà remis des images de moins de 3 mo pour des catalogues d’expos, voir des tirages et ça passe. Quand on peut faire du 4 par 3 mètres en numérique à partir d’un « simple fichier de 8 MP » ! On peut faire une double page de magazine non ?

  31. A quoi bon mettre 5 000 euros (si c’est le prix annoncé) dans un tel boitier ? On paie la marque et l’optique, car le capteur est le même chez d’autres fabricants. Quelle folie !

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